Lorsqu’il s’agit du cinéma coréen, il vaut mieux toujours se méfier des genres et des synopsis annoncés. Une comédie pouvant facilement virer à l’horreur, ou un polar noir pouvant donner une part importante à l’émotion. On était donc forcément curieux de voir ce que pouvait réservait THE BACCHUS LADY qui, de prime abord, apparaît comme un drame plutôt démoralisant sur une femme de soixante ans qui se prostitue dans un parc de Séoul. Et le résultat est bien loin de tout ce qu’on pouvait attendre.

Le réalisateur E J-yong – peu connu en France mais qui jouit d’une certaine réputation en Corée du Sud – abordant cette histoire sans jamais tomber dans le misérabilisme. Mieux, il parvient à nous faire rire et à nous faire garder le sourire presque tout du long, sans pour autant minimiser la situation de son personnage principale, et des personnes âgées en général qui se retrouvent isolées.

Photo du film THE BACCHUS LADY

En effet il ne s’agit pas tant de nous plonger dans l’univers de la prostitution que de mettre en avant les oubliés, ceux que la société met de côté. Il y a bien sûr So-young (Yoon Yeo‑jeong), la « Bacchus Lady », et ses vieux clients qui la considèrent désormais comme une amie. Seuls ou malades, atteints d’un cancer ou d’Alzheimer, ils n’attendent plus que la mort et trouve en So-young un certain réconfort, une aide nouvelle. Mais THE BACCHUS LADY met également en avant ce jeune enfant philippin recueilli par So-young pour évoquer la question de la paternité. Car il y en aura bientôt beaucoup nous dit-on, des enfants comme lui qui viennent des philippines (ou d’ailleurs), abandonnés par un père coréen qui n’assume pas ses actes.

E J-yong développe finement un lien presque improbable entre cette grand-mère et ce petit garçon. Un duo complété par une propriétaire transgenre et un locataire amputé d’une jambe. Ces quatre protagonistes que l’on croise au fil du film amènent toujours un élément de joie. Ne s’apitoyant jamais sur leur sort, s’entraidant sans se juger les uns les autres, et faisant preuve d’un humanisme naturel. Par cette manière si douce d’aborder les sujets les plus complexes – c’est-à-dire en présentant ces personnages, et ce qu’ils représentent, au sein d’un quotidien ordinaire -, THE BACCHUS LADY reste lumineux et positive, même dans les moments (le final) les plus sombres.

THE BACCHUS LADY a été présenté au 11e Festival du Film Coréen à Paris du 25 octobre au 1er novembre 2016 au Publicis Cinémas.

Pierre Siclier

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