Moins spectaculaire que Ru Paul’s Drag Race, plus intéressant que Dance Moms, Dancing Queen est la bonne surprise télé-réalité sur Netflix.

On a tous un pêché mignon. Le pêché mignon, c’est cette part de gâteau au chocolat que certains prennent pendant la nuit. C’est cette sieste oisive que d’autres s’autorisent au milieu de la journée. Mais c’est aussi la série dont on ne rate aucun épisode sans oser avouer à ses amis qu’on la regarde. DANCING QUEEN fait partie de cette dernière catégorie.Photo du documentaire DANCING QUEENDANCING QUEEN suit l’histoire de Justin Johnson, un professeur de danse dans la compagnie Beyond Belief le jour et une majestueuse dragqueen du nom d’Alyssa Edwards la nuit. Révélé dans RuPaul’s Drag Race, le jeune homme de 37 ans a désormais sa propre émission télévisée grâce à laquelle on peut suivre l’évolution de son studio de danse mais aussi s’introduire dans sa vie personnelle.

Si cette dernière tourne principalement autour de sa vie familiale difficile et de la confiance en soi, poussant de nombreux spectateurs au bord des larmes, les scènes du studio sont beaucoup plus contrastées. Entre un stress insurmontable mis sur les épaules de jeunes danseurs(ses) de six à dix-huit ans et une compétition accentuée par les crises de leurs mères vivant leur réussite par procuration, DANCING QUEEN assure le show. Et comme si cela ne suffisait pas, les performances époustouflantes d’Ainsley, Leigha ou encore Willow achèveront de vous envouter.

Si la souplesse et le talent incroyable des jeunes danseurs(ses) ne vous laissent pas bouche bée, les autres qualités de cette série se trouvent dans les moments de maturité et d’empowerment qui concluent chaque dispute. Après tout, paillettes ou non, pointes ou non, ces élèves restent des enfants sensibles et leurs mères des lionnes protectrices, et malgré les querelles qui rythment le show, le happy ending n’est jamais loin rappelant qu’il est important de se souvenir que tout le monde a un cœur, que l’erreur est humaine et qu’il est vital d’écouter les autres.Photo du documentaire DANCING QUEENMais le cœur de cette télé-réalité reste les interventions d’Alyssa Edwards. Encore plus réconfortant que n’importe quelle part de gâteau au chocolat, les discours d’Alyssa Edwards se révèlent être des pêchés mignons dont on arriverait presque à ne plus se passer tant ils nous donnent envie de conquérir le monde : « Mon Prince Charmant existe quelque part. Mais j’ai pas le temps d’embrasser de centaines de crapauds. Alors il va devoir venir sonner à ma porte lui-même. »

Ajoutés à ces apartés, le charme et la sensibilité de Justin font qu’il reste la véritable star du show. Car DANCING QUEEN permet au spectateur de regarder derrière les perruques et les faux ongles, là où aucune série ne s’était jusqu’alors aventurée. Avec cette nouvelle émission, on découvre l’envers du décor ainsi que l’homme derrière la drag queen. Force est de constater que les drag queens n’ont pas besoin de faire de lip-sync ou d’avoir en permanence une tenue flamboyante pour captiver l’attention.Photo du documentaire DANCING QUEENMalgré des scènes qui semblent être l’incarnation même du too much et des mères hystériques, on se surprend à s’investir émotionnellement dans la vie de jeunes danseurs horriblement souples de Beyond Belief. Avec juste ce qu’il faut de drama, DANCING QUEEN se révèle être notre nouveau pêché mignon, qui en plus d’être une distraction haute en couleurs est pleine de moments inspirants. Au final, un pêché mignon n’est ni un vice, ni une corruption mais c’est surtout une tendance à abuser de ce qui est bon… et cette série est assurément excellente.

Sarah Cerange

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Crêpage de chignons et paillettes : DANCING QUEEN, notre nouveau pêché mignon - Critique
Titre original : Dancing Queen
Production : Fenton Bailey
Acteurs principaux : Alyssa Edwards
Date de sortie : 5 octobre 2018
Durée : 45 min
3.0Distrayant
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Crêpage de chignons et paillettes : DANCING QUEEN, notre nouveau pêché mignon – Critique

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