SEX DOLL, le septième long-métrage de Sylvie Verheyde, avant tout connue pour Confession d’un enfant du siécle  avec Pete Doherty, aborde de manière plus frontale que précédemment la jeunesse en proie au désespoir et au désenchantement. Dans SEX DOLL, dont le titre est relativement explicite, il s’agit donc de suivre Virginie, de son vrai nom Malika, qui est « pute » de luxe à Londres, ayant laissé ses sept frères et sœurs en France. Alors que Virginie gère sa carrière dans la froideur apparente la plus totale, tout se complique lorsqu’elle rencontre Ruppert, un mystérieux jeune homme, ni beau, ni riche, mais qui fait battre son cœur. Amour et sexe tarifé ne font pas bon ménage…. Qui est-il, pourra t-il la sauver, parviendront-ils à se sauver l’un et l’autre de l’errance ?

Photo du film SEX DOLL

Malika devient Virgine quand elle travaille avec de riches hommes d’affaire…

Le décor est assez vite et plutôt bien planté. Immédiatement le film s’ouvre sur une scène de sexe (qui seront nombreuses), où de riches hommes d’affaires semblables à des cochons (peau rouge et graisseuse aux pore dilatées) s’excitent sur le corps si jeune, coquet mais déjà désenchanté de Virginie, dont le regard reste impassible. Il y les soirées en boite de nuit où on ne s’amuse pas, où on fait semblant. Comment Virginie pourrait-elle s’amuser alors que toute l’innocence qui rend la beauté aux choses a déjà, chez elle, été anéantie ? Et puis il y a aussi les rendez-vous avec la mère maquerelle (parfaitement jouée par Karole Rocher, qui décidément est une grande actrice), et les séances d’habillage… Tous les ingrédients sont réunis et sur le papier, le film est plutôt alléchant. Pour autant, à regret, SEX DOLL reste relativement irrégulier, ne parvient pas totalement à happer le spectateur, et les raisons apparaissent très rapidement.

“La réalisatrice réussit à moitié son pari de nous parler du désenchantement, de la rue et du sexe dans les hôtels de luxe. Pour autant, son film est tiré vers le bas par, peut-être, une erreur de casting pour le rôle principal.”

Tout d’abord le film est extrêmement long à s’installer, ce n’est qu’à la quarantième minute que le scénario amène une tension (qui tiendra ensuite jusqu’au bout). Mais si l’exposition semble longue, alors qu’à bien y réfléchir, tout y est nécessaire, c’est pour deux raisons. Tout d’abord une faiblesse de jeu et ensuite d’écriture. SEX DOLL a l’ambition de jouer sur un cheminement psychologique et un enjeu dramaturgique, or, le premier est très mal incarné et le second manque d’épaisseur. La comédienne, Hafsia Herzi, qui a certainement été choisie pour son air froid et absent (qui sert son personnage à certains moments), apporte trop peu de nuances à son interprétation et donne une sensation de mono-jeu tout le long du film. Il en va de même pour son phrasé très monocorde et la gestion de son corps, tout de même très engoncé dans lui même, vu son emploi. Son personnage évolue, mais son jeu reste le même, sa posture demeure toujours passive… Ca ne fonctionne pas, on ne la suit pas.

Il n’y a en revanche rien à redire sur la performance de Ash Stymest, mystérieux et brumeux à souhait, qui incarne superbement son rôle (c’est lui qui porte le film sur ses épaules tatouées), si ce n’est qu’il est bien trop jeune. Comment faire jouer à un jeune homme de 25 ans, au regard d’enfant, un homme abîmé par la vie, clopant, buvant en arpentant les rues de Londres la nuit, pour sauver les prostituées en détresse? On imagine quand même mieux à cette place un bon quarantenaire bien charismatique, en tous cas un homme avec quelques rides sur le front… C’est dommage, car même s’il est excellent, on a du mal à y croire..

Photo du film SEX DOLL

Le très bon, mais néanmoins trop jeune Ash Stymest, en ange gardien…

SEX DOLL jouit cependant d’une belle mise en scène, certains plans s’envolent et créent l’émotion ainsi qu’un engouement esthétique, mais l’intrigue principale autour du milieu de la prostitution manque de profondeur. La réalisatrice réussit donc à moitié son pari de nous parler du désenchantement, de la rue et du sexe dans les hôtels de luxe. C’est l’histoire (secondaire) d’amour, jolie et tendre, qui génère la seule adhésion et qui est finalement le véritable point fort du film. SEX DOLL est donc tiré vers le bas, probablement par une erreur de casting pour le rôle principal. Car de la petite sœur à l’amie, en passant par le chauffeur, et même la jeune recrue, tous les autres rôles, en trois ou quatre scènes apportent la puissance et l’instinct qu’un tel film exige. C’est dommage, c’était un beau sujet.

Sarah

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Franck
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Franck

Mon avis c’est que les vraies sex doll existent et elles sont plus sexy que les actrices :p

[CRITIQUE] SEX DOLL

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