Que ce soit pour le plaisir des yeux ou pour les valeurs qui y sont défendues, L’ÉCOLE BUISSONNIÈRE est le film à voir en famille pendant les vacances de la Toussaint.

Après Belle et Sébastien, Nicolas Vanier, grand amoureux de la nature, reste dans le registre enfantin, mais aux paysages enneigés des Alpes substitue ceux de la Sologne, territoire de son enfance. Sur fond d’intrigue familiale, Paul (Jean Scandel), petit parigot orphelin, va s’initier à la vie en forêt grâce à l’aide de Totoche (François Cluzet), gentil braconnier au cœur tendre poursuivi sans relâche par Borel (Eric Elmosnino), le garde chasse qui l’héberge. Un scénario simple et relativement prévisible largement compensé par de sublimes images de la faune et de la flore qui séduiront petits et grands.

Photo du film L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE

Totoche (François Cluzet) et Borel (Eric Elmosnino) rivaux mais tous deux amoureux de la nature

Inspiré de son propre roman Le Grand Brame, L’ÉCOLE BUISSONNIÈRE aborde tous les thèmes chers à son réalisateur, à commencer par la préservation de la nature et de l’écosystème de la forêt qui s’illustre, ici, par son engagement contre certaines pratiques de la chasse. C’est pourquoi Il y filme comme rarement la beauté des animaux dans leur décor naturel et insiste sur leur nécessaire protection : renards, sangliers, hérons, chevaux, chiens de chasse, lapins et cerfs majestueux sont de la partie et ajoutent à la féérie des lieux, magnifiés par les lumières d’automne.

« Resserrer les liens du sang ou du cœur, s’entraider, s’enrichir d’autres cultures, continuer à échanger, sont autant de messages véhiculés en sous-texte de l’École Buissonnière. »

Parmi ses thèmes récurrents on retrouve également l’importance de la transmission : celle des pratiques (la pêche à la mouche et la fabrication des hameçons par exemple) mais aussi, par ce biais, celle des valeurs. A travers les jolies histoires qu’il raconte, et celle-ci n’y fait pas exception, Nicolas Vanier sous-tend l’idée que ces héritages sont précieux et ne peuvent circuler que par le maintien des échanges humains qui ont tendance à se virtualiser ou disparaître. Resserrer les liens du sang ou du cœur, s’entraider, s’enrichir d’autres cultures (en l’occurrence celle des gitans), continuer à échanger, sont autant de messages véhiculés en sous texte de L’ÉCOLE BUISSONNIÈRE, celle qui apprend la vie…

Photo du film L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE

Paul (Jean Scandel) arrive en Sologne avec Célestine (Valérie Karsenti) qui s’est résolue à le retirer de l’orphelinat

Les langues se délient doucement et les secrets de famille s’évanouissent au contact du jeune Paul – merveilleusement interprété par Jean Scandel qui brille dans son premier rôle – mais c’est surtout de Totoche que le spectateur s’éprend. François Cluzet se fait rassurant, profondément humain et attachant sous ses airs un peu rustres, passionnant tant il recèle de secrets sur la forêt. Un charmant duo qui évolue sous le regard bienveillant de Valérie Karsenti, particulièrement touchante dans le rôle d’une « maman Célestine » sans cesse dévouée aux orphelins à défaut d’avoir pu elle-même enfanter.

Un casting attractif judicieusement complété par Eric Elmosnino et François Berléand mais il faut bien avouer que la véritable star de ce film n’est autre que Dame Nature. C’est pour elle, bien plus que pour la trame qui se joue sur ses terres, que l’on tiendra deux heures sans trouver le temps trop long et que l’on peinera à sortir de la salle pour contempler, encore, la beauté inouïe des dernières images.

Stéphanie Ayache

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[CRITIQUE] L'ÉCOLE BUISSONNIÈRE
Titre original : L’école buissonnière
Réalisation: Nicolas Vanier
Acteurs principaux : François Cluzet, Eric Elmosnino, Jean Scandel
Date de sortie : 11 octobre 2017
Durée : 1h56min
3.0Contemplatif
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