A 15 ans, Mia est une adolescente rebelle avec une unique passion : la danse hip hop. Un jour d’été, sa mère rentre à la maison avec un nouvel amant, Connor, qui s’installe chez elles. Est-ce enfin une promesse de bonheur ou bien un leurre ?

Note de l’Auteur

[rating:7/10]


Date de sortie : 16 septembre 2009
Réalisé par Andrea Arnold
Film britannique
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender
Durée : 2h 02min
Bande-Annonce :

J’ai toujours été un grand admirateur des drames britanniques. Je trouve qu’ils ont un sens inouï du drame populaire avec des mises en scène soignées, souvent poétiques dans un certain sens et à fleur de peau. Dans le genre on peut citer en exemple les films de Ken Loach et Steve McQueen (II). Et bien laissez-moi vous dire, si vous aimez autant que moi les films intensément humain et profond, vous serez comblé avec Fish Tank qui n’échappe en rien à cette règle.

Dès le début, Fish Tank nous plonge dans la misère sociale britannique à travers les yeux de Mia, une jeune adolescente de 15 ans en échec scolaire, en conflit avec sa mère et en vagabondage permanent. Seule sa passion pour le hip-hop lui permet de s’évader de ce quotidien monotone et déprimant. A travers le personnage de Mia, la réalisatrice Andrea Arnold met en exergue une jeunesse britannique féminine (que l’on peut aisément décliner dans une grande partie des pays de l’Europe et d’ailleurs) à la dérive qui ne fait pas grand-chose de ses journées si ce n’est regarder la télévision et critiquer, critiquer et encore critiquer le succès des autres par pure jalousie. Un drame britannique dans toute sa splendeur qui malgré les périodes de bonheur (trop courtes ?) ne tarde pas à revenir à ses thèmes de prédilections (alcool, chômage, sex…). Un peu comme si quelqu’un quelque part avait pointé du doigt cette jeune ado et avait dit : « Toi ma fille, tu va en baver ! ».

A cette histoire méticuleusement mise en scène avec une multitude de détails et une façon de filmer très proche de ses personnages pour instaurer une aura d’une grande sensibilité s’ajoute un trio d’acteurs tout simplement jouissif. Katie Jarvis est extrêmement douée dans ce rôle d’adolescente rebelle tout comme Kierston Wareing qui interprète sa mère et qui ne cesse de monter depuis It’S A Free World. Mais pour ma part, c’est Michael Fassbender qui attire toute mon attention. Sa manière de jouer est si fluide que ça en devient presque dégoutant. Il ne se force pas une seconde, il ne surjoue pas une seule minute, ça coule d’instinct sans aucune fioriture. Cette fluidité est très rare chez un acteur et sans pour autant le comparer directement avec, il me fait penser un peu à Marlon Brando par moment. Le genre de mec qui rentre dans une pièce et qui aspire toute notre attention, écrasant sans le vouloir ses partenaires.

Fish Tank est un film que l’on gardera en tête pendant de longues périodes grâce à une qualité qui se fait de plus en plus rare de nos jours : la sobriété. Le film ne dépasse jamais les limites qu’il s’était fixé, il reste humble jusqu’à la toute dernière seconde et ne tombe pas dans la facilité du choc et du gore comme je m’y attendais au départ. Ce que je croyais voir arriver gros comme une maison n’est point arrivé et le résultat se fait d’autant plus ressentir : Fish Tank apparait encore plus crédible et malsain. Au final, Andrea Arnold réalise un petit ovni débordant de talent, un drame dérangeant, étouffant, auquel on ne peut détourner le regard un seul instant. Un beau moment de cinéma qui mérite amplement son Prix Du Jury reçut au Festival de Cannes.