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THOR : LOVE AND THUNDER, le pire des films Marvel ? – Critique

En 2017, Taika Waititi avait réussi à relancer la saga avec THOR : RAGNAROK en proposant un space opera riche d’effets spéciaux. Cinq ans plus tard, la recette ne semble malheureusement plus porter ses fruits et il en découle le film le plus assommant de l’univers Marvel.

À la fin d’Avengers : Endgame, Thor (Chris Hemsworth) rejoignait l’équipage des Gardiens de la Galaxie pour parcourir l’univers et sauver des peuples en détresse. Sauf que malgré un régime express, le dieu du tonnerre tient plus du « white savior » que du super héros. Aussi, lorsqu’il apprend qu’un nouveau méchant, Gorr (Christian Bale), surnommé le boucher des dieux, menace l’équilibre de l’univers, il n’hésite pas à retourner à la Nouvelle Asgard pour sauver son peuple. Malheureusement pour lui, cette dernière a trouvé une nouvelle protectrice : Jane Foster (Natalie Portman). Accompagné de son ancienne petite amie, de Korg (Taika Waititi) et du roi Valkyrie (Tessa Thompson), Thor va donc s’embarquer dans une aventure cosmique pour vaincre Gorr.

Dans THOR : LOVE AND THUNDER, ces quelques lignes sont racontées tel un conte par Korg. Grâce à des scènes cinématographiques riches d’une bande-son rock’n’roll, l’éternel acolyte nous décrit le parcours du dieu asgardien depuis sa dernière apparition. Sauf que ce chemin n’a visiblement pas été très long. Alors que le MCU travaille depuis plusieurs années pour enrichir les arcs narratifs de ses héros, en témoignent les séries consacrées à des personnages secondaires (Hawkeye, Wandavision, TFATWS…), Taika Waititi préfère vraisemblablement ramener Thor à la case départ. Ce dernier redevient donc musclé, beau et idiot. Bien loin des scènes d’Avengers : Endgame qui promettait une évolution intéressante du dieu du tonnerre après sa rencontre avec sa mère, le réalisateur offre un personnage fade, creux et chiant. Bien qu’absolument dénoué de toute originalité, Gorr s’oppose à ce dernier en incarnant un méchant qui réussit à évoluer entre le début et la fin du long-métrage. Pourtant, si le boucher des dieux attise notre curiosité, c’est plutôt grâce à l’incroyable interprétation de Christian Bale que par sa profondeur ou sa singularité.

Photo du film THOR : LOVE AND THUNDER de Taika Waititi
Crédits : Marvel Studios

Certes, THOR : LOVE AND THUNDER est une comédie. Le réalisateur n’est donc pas dans l’obligation d’offrir une évolution narrative à ses personnages, ou même de leur donner un semblant de profondeur. Néanmoins, le souci principal réside dans le fait que ce film n’est absolument pas drôle. En effet, quand tout est un blague, rien n’est réellement amusant. Aussi, le style de Taika Waititi, qui avait sauvé la franchise en 2017, est désormais aussi indigeste qu’une quatrième part de bûche le soir de Noël. Comme le souligne Ecran Large, « l’aspect comique, la musique rock et les décors bariolés » sont toujours présents voire accentués. Le problème est que le cerveau humain ne peut absorber qu’une certaine quantité de ce bordel désorganisé avant d’imploser. Et Taika Waititi semble vouloir tester les limites physiques de ses spectateurs et spectatrices pendant que lui se contente de rigoler à ses propres blagues pendant près de deux heures.

La frontière entre la plaisanterie et la gêne est si fine que Taika Waititi ne semble plus réussir à la distinguer.

