[critique] Zabriskie Point

Los Angeles, 1969. La contestation grandit dans les milieux universitaires. Marc, un jeune homme solitaire, est prêt à mourir pour la révolution mais il se refuse à mourir d’ennui. Révolté par les arrestations arbitraires, il achète un pistolet pour se protéger. Témoin d ‘une fusillade au cours de laquelle un étudiant noir est abattu par un policier, il s’apprète à risposter quand soudain le policier est abattu. Craignant d’être poursuivi pour un crime qu’il n’a pas commis, il s’enfuit dans le désert à bord d’un avion volé…

Note de l’Auteur

[rating:9/10]


Date de sortie : 14 avril 1970
Réalisé par Michelangelo Antonioni
Film américain
Avec Rod Taylor, Mark Frechette, Daria Halprin
Durée : 1h 45min
Bande-Annonce :
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xa1iw7_zabriskie-point-bande-annonce-vost_shortfilms[/dailymotion]

Après le Londres de Blow Up en 1966, Antonioni continue de filmer, tel un reporter virtuose n’ayant pas froid aux yeux, la réalité de son temps. Avec Zabriskie Point, ce génie de la mise en scène part filmer la société américaine des années 70.

Ici, le cinéaste italien propose une vision de l’Amérique qu’il transcende par une mise en scène originale et esthétique. On retrouve dans Zabriskie Point tous les éléments de la poétique de son auteur: saturation des couleurs, supériorité du soleil sur les éclairages, alternance du classicisme des compositions et de l’abstraction éblouissante des mouvements de caméra… autant de procédés qui propulsèrent Antonioni au panthéon des grands réalisateurs de ce monde.

Zabriskie Point est un film sur la révolution estudiantine, sur une jeunesse qui apparaît perdue et rêve d’un ailleurs que la société ne lui autorise à atteindre que par l’imagination et l’art. Pour éprouver réellement cet ailleurs, qui n’est autre qu’un mélange de vie, d’amour et de liberté, Daria et Mark choisissent l’évasion hors de la société et partent pour le désert. C’est au cours de cette errance hypnotique au milieu d’un désert magnifié par la caméra d’Antonioni, qu’éclatent l’une des plus belles scènes d’amour du cinéma, une scène d’une poésie vibrante poussée à l’extrême et un final qui encore aujourd’hui nous procure des sensations inégalables avec une scène d’explosion, qui n’est autre que la vision fantasmée de son auteur de l’explosion de la société, transcendée par l’univers musical des Pink Floyd.

Côté casting, Mark Frechette et Daria Halprin sont inoubliables. Sans eux, Zabriskie Point n’aurait pas eu cette saveur inoubliable, ce goût parfumé qui alerte nos sens et ne nous quitte plus, cette sensation d’extase et de liberté qui fait tous le charme de ce métrage. Un couple magnifié à l’écran, un couple exceptionnel qui ne peut s’oublier. Pour la petite anecdote, Zabriskie Point sera le seul et unique rôle de Daria Halprin et le dernier rôle de Mark Frechette, retrouvé mort dans sa prison (sa gorge fut écrasé par un haltère) après avoir tenté de braquer une banque.

Assurément culte et intemporel, Zabriskie Point est un film qui restera à jamais gravé dans les mémoires. Une ode à l’amour, à la tolérance, à l’espoir retranscrite à merveille par un Antonioni étincelant. A la sortie de la projection, un seul mot nous vient à l’esprit : Liberté !

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shan
shan
Invité.e
21 mai 2018 10 h 09 min

elle fit un autre film après et dur à trouver
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daria_Halprin#Filmographie

Tietie007
Tietie007
Invité.e
5 avril 2013 4 h 40 min

Ca y’est, je l’ai vu !

Tietie007
Tietie007
Invité.e
20 janvier 2011 19 h 43 min

Moi aui aime beaucoup Antonioni, notamment l’Eclipse, il faut quand même que je regarde celui-là !

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