Quand Katie, une femme ordinaire, rencontre Paco, un homme ordinaire, quelque chose de magique et de miraculeux se produit : une histoire d’amour. De cette union naîtra un bébé extraordinaire : Ricky.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]


Date de sortie : 11 Février 2009
Réalisé par François Ozon
Film français
Avec Alexandra Lamy, Sergi López, Mélusine Mayance
Durée : 1h 30min
Bande-Annonce :


“Ricky” – la bande annonce de la semaine
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Chaque nouvelle réalisation de François Ozon est attendue au tournant tant ses films sont de véritables ovnis cinématographiques, des œuvres inclassables qui mélangent les genres, brisent les codes et les réarrangent à sa manière.

Avec un style très personnel, ce réalisateur français n’a pas fini de défrayer la chronique envers ses supporters et ses réfractaires : tous attendent ses films avec une impatience jouissive soit pour applaudir son travail, soit pour le décrier. Une chose est sûre, François Ozon ne laisse et ne peut laisser personne indifférent.

Son nouveau « bébé », Ricky, n’échappe pas à ce doux constat.

Ricky est une œuvre à part, incompréhensible au début, qui commence dans une ambiance étouffante, dramatique, où l’on voit une mère de famille mettre son égo de côté et supplier une assistante sociale de l’aider à joindre les deux bouts : abandonner par son compagnon, sans travail et avec deux enfants à charge, elle ne s’en sort plus. Quelques plans plus tard, l’action nous embarque quelques années plus tôt, à l’origine de cette fatalité.

Nous assistons au quotidien morose de cette mère célibataire, travaillant à l’usine, se battant pour élever honorablement sa fille, se privant quotidiennement des petits plaisirs qui pèseraient un peu plus sur ses dettes. Ici, François Ozon met l’accent sur la situation de nombreuses familles françaises : la misère sociale. Une misère qui se fait de plus en plus pesante sur une société de consommation malsaine, impitoyable.

Son quotidien basculera avec la rencontre du mystérieux Paco (Sergi Lopez) d’où découlera une relation tumultueuse qui verra l’arrivée d’un nouvel habitant au sein de cette famille recomposée : Ricky, adorable bambin qui croque la vie à pleines dents et qui a une particularité assez spéciale, il vole.

C’est avec l’apparition de ce bébé peu ordinaire que nous assistons à la création de l’univers loufoque de François Ozon. Le réalisateur s’amuse dans l’absurde, est absurde et n’en a pas honte.

Mais attention ! Il ne s’agit pas d’un absurde potache, lourd et pathétique témoignage d’un manque cruel de compétences que l’on dissimulerait derrière un humour fade et sans saveur mais bel et bien d’un absurde parfaitement maitrisé à chaque nouveau plan, servant de prétexte à introduire des aspects très crus de la vie tels que l’abandon, les jalousies frères/sœurs, la violence enfantine, la différence pour ne citer qu’eux.

Ce côté absurde et décalé se retrouve également au niveau du casting même de Ricky : après de nombreuses interrogations quant à la crédibilité supposée d’Alexandra Lamy, le réalisateur a prouvé que son choix était le bon et clou ainsi le « bec » à ses réfractaires qui criaient au ridicule car Alexandra Lamy est bonne, très bonne même, convaincante sur tous les plans, elle nous remplit d’émotions vives, saisissantes, ineffaçables.

Après visionnage, Ricky s’annonce comme un véritable livre que son réalisateur a décidé de partager en l’ouvrant en grand pour nous laisser libre de toutes opinions quant à l’intérêt et l’aboutissement de son œuvre, une œuvre décalée, entière, intimiste qui nous envahit ou qui nous répugne mais dont on ne retiendra qu’une seule conclusion commune : une œuvre que l’on n’oublie pas et que l’on n’est pas prêt d’oublier.

Le cinéma français a gagné en crédibilité grâce à cette réalisation qui apparaît comme un grand bol d’air frais salvateur.

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