THE SCRIBBLER : une honnête série B qui compense son manque de moyens par une ambition démesurée concernant les aspect techniques.
Le film se définit donc par l’excès et de nombreuses influences, mais au final réussit à convaincre – à défaut d’avoir de la personnalité.

L’histoire : Suki est atteinte de schizophrénie : plusieurs personnalités la composent, dont une, The Scribbler, à la particularité d’être muette mais d’écrire partout, et à l’envers. Cette facette d’elle même semble plus influente que les autres.
Considérée comme folle, Suki est placée par ses psychiatres dans un endroit, la Tour Juniper, sensée protéger ses habitants du suicide lié à la folie. Seulement voilà. Depuis son arrivée, les morts mystérieuses s’enchaînent…

D’emblée, le spectateur est plongé dans un univers qu’il ne connaît ni ne comprend. Le réalisateur John Suits, installe dès les présentations, une ambiance sombre, glauque et singulière, coincée entre le polar (Le récit est une enquête menée à posteriori par Suki, beaucoup de voix-off), et une esthétique très Terry Gilliam-esque ou même Carpenter-ienne (L’antre de la folie)

© Splendid

© Splendid

D’ailleurs, étrangement, ce sont les références qui permettent l’accès au film, et non le script. Ainsi, dès l’intro, Suki s’autoproclame reine de la folie… Le film suivra dès lors une logique scénaristique totalement incompréhensible – presque folle !
Un script difficile d’accès renforcé par une réalisation télévisuelle (outrée), un montage hystérique, une photo hyper saturée… Cet excès dans la mise en scène finit néanmoins par littéralement devenir le sujet du film : la folie.
Pour la représenter, John Suits associe à sa mise-en-scène, énormément de gimmicks*. Gimmicks visuels, mais également sonores.
Aucun de ces gimmicks n’est original : ici, Fight Club/Panic Room, là Memento, ou encore The Machinist, Watchmen, The Fountain, et bien d’autres. Les sonores, eux, font directement penser à la culture jeu vidéo (Silent Hill, Bioshock, etc.)
Ensemble, ils participent à cette ambiance indescriptible, car éclectiquement multi-influencée, et par là, reconnaissable et accessible.

”la schizophrénie du personnage devient la schizophrénie du film, et finit par constituer un ensemble cohérent”

L’interprétation, elle, est assez moyenne. Katie Cassidy confond expressions faciales/corporelles appuyées, avec l’implication dans son rôle.
A l’exception de Garrett Dillahunt – comme toujours parfait, le casting est assez désintéressé… Ce qui n’est pas vraiment une tare, mais plutôt un gimmick supplémentaire, celui de la série B, ou du jeu vidéo.

Le film est donc une accumulation de gimmicks* qui façonnent le récit en chapitres, formant plusieurs boucles successives. Chacune possédant plus d’ampleur que la précédente, mais suivant un pattern heureusement brisé par le chapitre final : les différentes pistes scénaristiques convergent vers un dénouement surprenant, débridé et imprévisible.


THE SCRIBBLER
est donc défini par toutes ces références à d’excellentes œuvres et genres, eux mêmes pétris de références à un cinéma plus ancien… Immanquablement, cela donne un coté déjà vu à l’ensemble ; la schizophrénie du personnage devient la schizophrénie du film, et finit par constituer un ensemble cohérent, à défaut de lui donner de la personnalité. Le film de John Suits ne cherche donc pas vraiment à révolutionner quoi que ce soit, mais plutôt à divertir par l’excès.
Excès d’influences, excès scénaristiques, excès esthétiques, interprétation excessives… Le film retombe néanmoins sur ses pattes, dans un final excessif, évidemment.

Par ailleurs, du 1er au 16 octobre 2014, nous vous proposons de participer à un concours pour gagner des codes iTunes et découvrir le film par téléchargement VOD !

INFORMATIONS

RECTO VOD THE SCRIBBLER

Titre original : The Scribbler
Réalisation : John Suits
Scénario : Daniel Schaffer
Acteurs principaux : Katie Cassidy, Eliza Dushku, Garrett Dillahunt, Gina Gershon
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : En VOD le 1 er octobre
Durée : 1h29min
Distributeur : Pathé
Synopsis : Antichambre de l’enfer sur terre, la Tour Juniper regroupe une variété de sociopathes et dégénérés mentaux, violents de préférence.
Un enfer dans lequel vit Suki, une jeune femme qui tente de vaincre sa maladie mentale à l’aide d’un nouveau traitement dont elle ne contrôle pas tous les effets… Alors que les meurtres se succèdent à Juniper, Suki va très vite devenir le suspect n°1.
BANDE-ANNONCE

* Dans le domaine du cinéma, un gimmick est un effet visuel, une manière de filmer, ou encore des tournures de langages propices à identifier intrinsèquement son auteur
Ex : Brian De Palma et son Split-Screen
Sergio Léone et son alternance de gros plans et de panoramiques
Jack Nicholson et ses tics visuels exprimant la folie
Terrence Malick et ses atmosphères crépusculaires, ses personnages qui flannent dans les hautes herbes, etc.