Dory, l’hilarant poisson chirurgien bleu qui avait contribué à « sauver Nemo » dans l’opus précédent, va devoir retrouver à son tour des membres de sa famille: ses parents. Pour surmonter les défaillances caractéristiques de sa mémoire, elle sera aidée par les célèbres poissons clowns Nemo et Marin, une pieuvre misanthrope du nom de Hank et d’autres nouveaux personnages aquatiques. Treize ans après l’oscarisé Le Monde de Nemo (meilleur film d’animation), que vaut cette suite -?

Dans la lignée des actuels spin-off centrés sur des personnages emblématiques de films d’animation cultes, le monde de Dory ré-utilise le concept même de son personnage principal, sa déficience mnésique, afin de construire l’ensemble de son arc narratif, autant sur l’aspect comique qu’émotionnel. Sur ce point ambitieux, le film se situe davantage du côté du novateur Maléfique de Robert Stromberg que du plus convenu Minions de Pierre Coffin & Kyle Balda. Si utiliser cette seule idée de mémoire trouble pouvait paraître insuffisante sur 1h30 de film, elle fonctionne pourtant bien autant dans le comique (running gag de l’oubli), que dans l’émotion (impuissance du personnage) et réussit à être un enjeu crédible dans la quête de Dory (retrouver ses souvenirs/son identité).

Photo du film LE MONDE DE DORY

Narrativement l’idée est donc efficace mais balise le récit : la mémoire de Dory étant à la fois le problème et la solution à chaque péripétie, les dénouements scénaristiques paraissent parfois trop faciles, tout du moins attendus. Les studios Pixar ont cependant bien compris qu’ils ne nous étonneront plus sur le désormais légendaire « happy end » de Disney. Ils contrent ainsi leur schéma narratif balisé par une inventivité époustouflante, en particulier au travers de leur nouveaux personnages: Hank bien sûr, mais aussi Baily le Beluga au sonar défaillant, Destinée le requin baleine malvoyant ou encore Becky l’oiseau fou.

« Si le Monde de Dory ne révolutionne pas le cinéma d’animation, il porte assurément à merveille les couleurs créatives des excellents studios Pixar. »

Ces nouveaux venus induisent des moments riches de créativité et d’hilarité, hilarité poussée à son paroxysme dans les scènes finales en complète roue libre et d’une réelle fraicheur. Bien plus, ces personnages handicapés et à la folie douce se font l’écho du personnage de Dory, permettant ainsi à cette dernière de « se trouver » comme le titre original « finding Dory » le suggérait. Finalement, le canevas en apparence proche du monde de Nemo est détourné au profit d’un accomplissement et d’une acceptation de soi, sur fond de racines familiales à re-découvrir. Si le monde de Dory ne révolutionne donc pas le cinéma d’animation, il porte assurément à merveille les couleurs créatives des excellents studios Pixar.

Audrey G.
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