DASH & LILY, saison 1 – Critique

Dernière mise à jour:

Pour ce 18ème jour de notre Calendrier de l’Avent, on vous fait découvrir non pas un film, mais une série de Noël pour faire perdurer l’ambiance festive de la fin d’année. 

Pour la première fois de sa vie, Lily (Midori Francis) se retrouve seule pour Noël et pour faire face à sa solitude, son frère la pousse à rencontrer des gens et à sortir de sa zone de confort. Pour se faire, elle place un carnet de gages sur une étagère dans sa librairie préférée… et Dash le trouve. Lui (Austin Abrams) est une sorte de Timothée Chalamet cynique au possible, qui rêve d’un New York allénien où les périodes de fête n’existeraient plus. Pourtant, le triste adolescent ne va pas hésiter à écrire dans le fameux carnet et à proposer des défis à Lily. Les deux inconnus se lancent alors dans une chasse aux trésors géante dans la grande ville. 

Certes, DASH & LILY ne réinvente pas le style romantique cher aux créations de fin d’année. On y retrouve la nostalgie, la féerie, les pyjamas bariolés, les chocolats chauds et les histoires d’amour qui font le succès des téléfilms de Noël. En plus de ces nombreux clichés, la série s’appuie également sur un stéréotype assez classique dans les comédies romantiques : celui de la « Manic Pixie Dream Girl », incarnée ici par Lily (Midori Francis). 

Créé pour définir le rôle de Kirsten Dunst dans Rencontres à Elizabethtown (Cameron Crowe, 2005), le terme de « Manic Pixie Dream Girl » renvoie au personnage féminin qui sauve le héros des tourments de son quotidien. Ce personnage, c’est celle qui forte de sa positivité et de sa joie de vivre, redonne des couleurs au quotidien du héros. En prenant compte cette définition, il est difficile de ne pas penser au bonheur que Lily tente de communiquer à Dash en lui faisant découvrir les joies des fêtes de fin d’année. Mais ainsi, en priorisant le chemin de Dash vers le bonheur festif de Noël, Lily passe au second plan. Aussi attachante et unique puisse-t-elle être, la « Manic Pixie Dream Girl » est toujours condamnée à passer au second plan. Comme le titre Slate dans son podcast Mansplaining, la « Manic Pixie Dream Girl » c’est la « femme extra pour homme ordinaire ».

Midori Francis c’est aussi Natalie Portman dans Garden State (Zach Braff, 2004), Charlize Theron dans Sweet November (Pat O’Connor, 2001) ou encore Zooey Deschanel dans (500) Jours ensemble (Marc Webb, 2009). Elles sont toutes extraverties et n’hésitent pas à faire le premier pas vers le héros masculin en exprimant leur goût particulier qu’il s’agisse de musique pour Zooey Deschanel ou de livres pour Midori Francis. Elles ont un style unique qui les distingue des filles ordinaires et banales qui n’oseraient jamais porter de déguisements de sapin de Noël à une fête de fin d’année. Même si elle ne fréquente pas de jeunes de son âge et n’ose pas souvent sortir sa zone de confort, Lily incarne tout de même la classique « Manic Pixie Dream Girl »… ou est-elle juste une jeune femme excentrique victime d’une forme de misogynie latente qui tend à rejeter des personnages féminins pour des raisons superficielles telles que avoir les cheveux colorés ou être drôle ? 

Aussi discutable puisse-t-elle être, DASH & LILY n’en reste pas moins une série agréable et festive qui permet de faire perdurer la magie des fêtes de fin d’année avec ses huit épisodes de 30 minutes. Évoluant entre un cours de cuisine japonaise et un concert punk juif, la relation épistolaire des deux adolescents offre une parenthèse aussi réjouissante que rafraîchissante face aux classiques longs-métrages de Noël.

Sarah Cerange

Votre avis ?

Note lecteurs0 Note
Titre original : Dash & Lily • Réalisation : Joe Tracz • Acteurs : Austin Abrams, Midori Francis, Dante Brown, Troy Iwata •Date de sortie : 10 novembre 2020• Durée : 8x23-27 min
3.5
Festive

Zeen is a next generation WordPress theme. It’s powerful, beautifully designed and comes with everything you need to engage your visitors and increase conversions.

Plus d'articles
PENTAGON PAPERS, récit d’une émancipation – Analyse