Photo du film THE CREEPS
Crédits : Frozen Flame Pictures / Kajawood Studios

THE CREEPS, Christophe Lambert contre les bonhommes de neige

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GÉNÉREUX

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Série B surprise à base de bonhommes de neige tueurs, THE CREEPS se moque gentiment des films référencés eighties, sans pour autant manquer de gore, de sexe et d’humour gras. En d’autres termes, il contient tout ce qu’on était venu y chercher, avec un Christophe Lambert dans l’auto-parodie pour sublimer l’ensemble.

Une parodie qu’on n’attendait pas

Peu s’en doutent, mais les pays nordiques ont un goût prononcé pour la série B décomplexée, souvent bien lourdaude, avec nichons et excrétions humaines en option. À titre d’exemples, la Suède nous a offert American Burger en 2008, la Norvège, Dead Snow en 2009, et la Finlande, Bunny Opération Pussy en 2015 – parmi les meilleurs du genre. Un terreau fertile pour THE CREEPS du Finlandais Marko Mäkilaakso, comédie horrifique où un groupe d’adolescents doit faire face à une armée de bonhommes de neige tueurs. Aucune finesse, du sang et du cul : le contrat est rempli.

Toutefois, THE CREEPS s’amuse avec des codes bien plus américains qu’européens, puisqu’il fait partie de ces films “passéistes”, où des personnages un peu nerds citent à tout-va leur référentiel pop culture. Or, bien qu’il fasse quelques accolades sympathiques à la décennie 80 – avec Joe Dante dans un caméo – il a plutôt tendance à parodier la vague de productions rétro-nostalgiques encore en cours. En effet, ces héros geeks nous sont dépeints comme des beaufs, dont deux typiques de la Finlande, et certaines citations s’avèrent volontairement kitsch et/ou éculées – mention spéciale à Retour vers le futur.

Lambert is back

Parmi ces références drolatiques, le personnage principal voue un culte au film Highlander de 1986. Bien étrange passion pour un ado de 17 ans, dont la génération raffole désormais plutôt du vintage des années 2000. Là encore résonne la parodie, puisque ses camarades n’en ont que faire de sa soirée eighties, et Christophe Lambert himself vient amuser la galerie avec des références erronées – le bougre nous gratifie même d’un “I’ll be back”. Une approche rafraîchissante dans ce magma de films à citations, qui commence sérieusement à tourner en rond et à sentir le mâle incel.

Toutefois, n’attendez pas de THE CREEPS un film d’auteur bien ficelé. Non, le métrage assume sa posture de série B un peu cheap, au point qu’il aurait pu être produit par les Américains de The Asylum – société de production derrière la série des Sharknado. La 3D des bonhommes de neige assoiffés de sang surprend tout de même par sa qualité, bien supérieure à ce qu’on peut attendre de ce type de production. On pouffe devant les stock-shots, choisis exprès pour être remarqués, et l’on sourit des petites maladresses corrigées tant bien que mal – notamment d’un effet de fumée verte peu visible à l’écran.

Tous les ingrédients de la sympathique série B actuelle

THE CREEPS comporte également son lot de sexualité, bien qu’il reste assez sage sur cet aspect, et ne se gêne pas non plus pour trancher des membres et faire jaillir le sang. En effet, le film de Marko Mäkilaakso s’en sort avec les honneurs sur ses effets spéciaux, plutôt convaincants, tout aussi gores que funs. Tous les ingrédients de la sympathique série B actuelle sont réunis. Y compris les gags à excrétions corporelles, dont on se serait bien passé – mais dont les Nordiques raffolent. Après tout, on ne peut pas plaire à tout le monde. Et, ceci étant dit, THE CREEPS compte encore parmi les plus accessibles du genre.

Production finlandaise tournée en langue anglaise avec des “têtes reconnaissables”, telles que – outre Christophe LambertNoah Applebaum, vu dans New Girl, THE CREEPS se destinait à coup sûr au marché international. En ce sens, il garde la main légère sur le sexe et le gore pour s’adapter à une cible un tantinet plus large qu’une bizarrerie comme Bunny Opération Pussy, par exemple. Ainsi donc, il se retrouve aussi bien à l’affiche du Festival de comédie de l’Alpe d’Huez en 2026 qu’au programme du Bruxelles International Film Fantastic Festival (BIFFF) en 2025. Finement joué pour une future pépite de plateformes.

— Lilyy NELSON

Auteur·rice

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