Après trois documentaires inspirés de son séjour au Vietnam, le documentariste Boris Lojkine signe avec HOPE son premier film de fiction, présenté à la 67e édition du Festival de Cannes (du 14 au 25 mai 2014) lors de la Semaine de la critique où il remporta le Prix SCAD1. Le réalisateur français traite là d’un sujet pour le moins original mais extrêmement complexe. Si son regard sur l’immigration s’avère intéressant et loin des facilités, il ne parvient pas pour autant à convaincre sur l’ensemble de son œuvre qui se résume à une succession de brutalités et d’actes dramatiques durant une longue traversée.

En route vers l’Europe, Hope (Endurance Newton) rencontre Léonard (Justin Wang). Elle a besoin d’un protecteur, il n’a pas le cœur de l’abandonner. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d’avancer ensemble, et de s’aimer.

Boris Lojkine observe avec détachement le parcours de ses deux personnages, les difficultés et les obstacles qu’ils doivent surmonter, comme il pourrait le faire pour un documentaire. HOPE débute dans le désert tandis qu’un groupe d’Africains marche vers le Nord. Dans ces décors difficiles d’accès le réalisateur va au plus simple dans sa mise en scène. Il parvient à faire oublier sa caméra et le côté fictionnel de son œuvre. Malheureusement le film s’enlise rapidement dans les malheurs de ses personnages, interprétés avec justesse par deux acteurs amateurs.

© Pyramide Distribution

© Pyramide Distribution

La première escale a lieu au Maroc dans un camp Camerounais. Si Leonard est à sa place, ce n’est pas le cas de Hope qui n’est pas Camerounaise mais Nigériane. Alors qu’il la connait à peine, Leonard accepte de s’en porter garant et de prétendre être son mari pour éviter qu’elle soit remise au groupe Nigérian. Débute pour lui une série de difficultés qui ralentissent le voyage qu’il aborde comme une mission. Car s’il veut rejoindre la France c’est uniquement dans le but de travailler pour envoyer de l’argent à ses proches et faire vivre sa famille. Dans ce camp contrôlé par un groupe d’hommes, Leonard est maltraité, dépouillé et marié de force à Hope. Débute alors une relation étrange entre les deux personnages. Car Leonard n’hésite pas longtemps à devenir le proxénète de Hope qui se prostitue pour financer la suite du voyage. Si l’ensemble se veut réaliste et apparait authentique et honnête de la part du réalisateur, ce rapprochement des personnages se révèle très soudain et confus. De plus tandis que Leonard évolue de manière cohérente, Hope quant à elle suscite bien moins d’empathie malgré sa condition. Elle est à l’origine des maux de son compagnon et provoque les actes immoraux qu’il commettra. On en viendrait presque de manière cynique à regretter l’aide apportée par Leonard à la jeune fille au début du film.

”Malgré ce sujet intéressant, notamment sur le racisme entre les communautés africaines, il manque finalement à HOPE une intrigue plus surprenante pour pouvoir convaincre.”

On comprend la volonté du réalisateur de montrer les conditions terribles que vont connaitre ses protagonistes. Cela reste maigre pour nous garder attentif jusqu’au bout. Car lorsque le couple, n’ayant d’autres solutions, décide de rejoindre un groupe de Nigérians, l’inversion des rôles et du racisme subit fait redite. La séquence finale qui devrait être l’ultime obstacle qui sépare les héros de leur objectif (la France) n’a alors plus beaucoup de saveur et semble dérisoire. Malgré ce sujet intéressant, notamment sur le racisme entre les communautés africaines, et une émotion certaine, il manque finalement à HOPE une intrigue plus marquée pour pouvoir convaincre.

Les autres sorties du 28 janvier

INFORMATIONS

© Pyramide Distribution

 
 
 
Titre original : Hope
Réalisation : Boris Lojkine
Scénario : Boris Lojkine
Acteurs principaux : Justin Wang, Endurance Newton
Pays d’origine : France
Sortie : 28 janvier 2014
Durée : 1h31mn
Distributeur : Pyramide Distribution
Synopsis : En route vers l’Europe, Hope rencontre Léonard. Elle a besoin d’un protecteur, il n’a pas le coeur de l’abandonner. Dans un monde hostile où chacun doit rester avec les siens, ils vont tenter d’avancer ensemble, et de s’aimer.

BANDE-ANNONCE

Laisser un commentaire

Please Login to comment
avatar
  S'abonner  
Notifications :

[Critique] Hope

0