D’un premier film à la mécanique simple et efficace, SMILE 2 ose s’aventurer vers d’autres territoires. Malheureusement, à vouloir trop en faire, il perd de vue ce qui faisait la force de son concept et dilue son message dans un trop-plein de thématiques sous-exploitées.
L’héritier des Destination Finale ?
Surprenant à bien des égards, Smile premier du nom nous avait offert un bon divertissement grand public, similaire aux Destination Finale initiés par James Wong, mais remis au goût du jour. S’il restait néanmoins propre et lisse, le film de Parker Finn avait ce “petit quelque chose”, inhérent à ces séries B horrifiques devenues des succès surprises. Smile bénéficiait effectivement d’un potentiel sériel notable. À la fois fort et abstrait, son concept aurait pu s’étirer sur de nombreux opus, à l’instar de la saga de Wong. Or, ce second volet nous laisse sérieusement circonspects quant à la suite des événements.
En effet, si l’on choisit pour mètre-étalon la série des Destination Finale, ancrés dans leur époque, proprets mais néanmoins extrêmement funs, force est de constater que SMILE 2 tombe dans tous les pièges que son aîné avait su éviter. Là où les Destination Finale avaient compris leur force, à savoir un concept cyclique qu’on ne peut ni saisir ni freiner, SMILE 2 choisit de caractériser sa menace, jusqu’à la personnifier et lui donner une voix. Fort dommageable, dans la mesure où la malédiction qui pesait sur les personnages dans le premier film se suffisait à elle-même, sans qu’il soit besoin de l’expliquer davantage.
La rançon de la gloire
Le second problème de ce SMILE 2 a trait à son personnage principal, une pop star caractéristique des starlettes actuelles, nommée Skye Riley, interprétée par Naomi Scott, la Jasmine du Aladdin live-action de Guy Ritchie et l’une des Charlie’s Angels du reboot de 2019 – que l’on a tous préféré oublié. Si l’interprétation de l’actrice n’a néanmoins rien de honteux, le personnage sonne éminemment creux. En résulte une grande frustration, car le film essaime des problématiques intéressantes sur la célébrité à l’heure des réseaux sociaux et de certains scandales, tels que la tutelle imposée à Britney Spears.
SMILE 2 explore, en effet, de multiples thèmes relatifs au succès et à ses déboires, si bien qu’il se perd en chemin et se met dangereusement à bégayer, puisqu’il nous ramène sans cesse au traumatisme d’un accident de voiture survenu un an plus tôt. En raison des trop nombreux thèmes et variations autour de la rançon de la gloire, cet accident devient le seul élément censé créer de l’empathie pour le personnage. Bien insuffisant, car l’héroïne n’en devient pas plus sympathique, ni même intéressante. Et l’on se met inexorablement à regarder sa montre, lassé par les innombrables crises de nerfs de l’agaçante Skye Riley.
Un chaos scénaristique
D’autant plus frustrant que le film semble vouloir nous servir une leçon de morale réchauffée sur la vacuité du star-system, alors même qu’il essaye d’en dénoncer les souffrances et les abus. Le tout, dans un immense chaos scénaristique, qui en oublie presque son concept horrifique. Pour rattraper cet écueil, SMILE 2 en fait beaucoup trop, avec des effets gores grandiloquents et des jump scares faciles, dont le premier volet s’était pourtant bien passé. Et l’on souffle bien fort à la vue de Ray Nicholson, venu uniquement pour souligner sa ressemblance physique avec son père…
Malgré la déception, on ne peut s’empêcher d’accorder à SMILE 2 quelques bons points, notamment du point de vue de la réalisation et de la mise en scène. Le film jouit effectivement de costumes et de maquillages pour le moins sublimes, de même qu’il surprend par ses fulgurances créatives – citons notamment une scène de shooting photo transformée en un hommage à Suspiria du plus bel effet. Bien que loin de rattraper l’ensemble, ces instants suspendus pourraient bien nous donner envie d’un troisième film. Également en raison d’un final étonnant, bien que grotesque.
Lilyy Nelson



