Top 6 des pires films sortis à Noël

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Le mois de décembre, c’est cette parenthèse dorée pour l’industrie du cinéma, où fleurissent les derniers blockbusters annuels : du Seigneur des anneaux à Harry Potter en passant par Star Wars, cet instant unique engendre des succès de renom, des séances conviviales qui restent souvent en mémoire. Toutefois, derrière le scintillant sapin se cachent parfois quelques rebuts, au succès programmé mais dont la digestion s’est avérée difficile, voire tombée aux oubliettes. Tour de piste de ces navets de Noël.

Solomon Kane de M.J Bassett (2009)

Un choix de sortie judicieux : dans l’ombre d’Avatar, Solomon Kane avait tout pour être la bonne surprise de ce Noël 2009, dans l’ombre de James Cameron. On plaint aujourd’hui ceux qui n’ont pu avoir leur place pour embarquer sur Pandora et qui ont dû se tourner vers ce récit pseudo-baroque, parodie involontaire du déjà raté Van Helsing (2004). Rien ne va, du scénario insipide à l’expression de démons tout droit sortis de Charmed. La malédiction dont souffre Kane semble avoir poursuivi la carrière de son acteur, pourtant bien lancée avec Rome. On ne le reverra plus dans aucune production d’envergure, et il finira même par jouer un pilote de Formule 1 dans un clip de David Guetta. Même son de cloche pour son réalisateur, qui portera tout de même un abominable coup de grâce à la saga Silent Hill en 2012, avant de disparaître définitivement, dans l’intérêt de tous.

À fond de Nicolas Benamou (2016)

Tout porte à croire qu’en 2016, après la réussite du diptyque Baby-sitting, Nicolas Benamou s’apprête à faire un retour probant derrière la caméra, pour une comédie saisonnière un minimum distrayante. Il n’en est rien et la récréation entre deux repas de famille tourne vite au cauchemar. Pourtant, ce détournement de Speed aurait pu surprendre, à la manière d’un Papa ou Maman… Le scénario se contente d’aligner des sketchs de piètre qualité, et les acteurs semblent chercher à savoir qui peut pousser le cri le plus nasillard. Comme André Dussollier, égaré dans cette galère, on aurait aimé freiner avant pour éviter les malaises contagieux et indigestes que suscitent les péripéties de ce cadeau empoisonné. Aspirine post-projection nécessaire.

Exodus Gods and Kings, de Ridley Scott (2014)

Il faudrait disserter des heures pour cerner quelles directions artistiques concrètes suit Ridley Scott depuis Blade Runner (1982). Parmi ses multiples égarements, cette production incompréhensible où il s’amuse à réécrire la Bible. Les personnages ne sont dotés d’aucune profondeur et on reste stoïque quand Moïse se fait le Robin des bois du peuple égyptien. Ce type de récit devrait être orné de subtils contours épiques, il n’en est rien et c’est bien dommage. Le casting cinq étoiles se contente de rejouer des personnages déjà vus dans ce type de productions et c’est avec joie qu’on vient à bout de cette épopée dénuée d’un quelconque intérêt. Pour une éventuelle intensité émotionnelle, on vous invite à revoir Le Prince d’Egypte (1998).

The Tourist de Florian Henckel von Donnersmarck (2010)

Incompréhensible : qu’est-ce qui a pu pousser le réalisateur du sublime La Vie des autres vers ce remake d’Anthony Zimmer, comédie française non mémorable ? Rien ne va dans cette production lisse et prévisible, qui serait sortie directement sur une plateforme de streaming aujourd’hui. Le charisme des acteurs ne suffit pas à compenser le manque de rythme. The Tourist restera comme l’allégorie de la mièvrerie des productions grands public de ce mois de décembre 2010. Ce long spot publicitaire pour l’Europe est à l’image de l’essoufflement des blockbusters considérés comme des classiques, entre 2010 et 2015. Les metteurs en scène ne peuvent plus se reposer sur des récits alambiqués où des stars sur le déclin cabotinent. Si Salt fera figure de jubilé pour Angélina Jolie, The Tourist est bel et bien la première marche qui entraînera Johnny Depp vers les abîmes d’Hollywood. L’anti-film de Noël.

Alvin et les Chipmunks de Tim Hill (2007)

L’archétype du manque d’inspiration des studios, à l’heure d’offrir à un public plus jeune des dessins animés de qualité. Au lieu de lorgner vers Pixar, la Fox se contente d’aligner une famille de bestioles mignonnes à souhait, qui chantent, crient, courent, et sautillent jusqu’à l’épuisement du spectateur. Finalement, Jean-Michel Blanquer devrait imposer aux professeurs-stagiaires de visionner l’un de ces quatre opus, afin qu’ils aient un aperçu concret de ce qui les attend en classe de sixième. Pour expliquer le succès de ces produits formatés auxquels se sont confrontés de valeureux parents-accompagnateurs, il suffit d’observer les dates de sortie. Chacun des films a profité de la période bénie des fêtes pour asseoir un succès faramineux, qui a même entraîné la création d’un groupe de musique constitué uniquement de Chipmunks. Il serait sympathique de confronter ces adorables personnages aux Gremlins, précédemment évoqués dans ce calendrier..

Je suis une légende de Francis Lawrence (2006)

La recette parfaite du divertissement saisonnier, sur le papier. Succès programmé et certain, Je suis une légende est avant tout la trahison d’une œuvre de science-fiction majeure de Richard Matheson. Alors que le support original explore des pistes et s’achève sur un épilogue ouvertement pessimiste, le film joue la carte de l’héroïsme larmoyant bas de gamme, accumulant les clichés jusqu’à écœurer. Idéologiquement douteux, Je suis une légende profite avant tout de la vague Will Smith qui se propage au début des années 2000, ainsi que d’une date de sortie qui lui vaudra un franc succès dans l’hexagone. Pourtant, le film semble avoir aussi bien vieilli que ses mutants assaillant le dernier homme sur terre, et d’autres succès bien plus méritants ont redonné ses lettres de noblesse au cinéma dystopique… fort heureusement !

Emeric

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