Hasard de calendrier, sortait trois mois après la destruction des deux tours, .
Le film dont l’Amérique avait besoin, pour se faire du bien à l’égo… Un égo meurtri par le meurtre de milliers d’innocent – tout comme la découverte relativement soudaine d’une haine sans visage vouée aux valeurs américaines.

Black Hawk Down effectue malgré lui un amalgame entre la guerre menée d’emblée contre le terrorisme islamiste, et ce conflit indépendant auquel l’armée américaine participa en 1993 – un conflit dont la complexité est impossible à résumer en quelques lignes (et encore moins abordée dans le film) ; on vous renverra pour cela, à la page wiki dédiée au conflit.

Le film est ainsi le récit d’une intervention militaire ayant échoué, malgré le courage et la détermination de quelques hommes. Un film très important, pour le message à la fois ambigu et clair qu’il transmit à un peuple en besoin de réponses :
Clair, dans sa façon d’invoquer la nécessité de l’engagement, en faveur d’une cause plus grande que soi : la défense des valeurs américaines. Ambigu dans sa représentation de l’ennemi, applicable à n’importe quel mouvement religieux ou politique, de par son caractère déshumanisé.

Car l’ennemi, dans Black Hawk Down est sans visage. Il n’est que mouvement, et haine. Et il est tué par centaines, par quelques valeureux Marines. Un sentiment de toute puissance est transféré sur ces quelques super-soldats, malgré leur fin tragique. Ce super-soldat, c’est tout-le-monde et personne à la fois : du rookie sans personnalité, à la tête brûlée, au peureux ; du soldat expérimenté au celui, ému par « l’atrocité de cette guerre »… La galerie de personnages – très clichée, permet à chacun de s’identifier à un héroïsme qui s’applique à tous, quels que soient son passé, ses origines, son état d’esprit.
L’oeuvre de Ridley Scott se place en tant qu’objet de propagande pour la justification d’un conflit, toujours d’actualité.

Cinématographiquement, aucun film ne put reproduire l’espèce de perfection artistique que constitue Black Hawk Down.
Toutefois, le film engendra une descendance inavouée qui transcenda son matériau original par l’interactivité : la série de jeux-vidéo Call Of Duty (Modern Warfare et suites). Jeux vidéo reprenant avec une confiance inébranlable les concepts proposés par Black Hawk Down : Mise-en-scène démente et spectaculaire substituant tout réalisme à la valorisation du super-soldat ; flou volontairement maintenu sur les tenants et aboutissements du conflit ; déshumanisation de l’opposant, etc?

Dans les deux cas, une image de la guerre évidemment faussée, car délivrée d’un point de vue exclusivement spectaculaire, peu humain/psychologique, jamais politisé.

Exactement les prétentions inverses des films qui nous intéressent en cette année 2015, American Sniper et Good Kill.
On imagine aisément les personnages interprétés par Ethan Hawke et Bradley Cooper…
En 2001, jeunes hommes vingtenaires, influençables et impressionnés par quelques speechs et images hautement spectaculaires, vantant l’engagement en faveur de la défense des valeurs américaines…
En 2015 traumatisés indélébilement par une guerre dont ils commencent tout juste à chercher le sens, au vu de l’absence de résultats ou d’impact de l’intervention américaine.

Critique issue de l’article dédié à l’influence du 11 septembre 2001 sur le cinéma américain.

INFORMATIONS

affauconnoir


Titre original : Black Hawk Down
Réalisation : Ridley Scott
Scénario :  Ken Nolan, Steven Zaillian, D’après l’oeuvre de Mark Bowden
Acteurs principaux :  Josh Hartnett, Ewan McGregor, Tom Sizemore, Eric Bana, Jason Isaacs, William Fichtner, Jeremy Piven, Sam Shepard, Orlando Bloom, Tom Hardy
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 20 février 2002
Durée : 2h23min
Distributeur : Columbia TriStar Films
Synopsis : Le 3 octobre 1993, avec l’appui des Nations Unies, une centaine de marines américains de la Task Force Ranger est envoyée en mission à Mogadiscio, en Somalie, pour assurer le maintien de la paix et capturer les deux principaux lieutenants et quelques autres associés de Mohamed Farrah Aidid, un chef de guerre local. Cette opération de routine vire rapidement au cauchemar lorsque les militaires sont pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population, résolument hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire.


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