Jeudi 27 novembre, nous avons rencontré Guillaume Gallienne à l’occasion de la sortie du film PADDINGTON de Paul King où il prête sa voix au mythique ours.
Nous en avons profité pour lui poser quelques questions !

Comment avez vous vécu le changement d’expérience entre Mr Peabody & Sherman et ?

Je n’ai pas maquillé ma voix contrairement à d’autres films, comme par exemple, le personnage de Lulu que j’avais incarné dans Sammy 2. Concernant Mr Peabody, c’est un papa contrairement à Paddington qui est un enfant. Le moteur de PADDINGTON est la naïveté, mais ce n’est pas un crétin. Il est en découverte de tout, même d’émotions graves, voire tristes. Il y va, il constate les choses, il encaisse, il me touche beaucoup. Je connaissais les livres bien avant le film. D’ailleurs, l’auteur (Michael Bond) a été traumatisé par les enfants qui portaient des étiquettes durant la Guerre et le racisme à Londres dans les années 1950. Ces deux sujets sont d’ailleurs très bien traités dans le film. C’est un récit très poétique, j’ai versé ma larme plusieurs fois en effectuant le doublage. Ben Whishaw (doublure originale) ne maquille pas sa voix non plus.

Selon vous, est-ce que les coutumes anglaises sont respectées dans le film ? Qu’est-ce que vous aimez chez les anglais ?

Elles sont présentes, mais pas trop non plus. Il y a un équilibre. Ce que je préfère dans la langue anglaise, c’est sa sonorité et sa force. J’aime tout ce qui est assez cliché comme le plaid, « A nice cup of tea », les scones, etc. Même si je parle à mon fils en anglais quotidiennement, c’est vrai que la langue anglaise me manque.

GUILLAUME GALLIENNE

© Christelle Cozzi

Après Paddington, quels sont vos projets  ?

On m’a proposé de nouveaux rôles, mais je n’ai plus envie d’en faire avant d’avoir réalisé mon prochain long-métrage. Le tournage de mon prochain film sera en automne 2016. C’est l’histoire d’une amie que je porte en moi depuis 12 ans. Je connais chaque silence, chaque respiration de cette histoire. C’est une fille qui a vécu dans une famille qui ne parlait pas et qui n’accueillait personne. Vers l’âge de 20 ans, elle est partie à Paris mais elle n’avait pas les mots pour se défendre. Elle est d’ailleurs restée très simple. Cela me demande beaucoup de travail car je n’ai pas l’habitude d’être dans un univers modeste. Je suis partagé entre l’homme de lettres et l’homme d’image durant l’écriture du scénario, je cherche l’ellipse. Etant donné que le sujet est humble, je veux un budget humble.

S’il y a suite de Paddington, souhaiteriez vous avoir un rôle physique ?

Je continuerais a faire la voix de Paddington, je ne me vois pas remplacer un des personnages physiques. Mon préféré est Mr Brown, il arrive a demeurer sympathique malgré ses propos parfois vraiment choquants. J’aime énormément Mrs Bird aussi. J’ai aussi une affection particulière envers Mrs Brown, elle est très originale. Je suis vraiment fou de son interprète, Julie Walters, mais de toute façon, elle pourrait lire le Botin que j’adorerais. [rires]

Après plusieurs doublages de films d’animations (Voyage extraordinaire de Samy, Sammy 2, Mr. Peabody and Sherman), avez-vous une acquis une certaine aisance quant au doublage ? 

Ce n’est pas une question de méthode mais d’énergie. Lorsque je double, je me plonge dans mon personnage. En général, je ne fais que peu de prises car je retiens le texte assez facilement. Je parle dans le micro naturellement sans beaucoup suivre la bande rythmo. Le doublage est également quelque chose de physique car lorsque votre personnage court, mange, est essouflé, il faut savoir rendre cette même sensation. .  Selon les doublages, je maquille plus ou moins ma voix. Il faut savoir transmettre ce que l’on veut que le personnage ressente. France Inter m’a aidé à avoir de l’aisance à l’oral car je ne lis jamais mes textes avant le début de l’émission Ca ne peut pas faire de mal.

Quel regard portez-vous sur le film ?

Nicole Kidman m’a bluffé ! Elle est d’une sincérite dans son rôle, c’est impressionnant. Le décalage entre elle et l’univers du film est dingue. On sent la colère profonde d’une petite fille meurtrie, je ne sais pas comment elle fait. Je lui tire mon chapeau pour la dernière scène car pour se prendre du fumier sur la tête et le corps entier, il faut le faire ! [rires]  Elle est sur un fil droit et n’en fait jamais trop. La puissance de jeu de tous les acteurs m’a impressionné. Quant à Paddington, il a toujours un brun de fantaisie permanent.

© Christelle Cozzi

© Christelle Cozzi

Quel est votre avis sur la polémique de la censure britannique envers PADDINGTON ?

Ces personnes ont un réel problème, elles devraient aller consulter minimum deux fois par semaine [rires]. Le politiquement correct bétifie les enfants a l’extrême. Il mène pourtant a de très bonnes choses comme la condamnation du racisme et des diverses discriminations. Malheureusement, cette condamnation condamne le travestissement. C’est un film pour enfant et s’il y a un âge ou on de déguise, c’est bien enfant, il n’y a rien de choquant dans cette scène. Quand on voit que l’on autorise des revues pornographiques à l’extérieur des kiosques à hauteur d’enfants, on se demande comment fonctionne la logique de censure.

L’avez-vous vu avec votre fils ?

Non, pas encore, je l’emmène le voir dimanche. Nous lisons les livres en ce moment afin qu’il découvre cet univers. Je l’ai prévenu qu’il y avait un moment difficile dans PADDINGTON car il fut assez marqué par un passage de Mr Peabody & Sherman. Lorsque l’on croit que Mr Peabody est mort, cela a beaucoup affecté mon fils. Il s’est retenu de pleurer jusqu’à la fin et a explosé en sanglots pendant 15 minutes après la séance !

PADDINGTON de Paul King sortira le 3 décembre prochain en salles. Découvrez également notre critique du film.

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