En octobre dernier, Sabrina Spellman dépoussiérait déjà à grands coups de balais les théories féministes en luttant contre la misogynie. Six mois plus tard, la sorcière continue sa rébellion dans le monde satanique avec des références au féminisme post-moderniste.
Déjà de retour après seulement quelques mois d’absence, Sabrina Spellman envoûte à nouveau les spectateurs avec son discours féministe, la psychologie de ses proches mais aussi l’aspect horrifique définitivement assumé depuis sa signature dans le livre de la Bête. Une descente en enfers pour la nouvelle héroïne dur à cuire du petit écran qui évolue aux sons de Billie Eilish (All the good girls go to hell), Dua Lipa (Hotter than Hell) ou encore Skeeter Davis (The end of the world). Le tout pour un résultat plus qu’envoûtant…
L’interprète de Sabrina Spellman brille ainsi dans des intrigues beaucoup plus dark avec une touche d’humour insolant dont sa famille a le don. Beaucoup plus noirs, beaucoup plus sanglants mais surtout beaucoup plus horrifiques, ces nouveaux épisodes confirment le virage sombre entamé par Netflix lors de la première saison.
En effet, si l’ancienne gentille sorcière accepte désormais pleinement sa magie, ce n’est que pour mieux profiter des pouvoirs qu’elle n’hésite plus à utiliser. Il reste néanmoins un principe qui se tisse en filigrane derrière les discours et les actions de nombreux personnages : le féminisme. Déjà, dans la précédente saison, ce dernier était revendiqué du premier au dernier épisode. De la création du groupe WICCA à la lecture du roman Orlando, LES NOUVELLES AVENTURES DE SABRINA réhabilitaient déjà l’image de la sorcière à travers une lecture féministe de la société opposant hommes et femmes, misogynie et féminisme. Les différentes sorcières incarnaient à leur manière les « sorcières des temps modernes » décrites dans l’essai Sorcières de Mona Chollet.
De même, le personnage de Mary Wardwell/Lilith (Michelle Gomez) s’inscrit dans cette même lignée féministe. Dans la Genèse, Lilith est décrite un être démoniaque, la première femme d’Adam, avant Ève. Contrairement à cette dernière, elle n’a pas été conçue avec une côte de son compagnon mais avec de l’argile comme lui. Elle est son égale et non pas sa soumise : une réflexion que l’on retrouve dans un épisode de la série. Lilith incarne donc la femme indépendante qui se rebelle pour assouvir ses désirs et obtenir sa liberté. D’où son opinion sur le mariage qui est un « voyage sur un chemin de primevère qui conduit la femme à sa destruction. Ce n’est rien d’autre que l’anéantissement le plus absolu d’une femme et de sa personnalité. »
Cette réflexion, si elle peut paraître extrême, se retrouve dans de nombreux ouvrages à commencer par Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Dans ce dernier, le mariage est une institution corrompue, forme de prostitution légale, à travers laquelle la femme rêve de sa réussite sociale en épousant un potentiel en devenir plus qu’un homme. Le mariage est donc une geôle pour des femmes qui s’y retrouvent soumises à des contraintes au nom de leur réalisation personnelle.
Sarah Cerange
[button color= »white » size= »normal » alignment= »center »
rel= »nofollow » openin= »samewindow » url= »#comments »]Votre avis ?[/button]

• Développement : Roberto Aguirre-Sacasa
• Production : Craig Forrest
• Acteurs principaux : Kiernan Shipka, Ross Lynch, Lucy Davis, Miranda Otto
• Date de sortie : 26 octobre 2018
• Durée : 49-61min
Ne pas fermer les yeux – Tribune
La communauté ciné/séries francophone prend la parole sur ce que le Rassemblement National représente pour le cinéma français, le CNC et la liberté de création.
Lire la tribune et cosigner →


