Affiche du film ANTIVIRAL

L’avenir proche. Syd March est employé d’une clinique qui vend des injections de virus contractés par des célébrités à leurs fans. Une expérience de communion biologique, à prix d’or. En parallèle, il fournit au marché noir des échantillons de virus qu’il s’injecte afin de passer les sécurités de la clinique. Jusqu’au jour où il s’infecte d’un virus mortel contracté par la sensation Hannah Geist, et devient la cible des collectionneurs les plus enragés. Il n’a alors plus qu’un objectif : percer le secret de cette maladie afin d’en trouver l’antiviral.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 13 Mars 2013
Réalisé par
Avec , ,
Film canadien
Durée : 1h45min
Titre original :
Bande-annonce :

Dans la famille Cronenberg, je demande le fils. Après les nombreuses oeuvres du père David, voici le premier long-métrage du fils Brandon. Une question se pose après ce film. La relève est assurée ? L’héritage est sauf ? Le père s’est attaqué aux mutations, à la sexualité et au contact de l’humain avec ce qui l’entoure. En effet, se concentre surtout sur la relation de l’homme avec la menace externe. Et cela lui a bien réussi lorsque qu’il a débuté dans l’épouvante, ou quand il est passé dans le thriller ou l’érotisme. De à , le père Cronenberg s’est montré passionné par l’exploration des frontières entre les mondes réel et virtuel. Qu’en est-il du fils ? Même sang, même combat ?

Premier élément commun avec son père, le film du fils Cronenberg est visuellement violent, radical et provocateur. Il n’y a qu’à repenser à ces plans où Brandon filme les aiguilles dans la peau, les aiguilles dans la bouche, l’aiguille dans le nez, … Aussi sadique que son père. Mais là-dessous se cache surement un message d’amour. Comme l’amour que l’on a pour les autres, et surtout l’amour des fans pour leurs idoles. Brandon Cronenberg prend cet amour comme sujet de son film, là où les fans peuvent contracter les virus de leur idole rien qu’avec une piqûre.

Une façon de se rapprocher des autres, des personnes que l’on aime. Mais pourquoi ? Pour être comme les autres. Après les explorations du père, voilà la proposition du fils à l’amour. Etre comme l’autre est gage de grand amour. Bien que le film ne cite jamais ce sentiment. Et dans tous ses plans, on sent l’empreinte (je devrais dire les gênes) du père. Le blanc, signe de paix, de calme et de tranquillité dans ce monde de fou où le viral est de mise. Viral, le thème principal du cinéma du père.

Photo (1) du film ANTIVIRAL

Le rouge sur le blanc et un devenir blanc car le rouge coule, Brandon Cronenberg a tout compris dans la relation entre l’être et le paraître.

Le plus grand trait du film, c’est sa façon de nous poser le sujet très tranquillement et de partir à grands coups dans le cinéma de papa. Sadique et amoureux, Brandon Cronenberg assure l’héritage. Mais Brandon est le double de son personnage principal, Syd. Celui qui est infirmer de la clinique qui injecte les virus dans le système des fans, est également un trafiquant de ces virus. Brandon, lui, est l’héritier du cinéma de papa mais le fait à sa manière. Ils font les deux à la fois, pour intégrer le processus mais aussi pour s’en démarquer. Pas question de rester dans l’ombre de papa et de la clinique, ils veulent être quelqu’un.

Là où le gore arty domine le film du fils Cronenberg, se même également un côté film d’espionnage, un peu de science-fiction et un thriller sadique et sombre. Un côté noir en contraste avec les images du film, où le blanc est plus présent que d’autres couleurs. Mais là Brandon Cronenberg ne s’arrête pas là, il se sert de tout cela et du côté épouvante et provocateur de son film pour pousser toujours plus loin la naïveté des fans et la dérision du produit proposé à ces groupies.

Avec une musique captivante, le film nous entraîne dans l’exploration de la frontière entre l’être et le paraître. Un jeu que ces personnes vont avoir de plus en plus mal à supporter et à contrôler. Et c’est là l’objectif premier du film de Brandon Cronenberg : rester dans les thèmes de papa en filmant le corps devenant blanc car il se vide de son sang rouge, tout en filmant le sang rouge couler sur le blanc clinique. Frissons. Tout comme l’acteur principal, Caleb Landry Jones, surprenant dans sa composition de la décomposition de son corps et de son être.

Ce qu’il faut voir dans ce film, c’est cette manière de nous parler de la société actuelle. Au-delà de la volonté d’être comme les autres au point d’en devenir fou et décomposé, il y a dans ce film la dérive de la société moderne dans ce désir d’utopie. Une utopie que Brandon Cronenberg dématérialise petit à petit au profit de la création d’un humain sauvage : l’homme se déshumanise, devenant ainsi un monstre sans limite et toujours en train d’en demander plus.

Photo (2) du film ANTIVIRAL

Finalement, Antiviral est un film malsain à souhait sous contrôle clinique. Réponse à la question que tout le monde se pose : oui, l’héritage de papa David est sauf et oui, la relève du nom Cronenberg est assurée. Brandon Cronenberg, tout en gore arty et thriller, nous livre un film bien plus collant à la réalité qu’il ne paraît être. Un film d’amour qui ne dit pas son nom, dans la volonté des hommes de créer une utopie où on veut être comme les autres. Le rouge sur le blanc et un devenir blanc car le rouge coule, Brandon Cronenberg a tout compris dans la relation entre l’être et le paraître.