Alors que la sortie de VII : Le réveil de la force arrive à grand pas, comment revenir sur les épisodes précédents sans tomber dans les excès du fan dénué de tout jugement autre que positif ? Un véritable dilemme pour le moins complexe lorsqu’on est soi-même fan de toute la saga, ayant été bercé et fasciné par celle-ci depuis l’enfance. Et bien c’est impossible ! Disons-le sans se cacher et en toute mauvaise foi assumée, Star Wars est LA plus grande saga de l’histoire du cinéma. Mieux encore, elle dépasse ce médium à laquelle elle se rattache. Rappelons-le, au-delà de l’ensemble des films, Star Wars, c’est des figurines et des produits dérivés, des romans, des jeux vidéos, des dessins animés et peut-être la plus grosse quantité de fan art

Pour ma part, j’ai découvert Star Wars enfant. En VHS pour les épisodes IV, V et VI, dont les bandes ont été rapidement usées à force de visionnage en boucle. Les fameuses figurines ornaient alors ma chambre, délimitée par une base Rebelle et une base de l’Empire (et éventuellement un lit pour dormir). A la sortie de La Menace fantôme en 1999 – découvert avant sa sortie en France par une copie pirate américaine VHS de piètre qualité -, et alors âgé d’une dizaine d’années, Star Wars est déjà un monument pour moi. Et aucun de ses défauts ne m’apparaissent, tous éclipsés par la magie qui entoure la saga. Ainsi, pendant que les fans plus âgés s’arrachent les cheveux devant le personnage de Jar Jar Binks et autres taux sanguins de midi-chloriens, supposés expliquer ce qu’est la force, je reste hypnotisé devant une fabuleuse course de Podracers, un combat final remarquable et la belle Natalie Portman, évidemment.
Oui beaucoup de fans se sont sentis trahis par la prélogie (épisodes I, II et III), ayant le sentiment de ne pas retrouver la magie d’antan et s’agaçant de l’utilisation du numérique, entre autres. Il est évident que le regard sur les deux trilogies n’est pas le même selon l’âge et l’époque à laquelle nous les découvrons. On pourrait également trouver un brin de mauvaise foi chez certains, suivant simplement la ligne directive de la majorité qui veut que l’on renie les derniers épisodes en date sans prêter attention aux défauts de ceux qui les précèdes. Pour ma part, bien que disposant d’un regard un peu plus critique sur les épisodes suivants (alors adolescent à leur sortie), je reste d’un profond soutien, et excuse presque les maladresses du créateur de la saga George Lucas. Car au final, la même chose revient inlassablement ; il s’agit de Star Wars, et cela suffit à être incroyable !

Montage Star Wars IV

EPISODE IV : UN NOUVEL ESPOIR (1977)

Tout commence avec l’Episode IV : Un nouvel espoir. Luke voit sa vie basculer après avoir récupéré deux droïdes bons pour la casse, dont un particulièrement agaçant (vous savez, le doré qui parle sans cesse). Un message d’une jolie princesse coiffée avec des macarons et voilà que Luke se met en tête d’aller retrouver un vieux fou du nom de Ben Kenobi et d’aller sauver cette princesse, après s’être rapidement remis de la mort de sa famille. S’en suit une rencontre avec le véritable héros de l’histoire, Han Solo, accompagné de sa boule de poils Chewbacca. Han Solo, c’est le tricheur, un peu lâche, rarement héroïque et pourtant si attachant. Pas trop difficile de se faire remarquer quand on a face à soit un jeune Luke tout juste tombé de son nid.
Après le rapide découpage de bras d’une créature qui cherchait des noises à Luke qui, pourtant, la jouait profil bas en sirotant l’équivalent d’un lait fraise dans la cantina, la troupe est prise dans le conflit entre les Rebelles et l’Empire. Luke croisera furtivement le terrible Dark Vador, assistera à la mort de Kenobi mais parviendra à faire exploser l’Etoile noire, base militaire capable de réduire à néant une planète entière. Une aventure qui permet de mettre en place une grosse partie de la mythologie en mêlant humour, larmes, suspense et moult émotions. C’est bien, on ne s’en lasse pas, on est même déjà fasciné, mais le meilleur reste encore à venir.