Mais le plus frustrant dans THOR : LOVE AND THUNDER est son queerbaiting. Depuis 2019, Taika Waititi a axé toute la promotion autour du film en proclamant sur tous les toits qu’il allait être « so gay ». Et lorsque Natalie Portman a commencé à soutenir ses propos lors de nombreux interviews, on y a cru. D’autant plus que Taika Waititi incarne l’un des personnages principaux de Our Flag Means Death, une série sur des pirates gays… Sauf que THOR : LOVE AND THUNDER présente principalement les personnages queers comme des éléments décoratifs et tombe dans le queerbaiting. Comprendre : le film « attire l’attention d’une audience LGBTI+ par des “appâts”, des détails éloignés du schéma hétéronormé. C’est jouer sur les codes de genre et de sexualités sans jamais s’engager sur le fond » comme l’explique Kelsi Phung, artiste et activiste dans les pages de Vanity Fair France. Initialement, le film avait été annoncé comme étant un long-métrage consacré à l’aventure de King Valkyrie (Tessa Thompson) qui devait trouver sa reine. Or, non seulement on se retrouve avec une histoire qui repose sur un personnage cancéreux dont l’aventure principale tourne autour d’une bande d’enfants et d’un puit à souhaits, mais en plus Valkyrie n’est jamais ouvertement représentée comme étant bisexuelle.

Photo du film THOR : LOVE AND THUNDER de Taika Waititi
Crédits : Marvel Studios

Par ailleurs, en faisant reposer le comique de l’une de ses scènes sur des orgies et l’hédonisme des dieux, Taika Waititi continue de jouer le jeu de l’ambiguïté sexuelle. Sauf que cela n’est pas flatteur et réduit rapidement l’identité LGBTQI+ à un ressort comique. De même, l’idée de raconter l’histoire de Korg et de son espèce en faisant de lui un personnage queer est intéressante. Mais il n’en est pas moins une pile de cailloux dont le rôle se limite à assurer le pendant comique de Thor. Ainsi, en plus d’être indigeste, THOR : LOVE AND THUNDER réussit à décevoir en ne tenant aucune des promesses de son réalisateur. On ne pourrait que suggérer à ce dernier de laisser le dieu du tonnerre s’occuper de ses chèvres pour donner à Valkyrie le premier rôle.

En réussissant à ne pas dépasser les deux heures, THOR : LOVE AND THUNDER est l’un des films les plus courts de l’univers Marvel. Et heureusement, car on en ressort avec la douloureuse sensation d’avoir subi chaque minute du film de Taika Waititi. Si les scènes post-génériques semblent promettre un cinquième volet pour le dieu du tonnerre, on ne peut qu’espérer que le réalisateur réussira à trouver une nouvelle inspiration (ou une nouvelle héroïne) d’ici là.

Sarah Cerange

Note des lecteurs20 Notes
Titre original : Thor : Love and Thunder
Réalisation : Taiki Waititi
Acteurs : Chris Hemsworth, Christian Bale, Natalie Portman, Tessa Thompson
Date de sortie : 13 juillet 2022
Durée : 119 minutes
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Roichris
Roichris
Invité.e
31 juillet 2022 20 h 49 min

Le début de la fin à commencé avec Thor Ragnarök qui préservait de bons effets spéciaux mais était déjà lamentable pour l’humour et la dérision utilisée pour le Ragnarök qui est sensé être l’épisode le plus dramatique de l’univers de Thor. Love and Thunder n’est que la suite prévisible imaginée par un Taika waititi qui se fou complètement de la culture comics et ne se sert de se personnage que pour assouvir son petit délire personnel. Le plus triste et que ça fait de millions d’entrées. A croire que le spectateur de base et totalement lobotomisé pour allé voir se genre de catastrophe cinématographique. Bien sur je pense que la plupart, ont été bien déçus en voyant le film. Sera-ce suffisant pour que Marvel vire Taika waititi ? j’en doute tant que les millions rentrent…

benoit lambrecht
benoit lambrecht
Invité.e
25 juillet 2022 9 h 24 min

Ma femme et moi avons thor love and thunder hier soir ; et l’inimaginable devient vrai , un film complétement raté du début jusqu’à la fin ( exceptée la prestation d’acteur de christian bale ) il faudrait interdire Taika Waititi à sortir des films , il n’y a aucun professionnalisme en matiére de tournage, de realisation et les scripts sont à jeter à la poubelle ; marvel studios n’aurait pas du sortir ce film et le personnage de thor est ridiculisé à l’extrême : comment cela a été possible ?

Mesguen
Mesguen
Invité.e
20 juillet 2022 15 h 11 min

Un bide

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