Photo 1 du film LA VIERGE MARGARIDA

1975. Mozambique. Le gouvernement révolutionnaire tient à éliminer toutes traces du colonialisme au plus vite, y compris la prostitution. Toutes les prostituées des villes sont arrêtées et enfermées dans un camp isolé. Elles y sont ensuite rééduquées, changées en « femmes nouvelles » et surveillées par des femmes soldats. Margarida est l’une des cinq cents prostituées du camp. Jeune campagnarde de quatorze ans, elle était en ville pour acheter son trousseau et, se trouvant sans papiers d’identité, elle s’est faite arrêtée. Une révélation inattendue va changer son sort : Margarida est vierge. Les prostituées non seulement l’adoptent et la protègent, mais elles finissent même par la vénérer comme une sainte.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : Inconnue
Réalisé par Licínio Azevedo
Avec Iva Mugalela, Sumeia Maculuva, Ermelinda Cimela, Rosa Mario, Ana Maria Albino, Ilda Gonzales, Eleuterio Alex
Film mozambicain, français, portugais
Durée : 1h27min
Titre original : A Virgem Margarida
Bande-originale :

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On a rarement l’occasion de voir un film venant du Mozambique. C’est même très rare. Et c’est avec curiosité qu’il faut se rendre dans un cinéma pour voir ce film. Un film surprenant par sa forme et par son récit partagé entre deux sujets assez bien reliés.

Tout d’abord, ce film s’apparente comme une série B. Il ne faut pas prendre tout ce qui est raconté au pied de la lettre et voir les séquences avec recul. Et parfois avec amusement, avec une pointe d’humour insérée par-ci par-là. Nous avons le droit ici à un film qui fait preuve d’une grande énergie, et très vif.

Digne des meilleures séries B, on voit que le réalisateur ne se refuse rien et va aussi loin qu’il le veut ou même qu’il en a besoin. Sans aucun tabou, ce film s’inscrit dans les films qui montrent un fait sans dénoncer. Un point de vue bien caché entre la liberté et le respect de soi-même mais avant tout un film qui fait place au fun.

Sauf qu’un film totalement fun ne serait pas drôle ici. En effet, le récit contient un trait politique avec la fin de la colonisation. Un sujet puissant et très bien exploité dans cette volonté de faire avancer les choses dans un pays en reconstruction. Tout ce qui peut faire rappeller le passé douloureux est à effacer pour se construire une nouvelle vie bien meilleure.

De plus, on a le droit à un film en sorte de prison. C’est un huis-clos extérieur si je peux m’exprimer vulgairement. Toutes ces filles enfermées dans un même camp, soumise à l’autorité d’autres personnes. La tension et les nerfs qui montent dans ce genre de situation est parfaitement retranscris, sans vouloir le surjouer ou en faire trop.

Photo 2 du film LA VIERGE MARGARIDA

A la fois film politique et film prison, une série B qui porte haut les couleurs du Mozambique en quête de liberté.

La vie en commauté est privilegiée dans cette “prison”. Apprendre à vivre ensemble, à s’entendre les uns les autres pour mieux vivre. C’est une cassure nette avec le passé de colonisation mais c’est aussi une leçon de socialisme. Bien qu’il y ait des supérieurs qui nous soumettent des règles et des lois, il faut apprendre à vivre tous ensemble pour rendre un monde meilleur à nos prochains.

A noter également à côté de tout cela une mise en scène exquise et qui détent. Le cinéaste brésilien n’a pas peur des grands mouvements et de rester fixe l’instant d’après. Du moment que c’est utile à la scène, c’est agréable à voir. Il était aussi bien aidé avec des actrices étonnantes dans leurs costumes de prostituées qui doivent s’arrêter, un peu comme si un fumeur doit soudain arrêter de fumer.

A l’instar de certains films qui sont de vrais trains fantômes, ce film nous met à l’aise un instant pour être cruel envers ses personnages l’instant d’après. Et savoir faire cela relève d’une parfaite maitrise du genre que l’on met en boîte. Et le mieux au cinéma, c’est quand quelques genres, comme ici, ou plusieurs sont mélangés pour ne former qu’un seul film unique.

Finalement, La Vierge Margarida est un film qui porte haut les couleurs du Mozambique. Le cinéaste brésilien Licínio Azevedo a merveilleusement su jouer avec son récit pour le transformer en série B. A la fois politique et film “prison”, il n’oublie pas d’être amusant et agréable à voir. En quête de liberté mais aussi d’une vie meilleure après un passé de colonisés à oublier, les personnages de ce film nous montre que vivre tous ensemble est possible.

Photo 3 du film LA VIERGE MARGARIDA

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