Hervé, 14 ans, est un ado moyen. Débordé par ses pulsions, ingrat physiquement et moyennement malin, il vit seul avec sa mère.
Au collège, il s’en sort à peu près, entouré par ses bons copains.
Sortir avec une fille, voilà qui mobilise toute sa pensée. Hélas, dans ce domaine, il accumule râteau sur râteau, sans toutefois se démonter.
Un jour, sans très bien comprendre comment, il se retrouve dans la situation de plaire à Aurore, l’une des plus jolies filles de sa classe.
Malgré des avances de plus en plus évidentes, Hervé, un peu nigaud, ne se rend compte de rien.
Quand enfin il en prend conscience, Aurore refuse de sortir avec lui. Puis, sans prévenir, elle se jette dans ses bras.
Enfin, il sort avec une fille !
Grand amateur de branlettes et de films X, Camel, son meilleur ami, convainc Hervé d’essayer de coucher avec sa copine.
Devant son copain, Hervé se vante de sa virilité, mais quand il est avec Aurore, c’est une autre affaire…

Note de l’Auteur

[rating:7/10]


Date de sortie : 10 juin 2009
Réalisé par Riad Sattouf
Film français
Avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo, Alice Tremolières
Durée : 1h 30min
Bande-Annonce :

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Attention, que ceux qui n’aiment pas l’humour pipi caca graveleux, puéril, indigeste mais tellement réel (c’est la force du film !) passent leur chemin immédiatement sous peine de se faire « chier grave » comme dirait nos boutonneux imberbes.

A tous les autres, à tous les amoureux des cheveux gras, des boutons blancs, des branlettes dans une chaussette, des ados précoces et des voix tiraillées, Les Beaux Gosses est fait pour vous !

Riad Satouf dépeint avec brio cette jeunesse avide de sexe pour qui la connerie a pris depuis bien longtemps le dessus sur l’intelligence et la réflexion (n’est pas philosophe qui veut !) : qui n’a jamais connu de telles situations ? Qui peut se vanter de n’avoir jamais eu d’amis de la trempe de Camel ? C’est là la principale force des Beaux Gosses, sorte d’Encyclopédie Du Zizi Sexuel de Titeuf en moins édulcorée : le film parle à tous, toutes générations confondues.

Le film ne fait certes pas souvent (quasiment jamais en fait) dans la finesse mais cette connerie constante, cette bêtise juvénile jouissive il fallait la faire ! Il ne s’agit pas, il ne s’agit plus, de nos jours de mettre trois blagues ringardes dans un long-métrage pour se vanter d’être drôle, loin de là. C’est là qu’intervient le génie de Riad Satouf. Les lecteurs qui suivaient avec intention son travail dans Charlie Hebdo avec La Vie Secrète Des Jeunes doivent crier, que dis-je, hurler leur joie sur les toits car Les Beaux Gosses est une comédie satirique sur les jeunes parfaitement calibrée où l’on retrouve l’humour particulier du bonhomme. Le réalisateur connait son sujet et on le ressent à chaque instant, il écrit avec brio sur l’adolescence, sur les couples divorcés, sur les émois amoureux souvent assez pathétique. Sur ce point, j’ai envie de dire « enfin une comédie sur les ados écrite par un éternel ado ! »

Le film de Riad Satouf est un peu l’anti La Boum, l’anti LOL, l’anti Nos 18 Ans, où il s’agit d’adolescents propres sur eux qui sont les stars du collège, des films très caricaturaux également mais pas du tout dans le bon sens du terme.

Avec Les Beaux Gosses, c’est une toute autre histoire : nos chères têtes de vainqueurs n’ont pas la côte, loin de là, transpirent le Biactol à des kilomètres, sentent la vieille chaussette sale et ont le cerveau au niveau d’un slip marqué d’une trace marron indélébile. La classe non ? C’est tout le charme, toute la force de ce film qui ne se travestit pas d’happy end conventionnel, qui ne tombe pas dans les bonnes mœurs et qui ose aller loin, très loin et qui n’a pas (très important) d’œillères. Un film qui a des couilles, qui n’a pas peur du ridicule et qu’il est tellement rare de voir de nos jours sur nos écrans.

En clair, Les Beaux Gosses n’est peut-être pas un grand film sur l’adolescence mais un très bon film sur l’adolescence (c’est déjà pas si mal de nos jours !). Un film où le trait est volontairement caricatural mais où la vérité va de pair pour les raisons citées auparavant. Chacun d’entre nous aura une impression indélébile de déjà-vu en croyant revivre certaines situations cocasses d’une enfance que l’on aimerait bien laisser de côté par moment.

Un film quasi culte avec ses scènes et autres répliques ringardes à tomber (« T’as les yeux aussi bleus que du Canard WC », « Notre prof est mort ?! Ca veut dire qu’on n’aura pas interro ? Cooool ! »). Le genre de film à voir entre potes, à quinze dans une pièce minuscule, en sirotant du Champomy et en se perçant les derniers boutons d’acné.

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[critique] Les Beaux Gosses

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