Ce qu’il faut retenir

On ne peut s’empêcher de se demander quelle torture a pu subir Leia dans sa prison sur l’Etoile noire, pour se retrouver sans séquelle et fraîche comme une fleur quelques séquences plus tard. Mais finalement, l’élément qui reste en tête après le visionnage de cet épisode, est la scène de la cantina. Pas pour le bras coupé que nous évoquions plus haut, ni même pour le tir à bout portant d’Han Solo – une scène retouchée par Lucas et qui provoqua une des nombreuses colères des fans à son égard -, mais uniquement pour la musique qui l’accompagne. Preuve en est avec une boucle de celle-ci sur pas moins de 10 heures. On vous met au défi de l’écouter en entier.

 

Montage Star Wars V

EPISODE V : L’EMPIRE CONTRE ATTAQUE (1980)

L’épisode qui met tout le monde d’accord car considéré unanimement comme le meilleur de la saga. George Lucas laisse la réalisation à Irvin Kershner (1923-2010). Ce dernier, tout en suivant un cahier des charges précis permettant d’avoir une unité des épisodes, amène Star Wars vers quelque chose de très sombre. Tout débute avec la planète des glaces, Hoth, où Luke révèle ses faibles progrès avec la force, une attaque de l’Empire à coup de quadripode impérial (monstre blindé) et surtout les premières querelles entre Han Solo et Leia. Ainsi, pendant que Luke va sur Dagobah pour écouter les conseils d’une étrange petite créature verte du nom de Yoda, incapable d’aligner correctement un simple sujet-verbe-complément, Han et Leia se chamaillent et se charment tout en essayant d’échapper à Vador. Au final, rien ne se passe comme prévu. Han Solo est cryogénisé et vendu à Jabba le Hutt, Luke perd une main dans son combat avec Vador, apprend que celui-ci est son père avant d’être sauvé in extremis par Leia, tandis que boule de poil s’occupe comme il peut avec les droïdes. L’Empire contre attaque se termine ainsi sur un immense cliffhanger après nous avoir lâché une véritable bombe et nous laisse dans une terrible attente de connaître la suite. Il ne se passe pas grand-chose dans cet épisode, focalisé sur l’évolution des personnages et des relations entre eux. Mais c’est justement en nous mettant au plus près de nos héros, à leurs côtés, que l’empathie se décuple et que Star Wars captive le plus.

Ce qu’il faut retenir

Non, je vous arrête tout de suite, on ne retiendra pas de L’Empire contre attaque le combat entre Luke et Vador ! Les meilleurs passages sont ceux avec Leia et Han Solo. Il y a ce « je sais » de Solo en réponse au « je vous aime » enfin avoué de Leia. Une évidence pour le mauvais garçon des sentiments jusque là refoulés de la princesse. Mais encore plus fort, il y a leur premier baiser. Une scène d’une tension érotique palpable durant laquelle Solo se rapproche délicatement de la jeune femme, d’abord réticente puis lui tombant évidemment dans les bras. Le tout gâché par cet imbécile de C-3PO… Pour le plaisir, on vous met les deux !

