KNIGHT OF CUPS, ou chevalier de coupes en français, désigne à la base, une carte de Tarot.

Cette carte symbolise un homme blond, mature et de bonne position sociale, sympathique et agréable, bon et généreux. Un homme apportant protection et conseil. Le chevalier de coupe annonce des relations harmonieuses, des sentiments sincères au sein du couple ou avec les proches, possibilité d’union avec une personne fiable, succès amoureux. Comme la plupart des cartes de Tarot, le sens dans lequel la carte est tirée a une importance capitale. Ainsi, cette carte, renversée, symbolise un homme blond peu scrupuleux, froid et distant, indigne de confiance. Elle annonce aussi l’injustice, l’infidélité, les mauvais choix ou les mauvais changements. (source : Dame de Trèfle)

Un programme qui semble être celui du film, tout en dualité ; que ce soit en termes de mise-en-scène, de synopsis, ou d’interactions.

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Le trailer nous donc montre un Christian Bale versant mélancolique – l’acteur adopte la même démarche lancinante, le même regard triste et désabusé que dans Le Nouveau Monde… Un personnage très observateur de l’univers dans lequel il évolue. Le trailer superpose ainsi deux versants du même Knight of Cups.  Il est riche, et cette richesse le consume. Drogues, luxe, démesure… Cela affecte les femmes autour de lui, positivement (Portman) ou négativement (Blanchett).
KNIGHT OF CUPS devrait dépeindre le milieu hollywoodien de manière inédite, avec un mélange de fascination et de dégoût, et une infinité de nuances.

Niveau mise-en-scène, Pas de doute, on est bien chez Malick. Les six premiers plans annoncent la couleur : ils semblent tirés de To The Wonder (la voiture) et surtout Tree of Life : la voix off, le ventilateur, lumière crépusculaire, Bale en légère contre-plongée dans ce décor vitreux… Avant de changer radicalement. Exactement comme le rythme épileptique de Tree of Life nous avait surpris, KNIGHT OF CUPS devrait à nouveau nous prouver que le réalisateur est capable d’ingérer une mise-en-scène à priori éloignée de son univers.
Ainsi, on bascule dans un rendu beaucoup plus Rock’n Roll, passant du Fish Eye à la caméra portée.  Le dégré d’instabilité et de distorsion de la caméra traduit une sorte de basculement dans la partie obscure (et paradoxalement, cinématographiquement saturée) de ce monde artificiel. Celles-ci montrent des séquences que l’on jurerait issues d’un cauchemar trop réaliste. Passionnant !

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Ce qui ne change pas :
– les émotions des personnages, typiques de Malick. Introspection, mutisme, colère, communication passant par les regards et les gestes, plus que par les mots.
– la voix-off mélancolique, cachet métaphysique.
– fascination pour les atmosphères crépusculaires, reflets de l’humeur changeante des “héros” ; le point de basculement entre deux mondes. Jour/nuit, Amour/haine, blonde/brune, etc.
– la musique de Hans Zimmer (en fin de bande annonce), immédiatement identifiable aux images de Malick.

 

Ce qui va nous surprendre :
– Le cinéaste filme cette-fois Los Angeles, cité de l’artificialité…  La ville paraît clairement être un personnage du film, au même titre que la nature que nous avions pu (re)découvrir dans ses précédents films.
– De la musique, à l’image, en passant par la mise-en-scène… le ton très binaire du trailer devrait être celui du film, et constituer une sorte de renouveau et/ou d’évolution du cinéma de Terrence Malick !

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Pourquoi ce sera génial ?

Parce que la bande-annonce promet un film riche et dense, en tout. Émotion, réflexion, folies visuelles, etc.

Parce KNIGHT OF CUPS sera beau à en pleurer. Le génial Emmanuel Lubeski, responsable de la photo sur Le Nouveau Monde, Tree of Life et To The Wonder, mais également sur les films d’Alfonso Cuarón Les Fils de L’homme et Gravity. La promesse d’un nouvel écrin de qualité.

Parce que son casting.
Christian Bale, Cate Blanchett, Natalie Portman.
On pourrait juste s’arrêter là, mais non. Il y aura aussi les excellents Jason Clarke (La Planète des Singes, Zero Dark Thirty, Terminator 5), Wes Bentley (American Beauty, Interstellar), Nick Offerman (Parks & Recreation), Freida Pinto (Slumdog Millionnaire), Antonio Banderas (Chez Almodóvar, le Chat Potté), Imogen Poots (Filth).

Parce que rares sont ceux qui, comme Terrence Malick, parviennent à capter si bien la mélancolie. Rares sont ceux qui, comme lui, réussissent à faire interagir l’Homme et la Nature sur pellicule. Rares sont ceux dont les films sont aussi stimulants qu’enivrants et poétiques. En 2014, à part Naomi Kawase (et encore), on voit pas.

Parce qu’un film de Terrence Malick est toujours génial.
Period.

KNIGHT OF CUPS sortira sur nos écrans le 25 novembre 2015.

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+ Décryptage du trailer
+ Rétrospective critique de ses 6 films, portrait, et comparaison Tree of Life / À la Merveille: notre dossier Terrence Malick (dès le 4 novembre)

Titre original : Knight of Cups
Réalisation : Terrence Malick
Scénario : Terrence Malick,
Acteurs principaux : Christian Bale, Natalie Portman, Imogen Poots Cate Blanchett, Teresa Palmer, Jason Clarke, Wes Bentley, Nick Offerman, Freida Pinto, Antonio Banderas
Pays d’origine : U.S.A.
Sortie : 11 décembre 2015
Durée : 1h47min
Distributeur : –
Synopsis : Un homme, des tentations, la célébrité et l’excès…

(l’article date du 16 décembre 2014)