Affiche du film LES CONQUÉRANTS

Galaad et Noé se retrouvent à l’enterrement de leur père. Demi-frères, ils n’ont pas grand-chose en commun, si ce n’est une collection d’échecs personnels. Persuadé que le mauvais œil les poursuit depuis que leur père a dérobé une relique sacrée, Galaad convainc Noé d’agir. S’improvisant aventuriers, les deux hommes partent en quête de l’objet volé, et de la chance qui les fuit.

Note de l’Auteur

[rating:3/10]

Titre original :
Réalisation :
Scénario : Xabi Molia
Acteurs principaux : , ,
Pays d’origine : France
• Sortie : 25 Septembre 2013
Durée : 1h35min
Bande-Annonce :

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La comédie française, cette chose si compliquée à la conception tant subjective. Mais des fois, c’est tellement bâclé que le film en devient pénible à regarder. Plus envie de suivre, mais plutôt l’envie d’appuyer sur Stop. LES CONQUÉRANTS, c’est ça. Xabi Molia a envie de faire un film, mais il n’a tellement rien à dire, qu’il s’essaie à une comédie bas du front. Un tel adjectif car le film embrasse une si grande normalité, que ça en devient exaspérant.

Le problème quand on a rien à dire, c’est qu’on en fait le minimum. Pour cette comédie, quelques moments d’absurdité qui font sourire, quelques moments de mélancolie survolée, puis des blagues faciles qui tombent l’instant d’après dans l’oubli. Le but d’une comédie, c’est de créer un souvenir dans l’esprit du spectateur, pendant qu’on le divertir. Tout en parlant d’un sujet concret. Sauf que Xabi Molia n’a pour thème qu’une fratrie.

Loin de Indiana Jones, ce film tient plus à la banalité et la paresse d’un Benjamin Gates (mais si, avec l’acteur aux records de moumoutes, Nicolas Cage). Deux frères que tout sépare, mais qui vont vite se rassembler pour aboutir à une quête. Sauf que le film compte seulement sur ses gags. A noter que les personnages ne sont pas très développés. On connait seulement leurs métiers, dont ils se font virer. Puis, plus rien. Du coup, aucune évolution n’est possible : la paresse de donner un rythme et une tension à la narration fait surface.

Photo du film LES CONQUÉRANTS

Des personnages trop peu développés dans une comédie paresseuse, où absurdité et fantastique se mélangent, à la forme légère et quelconque.

Autant dire que les acteurs n’arrangent rien. On a connu Denis Podalydès sous de meilleurs jours. Lui, qui est pourtant un excellent metteur en scène et un fascinant acteur, ne parvient pas à sauver la performance pitoyable de Mathieu Demy. Maniéré, ce dernier ne joue pas de son corps, mais d’un nombre de mimiques incalculables. Le problème, c’est qu’ils sont conditionnés par leurs personnages. Xabi Molia n’a rien approfondi, et l’enfermement arrive très vite. On se retrouve alors face à des personnages pantouflards, agaçants dans leur objectif dont tout le monde se fout.

A croire que l’intrigue est plus importante. Si les personnages ne sont pas développés, il doit bien y avoir une raison. Celle d’intégrer du fantastique ? Quelle idée risquée et mauvaise, tout de même. Un mélange de comédie et de fantastique. Alors que Xabi Molia cherche à rassembler deux frères perdus psychologiquement, il intègre des éléments fantastiques. La contradiction est trop forte pour que la conjugaison soit juste.

La seule chose à retenir, à peu près appréciable, c’est l’effort fait sur les décors. La folie ne prenant jamais le contrôle de la normalité du film, le réalisateur doit bien accentuer sa mise en scène. En parallèle du regard jeté sur la fratrie, Xabi Molia explore les lieux où il tourne. Une épopée esthétique attirante, mais vaine. Car les décors (en second plan) sont certes beaux, mais jamais le réalisateur ne fera interagir les personnages avec les lieux.

Encore pire, le son est d’une banalité affligeante. Quelqu’un me disait récemment qu’au vu des moyens dont le cinéma dispose, il est affligeant de voir la pauvreté de la restitution de l’ambiance sonore. Ca s’applique à tous points pour ce film. Au vu des lieux filmés, d’une esthétique attirante, l’ambiance n’est jamais retranscrite. La seule ambiance que l’on a devant ce film, ce sont les répliques de bas étage.

Enfin, il faudra relever la forme de la réalisation. Combien de fois peut-on entendre « c’est une comédie, on s’en fout de la forme » ? Sauf que la réalisation est un langage, c’est une preuve d’amour pour les personnages, c’est une preuve de force sur le sujet. Nous ne sommes pas devant une sitcom, mais au cinéma, alors stoppons les réalisations quelconques pour les comédies.

Photo du film LES CONQUÉRANTS