est un gentil garçon. Il écoute sa mère, son frère, sa fiancée, son patron. Il ne lui viendrait même pas à l’idée de les contredire. La voie du jeune homme est toute tracée, il n’a pas voix au chapitre. Il lui faut faire ce qui a été prévu et décidé par la famille, accepter que sa mère étouffante et castratrice s’obstine à l’humilier en public et à le comparer sans cesse à son frère aîné qui vit en France, ne pas poser de questions, suivre le mouvement. Respecter culture, traditions et conventions sociales et surtout se contenter d’obéir. Lentement mais subtilement, , réalisateur de HEDI, UN VENT DE LIBERTÉ, parvient à instiller le doute dans l’esprit d’Hedi, qui n’a jamais osé contester aucune décision, encaissant encore et encore. La transformation prendra du temps, mais elle sera brutale et violente.

Hedi (1)

L’effet déclencheur, c’est la rencontre avec Rim (), cette jeune femme qui travaille dans l’hôtel qu’Hedi fréquente également. Leur façon de voir le monde est totalement différente, quand la spontanéité et la confiance en la vie de Rim s’opposent au besoin héréditaire de tout prévoir de Hedi. Mais le souffle de liberté qui habite Rim va, telle une maladie contagieuse, se propager dans l’esprit d’Hedi. A son contact, il va se révéler et faire preuve de courage. S’autoriser à douter, à remettre en question des décisions, à choisir.

« Un magnifique parallèle entre l’affirmation du peuple suite au Printemps Arabe, et l’affirmation d’Hedi, à travers son histoire d’amour »

Bien sûr, les curseurs ne seront pas à la bonne place au début, car découvrir la liberté, comme l’ont appris ceux qui ont fait la Révolution en Tunisie, prend du temps. Et heureusement le réalisateur Mohammed Ben Attia a évité les facilités scénaristiques. Car dans tout changement, il est normal que des erreurs soient commises, puis rectifiées. Il est logique que des nuances puissent être trouvées. Car se rebeller ne signifie pas que l’on doit tout quitter ou tout casser pour tout reconstruire. HEDI, UN VENT DE LIBERTÉ offre un  magnifique parallèle entre la période qui a suivi les évènements du Printemps Arabe en Tunisie et la situation personnelle de Hedi prend alors tout son sens à ce moment de l’ajustement du jeune homme, de sa prise de conscience et de son affirmation de soi. Hedi va lui aussi être atteint par cet esprit de la Révolution, et de ce monde des possibles.

Sylvie-Noëlle

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