SLUMBER PARTY MASSACRE, le remake qui supplante l’original – Analyse


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Près de quarante ans après le film original, SLUMBER PARTY MASSACRE parvient à retrouver l’essence du premier scénario écrit en 1982, dont les ambitions féministes avaient été fortement atténuées. Le remake inverse effectivement les codes du slasher avec malice et transfère les habituels clichés de sexualisation des corps à ses personnages masculins.

Un scénario en quête de féminisme

La “Massacre franchise” s’est ouverte en 1982 avec The Slumber Party Massacre de Amy Holden Jones. Initialement écrit comme une parodie féministe de slasher traditionnel, le film est finalement devenu une itération racoleuse du genre, conformément aux attentes du producteur Roger Corman. En 1987, sa suite hallucinée réalisée par Deborah Brock renoue avec les ambitions comiques initiales. Armé de sa guitare-perceuse, le tueur survole le long-métrage d’un bout à l’autre. En revanche, le troisième opus dirigé par Sally Mattison et sorti en 1990, déçoit par sa stupidité et son imagerie cheap, défauts que les deux précédents volets avaient pourtant su exploiter à bon escient. 

Alors que l’on aurait pu penser la franchise morte et enterrée, voire même oubliée, Shout! Factory, distributeur spécialisé dans le direct-to-video, annonce en 2021 le tournage d’un remake du premier volet. La société s’était précédemment portée acquéreur des droits d’une centaine de productions de Roger Corman, dont The Slumber Party Massacre. Danishka Esterhazy, auteure du remake horrifique de l’émission pour enfants The Banana Splits Movie, est alors chargée de l’écriture de scénario. L’intention dictée est de préserver l’esprit parodique du premier script original, rédigé par Rita Mae Brown, militante féministe et queer. Une idée dans l’air du temps, qui trouve une certaine résonance dans l’ère post #MeToo.

Inverser les codes du slasher

Après une avant-première au Fantastic Fest d’Austin, SLUMBER PARTY MASSACRE commence sa diffusion sur Sci-Fi en octobre 2021. Et dès son introduction, il annonce un passage de relais entre les générations. En effet, l’une des protagonistes principale s’avère être la fille de l’unique survivante d’un massacre survenu en 1993. Et alors que le film de 1982 laissait ses personnages féminins passifs et captifs du tueur à la perceuse, cette fois, ce sont les cinq adolescentes qui vont au devant de l’antagoniste. Elles fomentent effectivement de se rendre sur les lieux du drame de 1993 et, tandis que le spectateur les imagine agir par curiosité morbide, un premier renversement des codes du slasher s’opère.

On découvre alors que les jeunes filles, armées jusqu’aux dents, ont pour ambition de tuer le boogeyman qu’elles pensent toujours en vie – comme tel est souvent le cas à la fin des slashers traditionnels. Or, toujours dans cette volonté de bouleverser les codes, la menace se révèle assez vite éliminée. Et SLUMBER PARTY MASSACRE choisit de se transformer en une sorte de Vendredi 13 inversé, où la mère de Jason Voorhees prendrait la suite du projet macabre de son fils – là où les suites font plutôt du fils l’antagoniste principal du récit. Par ce procédé, le film recentre ses intentions autour de problématiques féminines et laisse les personnages masculins à l’écart, bien accessoires. Une volonté déjà retranscrite dans l’original de 1982, mais passée quelque peu à las après réécriture.

Scream kings

Là où le Slumber Party Massacre des années 80 avait effectivement l’audace de reléguer les rôles masculins à de la figuration, le remake va encore plus loin en déplaçant le regard sexualisé sur le corps des jeunes femmes vers les muscles saillants des garçons du cabanon voisin. Dans une perspective comique, ces personnages masculins s’avèrent, de plus, décrits comme fragiles et sans assurance – des caractéristiques habituellement allouées aux héroïnes féminines. Outre la volonté parodique derrière cette inversion des tropes, SLUMBER PARTY MASSACRE parvient à un juste dosage. Puisqu’on s’aperçoit que ces traits de personnalité peuvent autant seoir à un personnage féminin que masculin. 

Sur le plan formel, ce remake dévoile néanmoins des défauts inhérents à sa nature de direct-to-video. En effet, le rendu se révèle assez cheap, malgré des scènes gores réussies et une photo plutôt jolie. Le manque de budget s’observe avant tout dans le montage et le déroulement de l’intrigue – quelque peu rushée, certainement pour des questions de temps et d’argent. Dommage, car certains aspects du film auraient gagné à être approfondis. Tous ces éléments donnent cependant à SLUMBER PARTY MASSACRE un charme de série B de vidéo-club. Soit la définition même des trois premiers volets de la Massacre Franchise. Preuve qu’il a parfaitement compris sa parenté, jusqu’à la supplanter dans son scénario.

Lilyy Nelson

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