Le Blog du Cinéma se frotte à un nouveau festival cette année, celui du film fantastique de Gérardmer. Un week-end, donc, pour profiter de cette 18ème édition à la programmation alléchante. Du sang, de la frayeur, du sadisme mais surtout du plaisir, promis par de nombreux films.

Pourtant, la bataille fut rude pour atteindre l’objectif principal : voir ces films prometteurs. Dès le départ les premiers problèmes s’enchaînent : les billets qui nous avaient été réservés n’existent plus. Une antipathie majeure pour les organisateurs de ce séjour commence à naître. Mais qu’importe, le désir de participer à ce festival nous porte vers le train, et ce, sans billet.

Une fois sur place, nous nous rendons rapidement compte qu’il faut encore s’accrocher pour accéder aux salles. L’organisation de ce festival n’est clairement pas des plus efficaces : pour espérer entrer mieux vaut commencer à faire la queue une heure avant le début de la séance. Et si vous n’avez ni badge ni forfait, les chances de voir un film sont quasi nulles, à moins de faire la queue une heure et demi avant tout le monde. Croyez-moi, une heure dehors, lorsque les températures avoisinent les -8 degrés, c’est difficile.

Le public est donc à cran. Comment ne pas lui donner raison ? Il s’agace, hurle et n’hésite pas à huer les journalistes ou ceux qui semblent « V.I.P ». C’est ainsi que des slogans prennent naissance : « V.I.P ! Profiteurs ! V.I.P. Profiteurs ! ». Sympa l’ambiance ici !

Lionel Chouchan, le créateur et délégué général du festival, lors de la cérémonie de clôture, se félicite presque de ce succès : « Je voudrais annoncer une nouvelle qui va faire plaisir au public parce que, c’est vrai, la fréquentation est en hausse. Le problème c’est que les fauteuils et les strapontins ne le sont pas. On va surement construire une salle de plus et je vous signale que, dans quelques instants, nos hôtesses vont passer auprès de vous pour recueillir les premiers fonds. »

Le second problème des festivals qui connaissent un fort succès est leur absence d’âme. Pour celui de Gérardmer, la convivialité disparait au fil des années. Le cinéma prend ici ses distances avec le public. Ouvrez les oreilles et écoutez les propos des Vosgiens qui connaissent le festival depuis ses débuts : vous comprendrez que ce festival creuse un fossé entre le public et les « V.I.P ».

Heureusement que le public, motivé et amoureux du fantastique créé finalement son propre festival, au dépend de l’organisation. Les séances de cinéma sont animées : le public n’hésite pas à applaudir lorsque le héros réussit sa vengeance ou à miauler à gorge déployée lorsque le logo du chat de Wild Side apparait. Une incroyable interactivité se forme entre le film et le public. Le cinéma, un art vivant.

Les rues de Gérardmer nous réservent aussi quelques surprises. C’est en toute simplicité que nous pouvons discuter avec des écrivains de passage au festival. C’est ainsi que nous avons échangé quelques mots avec tout en dégustant une crêpe dans les rues animées de la ville. Finalement, le « off » de Gérardmer est le principal intérêt de ce festival.

Bon, revenons tout de même au « in » et à sa programmation extraordinaire. Un film se détache principalement des autres puisqu’il n’a eu de cesse d’être primé lors de la clôture. Il s’agit de de . Il décroche tout d’abord le prix Jeune que son président de jury valorise pour « pour son esthétique et son jeu d’acteur qui nous a tous bluffé ainsi que son thème en totale adéquation avec cette 18eme édition ».

Il remporte aussi le prix du public et celui de la critique. , critique à Positif, remarque cette unanimité : « Ça peut demander explication parce que le réalisateur n’est pas un inconnu de nos services. Il a remporté ici un grand prix en 2004. Donc pourquoi la critique, qu’on pourrait plutôt attendre dans l’innovation et l’exploration de jeunes talents, va consacrer Kim Jee-Woon ? Tout simplement parce qu’on a estimé que c’était un bon qualitatif énorme de sa filmographie. Il y avait ici son meilleur film, et que sur un thème très en vogue dans le cinéma asiatique et coréen en particulier, qui est celui de la vengeance, il avait été jusqu’au bout. Je précise qu’on a délibéré sans connaitre les résultats des autres prix. Mais je me félicite ce soir que nous ayons les mêmes choix que les jeunes et que le public. Quand on dit qu’avec la critique, il y a un désamour avec le public et bien ce n’est pas vrai on en a la preuve ce soir à Gérardmer ».

La soirée de clôture se termine rapidement et laisse place au film The Hunters d’Etienne Huet.

La liste complète des prix remis le soir de la clôture :
– Grand Prix du Court Métrage : de Sébastien Rossignol
– Prix du Meilleur Inédit Vidéo : de
– Prix du Jury Jeune de la Région Lorraine : J’ai rencontré le Diable de Kim Jee-Woon
– Prix du Public – L’Est Républicain/Vosges Matin : J’ai rencontré le Diable de Kim Jee-Woon
– Prix de la Critique : J’ai rencontré le Diable de Kim Jee-Woon
– Prix du Jury : The loved Ones de Sean Byrne et de
– Grand Prix : de