Après une ouverture par Jim Jarmusch qui a de quoi décevoir, le Festival entame son déroulé avec déjà une flopée de films à découvrir.

Les traditions sont difficiles à changer. Encore une fois, cette année, Cannes a débuté avec un film qui partagera l’audience. Jim Jarmusch et son Apocalypse n’ont visiblement pas ravi tout le monde. À raison, tant ce The Dead Don’t Die avance sur un rythme lent et perd beaucoup de son aura au fil des minutes. Le réalisateur américain ressasse un discours classique (les vivants sont des zombies avant l’heure, piégés par le consumérisme), tout en se cachant derrière un nombre affolant de références, autant au genre qu’à sa propre filmographie – l’aspect méta en prend derrière un sacré coup dans le dernier acte. On retiendra surtout quelques gags qui n’ont pas manqué de faire rire les festivaliers, comme cette arrivée hilarante d’Adam Driver en Smart rouge sur les lieux d’un crime. Les acteurs (en particulier Adam Driver, Bill Murray et Iggy Pop lors de ses brèves apparitions) sauvent la mise à Jarmusch mais c’est avec un léger goût de déception que l’on quittait la première séance du Festival.

Pour avoir un avis un peu plus optimiste, il faut se tourner vers notre rédacteur Aurélien, qui a été sensible à la proposition de Jim Jarmusch. Découvrez sa critique !Le lendemain, direction la Quinzaine des Réalisateurs avec un autre auteur tout aussi atypique : Quentin Dupieux. Venu présenter Le Daim, un trip horrifique mené par un Jean Dujardin brillant dans la peau d’un type qui plaque tout pour s’offrir une blouson 100% daim. Jusqu’à sombrer dans la folie. Parfois (très) drôle, régit selon des codes particuliers, le film a pour lui sa durée courte (moins d’1H20) et le ton si particulier de Dupieux. La Quinzaine s’ouvre sous de beaux auspices ! Découvrez notre critique pour avoir un avis plus complet.

Puis le gros film du jour en Compétition était Les Misérables, première tentative de long-métrage pour Ladj Ly, membre du collectif Kourtrajmé. La projection a fait sensation sur le Croisette, grâce à un sujet d’actualité (les banlieues à la dérive et la gestion parfois discutable de la BAC) et un traitement à la hauteur. Le réalisateur de Montfermeil ne sombre pas dans le manichéisme et décrit avec une vraie précision les enjeux et les contours de ces zones laissées de côté par les politiques. Les Misérables n’échappe pas parfois à des intentions trop appuyées mais on préférera retenir ses bonnes choses. Une potentielle place au palmarès est déjà à envisager. Découvrez notre critique pour avoir un avis plus complet.

Maxime Bedini

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