Affiche du film MASH

De jeunes chirurgiens antimilitaristes aimant l’alcool et les femmes se retrouvent en pleine guerre de Corée à l’hôpital militaire mobile où ils sèment la pagaille.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

• Titre original : MASH
• Réalisation :
• Scénario : Ring Lardner Jr.
• Acteurs principaux : , Elliott Gould, Tom Skeritt, Sally Kellerman, Rene Auberjonois,
• Pays d’origine : Etats-Unis
Sortie : 1 mai 1970
Durée : 1h56mn
Bande-Annonce :

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MASH, dont le titre reprend l’acronyme des hôpitaux militaires américains en campagne, a suffisamment marqué son époque pour être nommé aux Oscars, obtenir la Palme d’Or à Cannes au début des années 70 et être ensuite décliné en série télévisée, chose somme toute assez rare à l’époque. Le réalisateur Robert Altman, malgré l’obligation par le studio de situer précisément l’action en Corée dans les années 50, nous fournit ici une comédie anti-militariste qui vise assez clairement l’action américaine la sortie du film.

On se retrouve face à une bande de joyeux drilles multipliant les farces et bêtises (aller voir les infirmières prendre leur douche ou ridiculiser les gradés par exemple), comme effectuer leur métier avec un détachement à la limite de l’absurde par moment. Le sang est uniquement présent sur les tables d’opération où on ampute les blessés en draguant les infirmières, les seuls sons d’armes à feu résonnent durant un match de football et à l’exception des uniformes de temps à autre, on croirait par ailleurs visionner un film sur une sorte de camp de vacances où les mecs passent leur temps à fumer, à boire et à baiser.

Photo du film MASH

Même assez daté, MASH est clairement un objet cinématographique des années 70 extrêmement plaisant.

Dans cette débauche burlesque, deux acteurs font leurs preuves. On retrouve un jeune Donald Sutherland parfait dans le rôle d’Hawkeye (Oeil de Lynx en VF) trois ans après avoir fait ses armes dans LES DOUZE SALOPARDS mais bien avant de devenir réellement une star : il est le personnage que l’on suit dès le début et qui met en place la plupart des intrigues humoristiques. Il tient extraordinairement bien son personnage avec notamment un regard de chien fou assez pertinent. Par ailleurs, Elliott Gould, quasiment débutant lui-aussi et dont le personnage n’arrive pas dès le début du film, ajoutera à son arrivée le parfait contre-poids humoristique nécessaire à celui de Sutherland.

En remettant dans le contexte d’il y a plus de 40 ans, une telle débauche au sein d’une structure militaire aussi respectée que pouvait l’être l’armée américaine fait forcément tâche et surprend le spectateur. La réussite principale de ce film a été de rencontrer le succès avec un sujet potentiellement controversé, avec une pléiade d’acteurs inconnus à l’époque et un humour aussi potache sur un sujet ne prêtant guère à rire à la base, surtout en 1970. On regrettera néanmoins le rythme du film un peu trop suspendu à la succession de ses gags et le fait que ceux-ci soient parfois un peu faibles (ou devenus entre temps trop classiques) mais c’est bien l’unique critique que l’on pourra faire à ce film qui, s’il est certes un poil vieillissant dans la forme, reste une oeuvre majeure.

On sera sans doute surpris par certains parti-pris du réalisateur (les personnages qui parlent parfois tous en même temps, etc) mais même assez daté, MASH est clairement un objet cinématographique des années 70 extrêmement plaisant. En laissant la place à des dialogues parfois totalement improvisés et en tournant un film de guerre sans aucune autre bataille qu’un match de football, Robert Altman a dépeint les combats par le seul pinceau qu’ils méritent : celui du ridicule et de l’inutile.

Photo du film MASH