La vie est une succession de choix. Vous venez d’acheter un smartphone Android après avoir hésité avec un iPhone. Vous aviez d’ailleurs déjà eu le dilemme de la pomme au moment de choisir entre PC et Mac. Avant l’ordinateur, votre premier appareil électronique était une console de jeux. Là encore, il fallait trancher entre pro-Nintendo et pro-Sega, les fans du plombier moustachu bondissant méprisant ceux du hérisson bourrin et réciproquement. Encore plus tôt, à une époque où les jouets n’étaient pas encore vidéo mais « bêtement » en plastique, il fallait déjà trancher entre Lego et Playmobil. Comme, c’est bien connu, tout se joue à l’enfance, ce choix a peut-être été plus lourd de conséquences que ce que vous ne pensiez. Dommage pour vous si vous avez délaissé les briques danoises aux possibilités infinies pour vous contenter des figurines figées. Si vous avez préféré la facilité à la créativité. Vous vous êtes lourdement trompé, c’est tout. Vous avez sans doute aussi choisi allemand 1è langue… Vous pouvez quitter cette page ou réaliser que vous avez raté votre vie.

Pour les autres, si vous vous rappelez bien, l’intérêt des Lego ne résidait que pour partie (et pas la plus importante) dans le fait de suivre la notice pour réaliser l’objet qui était en photo sur la boite puis de jouer avec. L’autre partie, bien plus riche, consistait à défaire ce qu’on avait construit, récupérer les briques, si possible les mélanger avec d’autres pour pouvoir construire un autre jouet, plus improbable, plus bordélique mais surtout plus personnel. Le défi du film était donc de restituer cet esprit dans un film dont on impose le script au spectateur. Le même genre de risque que quand on vient voir comment son livre préféré a été trahi sur grand écran.

« Il faut vraiment être un Playmobil pour ne pas aimer ! »

Contrairement à beaucoup de franchises ciné qui se déclinent en toute une gamme de produits dérivés dont des jouets (et parfois des Lego), ici c’est le film qui est le produit dérivé d’un jouet. Au fil des ans, la firme Lego a signé des accords pour fabriquer des jouets basés sur les succès du cinéma. Aujourd’hui que la production d’un long métrage a été lancée, elle peut réunir tout ça et nous offrir le casting le plus improbable de tous les temps! Les Avengers et autres Expendables peuvent aller se rhabiller avec leurs affiches de misère. Dans quel autre film pourrez-vous voir discuter Gandalf avec une Tortue Ninja, Batman sauter dans le Faucon Millenium ou Wonder Woman cohabiter avec Shaquille O’Neal et les Simpsons?

Côté technique, un réussi mélange de stop-motion, animation image par image d’objets physiques, en l’occurrence des jouets Lego déjà existants (15 millions de briques ont été utilisées durant le tournage!) et d’images de synthèse, pour donner de la profondeur aux décors ou animer les visages. On peut donc avoir les effets les plus artisanaux (de l’eau représentée par des briques déplacées pour simuler le mouvement, à l’image d’un Gondry qui utilise de la cellophane pour de l’eau sortant d’un robinet) et d’autres à la pointe de la technique, effet accentué par la 3D.

L’histoire nous fait suivre le quotidien morne d’un personnage Lego basique, sans personnalité, qui adore les chansons qu’on lui passe à la radio, les soaps qu’il voit à la télé, traverse toujours dans les clous et suit toujours les instructions. Toute ressemblance avec des moutons humains n’est évidemment pas fortuite. Au fil de ses aventures, ses rencontres vont l’inciter à s’émanciper et à libérer sa créativité pour dépasser sa simple condition de bout de plastique.

C’est foisonnant, comme ce qui se passait dans notre tête quand on jouait aux Lego: on passe de la ville au monde des pirates, puis à celui des chevaliers ou de toutes les franchises citées plus haut, on transforme une moto en vaisseau spatial avec les pièces qui trainent alentour. En ce sens, le film est un vrai catalogue mais le rythme et l’humour irrévérencieux (Gandalf confondu avec Dumbledore, Batman qui a du mal avec ses pouvoirs…) ne laisse pas l’impression d’être devant une pub d’1h40 mais plutôt de regarder une ode à la créativité. Et ça marche: après la projection, on a envie de ressortir ses vieux Lego (surtout l’astronaute des 80’s, vaisseau spatiaaaaaaaal !!!). Bref, il faut vraiment être un Playmobil pour ne pas aimer !

CASTING
Titre original : The Lego Movie
Réalisation : ,
Scénario : Phil Lord, Chris Miller, ,
Acteurs principaux : , ,
Pays d’origine : USA, Australie
Sortie : 19 février 2014
Durée : 1h40
Distributeur :
Synopsis : Emmet est un petit personnage banal et conventionnel que l’on prend par erreur pour un être extraordinaire, capable de sauver le monde. Il se retrouve entraîné, parmi d’autres, dans un périple des plus mouvementés, dans le but de mettre hors d’état de nuire un redoutable despote.
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