Mika Cotellon

PARADISE LOST – Critique

Dernière mise à jour:
Mise en scène
10
Scénario
10
Casting
8
Photographie
6
Musique
7
Note lecteurs5 Notes
5.7
8.2

Personne n’échappe à Pablo Escobar et personne ne peut échapper à la réussite de Paradise Lost. Andrea Di Stefano signe un premier long-métrage pertinent et efficace . Aucun film ne peut être complètement parfait, mais certains percutent fortement.

Certains l’appelleront « Le nouveau Parrain » par ces nombreuses références à l’oeuvre de Francis Ford Coppola. Porté par l’excellent Benicio Del Toro, qui après le Che, se glisse de nouveau dans la peau d’un personnage phare d’Amérique Latine, Pablo Escobar. Entre le bon père de famille, généreux politicien et l’assassin narcotrafiquant, deux visages s’opposent. C’est d’ailleurs en cela que tout comme Nick (Josh Hutcherson), le public est ainsi troublé par Escobar, doit-t-on l’aimer ? Doit-on s’en méfier ? Est-il sincère ?

L’intrigue démarre dans une non-chronologie volontaire, formant ainsi une boucle avec la fin. Vient ensuite le parallèle entre la « Fin » de Pablo Escobar et le début de la romance entre  Nick et Maria (Claudia Traisac) puis s’ensuit la rencontre Nick/Pablo Escobar. C’est ici que l’histoire commence véritablement. Chaque élément vient au fur et à mesure, créant un suspens permanent, annonçant l’aspect thriller, surtout présent en seconde partie de film. La musique, véritable actrice du film, est plutôt classique et peu saccadée. Un choix étonnant mais sympathique contribuant à ce suspens haletant.

Le mariage entre Pablo Escobar et l’histoire d’amour entre sa nièce, Maria et Nick met en avant l’idée de l’emprisonnement et du destin. En forgeant son avenir, en décidant de devenir narcotrafiquant, Pablo Escobar a choisi son destin, soit s’enfermer dans le trafic, la richesse et la méfiance omniprésente. Quant à Nick, en choisissant Maria, il s’est emprisonné dans ce système mafieux et lui « appartient », son destin est donc contrôlé.

Photo du film PARADISE LOST
© Mika Cotellon

Au-delà du  jeu de Del Toro, le principal atout du film reste l’absence totale de la drogue. On le sait, on l’aperçoit, mais l’on ne la voit jamais clairement. Tout comme les meurtres, Escobar ne les exécute jamais directement. Cela renvoie à cette double image qu’il dégage, il est violent mais pour crédibiliser son image officielle et familiale, il ne montre sa part d’ombre que derrière la lumière. C’est en cela que ce biopic se distingue d’une biographie classique, ce n’est pas tant ce qui constitue la vie du personnage qui est exploité, mais sa psychologie la plus intime. Malgré le fait qu’Escobar domine dans l’histoire, chaque personnage a une identité propre, on s’y attache, épaississant davantage l’intrigue.

C’est d’ailleurs ici que l’on peut y voir les références au Parrain, mais aussi aux Sopranos car Escobar est un double chef de famille atypique, il veille sur sa famille biologique et dirige sa « famille professionnelle » .

Un biopic de qualité, traitant d’un fascinant monstre de manière profonde, aussi bien dans le fond que dans la forme.

La première partie du film présente le monstre sous le masque, la deuxième tourne en véritable film d’action. Jusqu’à la dernière minute, le suspens est à son comble. On peut d’ailleurs y saisir des allusions à Scarface, notamment parce qu’Escobar dépasse ses propres limites. Passer du mélo au thriller, Andrea di Stefano a su maîtriser cette transition. Cet aspect bilatéral du film permet au spectateur de ne pas s’ennuyer une seule seconde.

Paradise Lost est un biopic de qualité, traitant d’un fascinant monstre de manière profonde, aussi bien dans le fond que dans la forme. Accompagné d’un casting de qualité, Benicio Del Toro se surpasse dans la peau d’Escobar. La musique, tout comme le déroulement du film sont déroutants et décalés. Fort et percutant, l’intrigue s’accélère aussi vite que les battements de notre coeur.

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