Photo du film LA BELLE ET LA BÊTE

LA BELLE ET LA BÊTE de Cocteau qui ressort en version remastérisée en septembre 2013, le spectacle éponyme de Broadway qui débarque à Paris le mois suivant et qui triomphe actuellement au Théâtre Mogador, W9 qui diffuse fin décembre la première saison de la série télévisée BEAUTY AND THE BEAST. Vous l’aurez compris, le célèbre conte semble être particulièrement à la mode ces derniers temps, et ce n’est pas la sortie d’une nouvelle version filmée qui viendra contredire cette idée. Signée , elle permet au réalisateur français de faire son grand retour au cinéma, huit après SILENT HILL, adaptation dénigrée du survival horror édité par Konami.

Film événement de ce mois de février 2014 et doté d’un budget de 35 millions d’euros, LA BELLE ET LA BÊTE ne cesse de subjuguer le spectateur de part sa qualité technique tout bonnement impressionnante. Véritable claque visuelle, le film happe le spectateur au cœur d’un univers féerique et majestueux, rendu possible grâce une avalanche d’effets spéciaux époustouflants et de décors chatoyants qui témoignent d’une formidable direction artistique. Tirant avantage d’une photographie sublime, Christophe Gans fait preuve d’une réalisation des plus soignées offrant de magnifiques plans souvent comparables à des tableaux vivants.

Une pluie d’éloges qui ne concernera malheureusement pas le scénario qui souffre d’un flagrant manque de rythme qui handicape un récit pourtant pas si ennuyeux, mais ne parvenant pas à réellement surprendre, en vue de notre connaissance du conte. L’émotion peine à s’instaurer et les sentiments de Belle pour la Bête se dressent de manière saugrenue, comme si le réalisateur employait un deus ex machina afin de donner au plus vite ce que le spectateur attend du film, le fameux idylle entre ces deux êtres que tout semblait opposer.

Photo du film LA BELLE ET LA BÊTE

Un blockbuster spectaculaire qui manque de mordant.

Tous deux élégants, gracieux et charismatiques, et sont très bons dans les rôles de la Belle et de la Bête, le design de cette dernière est d’ailleurs très réussi, bien que le personnage nous paraisse plus classe qu’effrayant. Il aurait été intéressant qu’ils délivrent respectivement plus de sensualité et de violence afin d’instaurer au sein de leur relation une certain tension, ce qui aurait rendu le film encore plus audacieux. Autre point dommageable, la direction d’acteurs beaucoup trop théâtrale qui finit par handicaper les seconds rôles, eux qui ont déjà du mal à pleinement s’affirmer et à capter notre attention. Enfin pour un film qui se veut familial, LA BELLE ET LA BÊTE manque sérieusement d’humour, le duo d’actrices et Sara Gireaudeau sont présentes pour nous arracher quelques sourires, mais ça s’arrête là.

LA BELLE ET LA BÊTE est donc au final une semi-déception, se complaisant autant dans une esthétique renversante et une mise en scène remarquable que dans un manque de prises de risques, un récit lacunaire et autres idées et partis pris franchement dispensables. En somme un blockbuster à la française spectaculaire qui manque de mordant. La dixième adaptation à venir réalisée par Guillermo del Toro et portée par , saura peut-être nous convaincre.

NOTE DE L’AUTEUR
[rating:6/10]

Affiche du film LA BELLE ET LA BÊTE

1810. Après le naufrage de ses navires, un marchand ruiné doit s’exiler à la campagne avec ses six enfants. Parmi eux se trouve Belle, la plus jeune de ses filles, joyeuse et pleine de grâce.
Lors d’un éprouvant voyage, le Marchand découvre le domaine magique de la Bête qui le condamne à mort pour lui avoir volé une rose.
Se sentant responsable du terrible sort qui s’abat sur sa famille, Belle décide de se sacrifier à la place de son père. Au château de la Bête, ce n’est pas la mort qui attend Belle, mais une vie étrange, où se mêlent les instants de féerie, d’allégresse et de mélancolie.
Chaque soir, à l’heure du dîner, Belle et la Bête se retrouvent. Ils apprennent à se découvrir, à se dompter comme deux étrangers que tout oppose. Alors qu’elle doit repousser ses élans amoureux, Belle tente de percer les mystères de la Bête et de son domaine.
Une fois la nuit tombée, des rêves lui révèlent par bribes le passé de la Bête. Une histoire tragique, qui lui apprend que cet être solitaire et féroce fut un jour un Prince majestueux.
Armée de son courage, luttant contre tous les dangers, ouvrant son coeur, Belle va parvenir à libérer la Bête de sa malédiction. Et se faisant, découvrir le véritable amour.

Titre original : La Belle et La Bête
Réalisation : Christophe Gans
Scénario : Christophe Gans et
Acteurs principaux : Léa Seydoux, Vincent Cassel, , , Audrey Lamy,
Pays d’origine : France, Allemagne
Sortie : 12 février 2014
Durée : 1h52
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