Ah, la Norvège. Son hiver rugueux, ses jus de carottes “made in Ikea”, ses chasses-neige omniprésents et ses criminels timbrés. Qu’ils soient trafiquants de drogue ou simple citoyen de l’année, il n’a jamais été aussi simple de tuer.

Illustration parfaite avec le personnage de Nils, joué par un Stellan Skarsgard monolithique, auquel le terme de tueur froid a rarement été aussi bien approprié. Simple conducteur de chasse-neige, il se transforme en redoutable justicier lorsqu’il apprend la mort de son fils, maquillée en crise d’overdose. Pas dupe, l’homme se lance alors dans une quête vengeresse comme on en a, paradoxalement, peu vue au cinéma.

En effet, In order of Disappearance (titre anglais du film, plus significatif) ne tire pas son originalité uniquement de par le lieu dans lequel se situe son histoire. Car si les cadrages et l’utilisation de la lumière servent à merveille la beauté naturelle des paysages, c’est surtout l’arrivée d’une deuxième intrigue entremêlée à la première, de facture très classique, qui nous surprend.

L’occasion pour le réalisateur d’ajouter encore plus de personnages hauts en couleur destinés à agrandir toujours plus l’avalanche de cadavres qui s’amoncèlent.

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On assiste à chaque disparition avec une certaine réjouissance grâce aux nombreuses touches de comique ici et là, qui naissent souvent de la personnalité des protagonistes ou de partis pris de mise en scène : chaque mort est suivie d’un carton noir avec un nom et une croix, façon pierre tombale.

Refroidis est une excellente surprise venue du froid, à mi-chemin entre un Tarantino, Snatch et Fargo. Réjouissant.

Le film nous évoque forcément les Kill Bill (la fameuse liste de Black Mamba) et plus globalement le style d’un Tarantino dans son écriture, Snatch pour sa galerie de joyeux lurons et bien sûr Fargo pour l’ambiance générale.

Et il y a de quoi s’en frotter les mains, puisque ces références n’entravent presque jamais la singularité envoûtante de l’ensemble, jusqu’à un final jouissif qui vient confirmer le talent scénographique de Hans Petter Moland.Seul bémol, qui n’entravera quasiment pas la vision, on se demande lors de la seconde moitié si cette petite histoire n’aurait pas pu tout aussi bien se tenir sur 20 minutes de moins.

REFROIDIS est la surprise venue du froid qu’on attendait pas, un très bon moment de cinéma qu’il faut découvrir, pour peu que l’on ne soit pas insensible aux polars décalés violents, parfaitement calibrés et très efficacement narrés.

INFORMATIONS

AFFICHE


Titre original : Refroidis
Réalisation : Hans Petter Moland
Scénario :  Kim Fupz Aakeson
Acteurs principaux : Stellan Skarsgard, Bruno Ganz, Pal Sverre Valheim Hagen
Pays d’origine : Norvège
Sortie : 24 septembre 2014
Durée : 1h56min
Distributeur : Chrysalis Films
Synopsis : La Norvège, l’hiver. Nils, conducteur de chasse-neige, tout juste gratifié du titre de citoyen de l’année, apprend le décès de son fils par overdose. Réfutant cette version officielle, il se lance à la recherche des meurtriers, et va se forger une réputation de justicier anonyme dans le milieu de la pègre. Si la vengeance est un plat qui se mange froid, la sienne sera glacée !

BANDE-ANNONCE

[CRITIQUE DVD] REFROIDIS

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