La dernière marche de la 317e section qui, lors de la bataille de Dien Bien Phu, reçoit son ordre de repli. La section est composée de quarante et un supplétifs Laotiens et de quatre Français. Huit jours plus tard, la 317e section n’existe plus, mais pendant cette terrible marche, deux hommes, l’adjudant Willsdorf, alsacien, incorporé de force dans l’armée allemande et le sous-lieutenant Torrens, frais émoulu de Saint-Cyr, vont apprendre à se connaître et à comprendre, même l’absurde.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 31 mai 1965
Réalisé par Pierre Schoendoerffer
Film français, espagnol
Avec Jacques Perrin, Bruno Cremer, Pierre Fabre
Durée : 1h40min
Titre original : La 317ème section
Bande-Annonce :

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A l’occasion de « Cannes Classics », le Festival de Cannes propose de voir ou de revoir, en tout cas de redécouvrir de manière inédite, un grand film de l’histoire du cinéma. Cette année, parmi une riche sélection, La 317ème section de Pierre Schoendoerffer, une œuvre récemment restaurée, nous est alors présentée. Ce film avait obtenu le prix du scénario au Festival de Cannes en 1965 et s’impose toujours comme un opus majeur auprès d’un public contemporain.

La 317ème section est un film de guerre français qui a su trouver le ton juste : Pierre Schoendoerffer s’est inspiré de son expérience personnelle de la guerre d’Indochine : au sein de cette jungle, à la fois protectrice et terre de morts, les sons transportent plus de sens que les images. L’émotion naît moins des scènes de fusillade que de l’attente, de l’écoute et de l’espoir des soldats, ici au front pour mourir inutilement.

Le tournage fut difficile, rendant ainsi crédible le jeu des comédiens accompagné d’une petite équipe de 6 techniciens, plongée dans une forêt Cambodgienne. Malgré des difficultés telle que la saison des pluies, la qualité est pourtant au rendez-vous : les images que nous propose le directeur de la photographie, Raoul Coutard, sont magnifiques, tout comme la mise en scène de Pierre Schoendoerffer pour isoler, au sein de cette jungle, une section militaire.

L’isolement, au travers ce film, devient une réalité pour le spectateur qui partage dès lors, le quotidien de ces soldats ; c’est un huis-clos dont les frontières sont sans cesse maintenues par une armée ennemie, bien souvent invisible. De ce contexte, naissent de nombreuses scènes qui abandonnent le spectateur à sa propre claustrophobie : les personnages, par peur et par reflexe, ouvrent le feu vers l’épaisse et inerte forêt, la fumée recouvrant des zones de combats brouille la visibilité, des soldats français tombent mais rien ne nous informe sur la provenance de la balle meurtrière, etc.

Quand, enfin, l’horizon se découvre au sommet d’une colline, l’angoisse nous saisit davantage : l’immensité de la jungle s’étend à perte de vue et nous enferme de nouveau, par l’absence apparente de frontières. Il faut y rester jusqu’à ce qu’une armée en sorte victorieuse, où jusqu’à y périr. Les soldats ne peuvent fuir ce combat imposé : ils sont conscients que la mort des leurs n’est que le pâle reflet de leur proche avenir. L’héroïsme nait moins du combat que de l’acceptation de sa propre fin.

Cette œuvre cinématographique n’a pas pour but d’appâter le spectateur par diverses scènes impressionnantes mais plutôt de l’abandonner, face à lui-même, dès la fin de la séance. Il s’agit là d’un film marquant mais non traumatisant, qui ne revendique aucune position politique mais s’affiche plutôt comme la peinture d’un passé bien trop réel.