Le 70e Festival de Cannes a débuté ce jeudi 18 mai 2017 avec les premiers films en compétition, et pour certains, la Palme d’or est déjà là…

WonderStruck

Après une cérémonie d’ouverture, présentée par Monica Bellucci en maîtresse de cérémonie, et conclue par le décevant film d’Arnaud Desplechin, Les Fantômes d’Ismaël (Hors Compétition, notre critique ici), le 70e Festival de Cannes a véritablement démarré ce jeudi 18 mai avec les premiers films en compétition. D’abord avec Wonderstruck de Todd Haynes, particulièrement attendu cette année. De retour à Cannes, deux ans après le sublime Carol, le réalisateur américain livre un beau drame centré sur l’enfance. On y suit deux enfants sourds, vivants à deux époques différentes (1927 et 1977) mais dont les destins se lient. Flirtant entre magie et onirisme, Todd Haynes, bien que convaincant, ne devrait, a priori, pas pouvoir prétendre à la plus grande récompense.

Moins sûr pour Faute d’amour, qui aura reçu un tonnerre d’applaudissement lors de sa présentation, et dont certains y voient déjà la Palme d’or. L’enfance, c’est également ce qui aurait pu caractériser le nouveau film d’Andreï Petrovitch Zviaguintsev, dont le synopsis annonçait l’histoire d’un enfant négligé par s’est parents en plein divorce qui décide de s’enfuir. Habitué du festival – primé à deux reprises avec Elena (Prix spécial du jury en 2011, Un certain regard) et Leviathan (Prix du scénario en 2014) – le cinéaste russe surprend en s’éloignant de cette thématique pour se focaliser sur le couple et dresser un sinistre portrait de la Russie. Mais le réalisateur y va de symboliques lourdes et peine ainsi à séduire totalement.

Notre critique de Faute d’amour

 

Tandis que la Quinzaine des Réalisateurs ouvrait sur le film de Claire Denis, Un beau soleil intérieur, à Un Certain Regard, Mathieu Amalric présentait son Barbara. Notons déjà une certaine intelligence de la part de Thierry Frémaux dans le choix d’ouvrir le festival avec ce film et celui de Desplechin –  dans les deux Amalric interprète un cinéaste et révèle ses fantasmes sur les femmes. Avec son nanti-biopic, Amalric provoque parfois une certaine frustration, celle de ne pas laissait suffisamment voir la célèbre chanteuse française, décédée le 24 novembre 1997. Mais il fait néanmoins preuve d’une réelle audace et a l’intelligence de provoquer les émotions propres aux biopics, mais par des moyens réinventés, avec son style propre d’auteur.

Notre critique de Barbara

 

De son côté, la Semaine de la critique s’est démarquée d’emblée en étant la seule à ouvrir sur une œuvre étrangère, avec le film italien Sicilian Ghost Story de Fabio Grassadonia et Antonio Piazza. Un autre film qui se place à hauteur d’enfant, ou du moins, d’adolescents, avec tout ce que cela implique ; coup de foudre, rébellion, sentiment d’incompréhension face au monde adulte… Un portrait subtil et extrêmement vrai sur la jeunesse, qui se cache au fond d’un conte sombre, avec pour base un sordide fait réel – le 23 novembre 1993, la mafia kidnappa Giuseppe Di Matteo, le fils d’un « indic », et le séquestra pendant 779 jours. Le film aura reçu un excellent accueil, provoquant une forte émotion au sein des membres de l’équipe du film, restés de longues minutes enlacés les uns avec les autres et les larmes aux yeux.

L'équipe de Sicilian Ghost Story

L’équipe de Sicilian Ghost Story



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