 

Montage Star Wars VI

EPISODE VI : LE RETOUR DU JEDI (1983)

L’épisode tant attendu où Luke devra choisir entre le côté obscur et le côté clair de la force, entre rejoindre son père ou le combattre. Un épisode davantage porté vers davantage l’humour en comparaison avec l’épisode précédent, mais qui reste tout de même très sombre. Au programme du Retour du Jedi, mission de sauvetage périlleuse de Leia qui se conclut par cette dernière enchaînée et en maillot de bain… Pas le succès espéré donc. Heureusement Luke se révèle enfin comme le héros qu’on attendait et découpe à peu près tout sur son passage ! Tout ça pour finir sur Endor et y rencontrer les Ewoks, ces petites boules de poils (des mini Chewbacca en gros) aussi mignonnes que mortelles si tant est qu’on est effrayé par trois cailloux et un bâton. Pendant ce temps Lando Calrissian montre enfin de quoi est capable le Faucon Millénium (en rade durant les deux épisodes précédents) et Luke nous laisse tendu tout au long de sa rencontre avec l’Empereur. Au final tout le monde réussit sa mission, l’Empire est vaincu et on peut fêter ça dans les quatre coins de la galaxie. A l’inverse de l’épisode précédent, Le Retour du Jedi se démarque par l’action très présente. On y découvre encore de nouveaux engins, des planètes inattendues, et surtout un retournement de situation extrêmement fort où Luke parvient à ramener son père vers l’humanité. Une véritable saga Shakespearienne, basée sur les relations familiales complexes se referme avec brio. On dit alors adieu à Star Wars et à nos héros, la larme à l’œil, n’imaginant pas à l’époque qu’il s’agit d’un simple au revoir…

Ce qu’il faut retenir

On est obligé, après avoir appris que Luke et Leia étaient frère et sœur, de repenser au baiser qu’ils échangent dans l’épisode V, ou à la volonté de Luke de la sauver dans l’épisode IV uniquement parce qu’il la trouve canon… une pointe d’inceste qu’on tâchera d’oublier en se concentrant plutôt sur le combat final. Une séquence remarquable entre père et fils qui s’affrontent à coup de sabres lasers. Un jeu de lumière sublime et un accompagnement musical des plus émouvant pour le passage le plus marquant de cette trilogie.

 

Montage Star Wars I

EPISODE I : LA MENACE FANTÔME (1999)

Nous sommes en 1999 lorsque sort La Menace fantôme et les critiques vont bon train. Pourtant cet épisode reste réussi. Visuellement déjà, même 15 ans après les effets spéciaux sont toujours impressionnants. Et leur présence n’enlève en rien la magie de Star Wars, bien au contraire. Entre l’armée de droïdes qui prend vie pour affronter le peuple Gungan, les passages dans l’espace et surtout la fameuse course de Podracer qui nous cloue au fauteuil ! Bien sûr, il y a cette histoire de taux sanguins de midi-chloriens pour expliquer la force. Et oui les gaffes du pauvre Jar Jar Binks agacent, mais à peu près autant que celles de C-3PO en son temps. Mais au-delà de ça il y a tout de même une multitude de voyages, de la sublime planète Naboo à l’obscur Coruscant en repassant par Tatooine dans un vent de nostalgie. Et puis on y découvre des chevaliers Jedi qui maîtrisent parfaitement la force. Un vrai changement par rapport à ce que proposait Luke ! Ainsi que Natalie Portman qui, même avec ses tenues improbables de Reine Amidala, vend davantage du rêve que sa future fille des épisodes précédent (oui, oui, cette phrase est correcte). Et puis il y a Dark Maul qui nous effraie mais qui n’en reste pas moins intriguant, davantage que les histoires politiques en trame de fond. Avec le recul, on se dit que c’est un peu faire la fine bouche que de rejeter cet épisode sous prétexte de ne pas retrouver le carton-pâte des années 1980. Ca fait même un peu « vieux con » de se limiter à un : « c’était mieux avant ». Car on reste devant une œuvre étonnante, surprenante et évidemment captivante en bien des points.

Ce qu’il faut retenir

Pas de surprise cette fois. La séquence ultime à retenir de cet épisode, c’est évidemment le duel final superbement chorégraphié, entre Dark Maul, Qui-Gon Jinn et Obi-Wan Kenobi. Celui-là même entrecoupé de plusieurs types d’affrontements (Anakin dans l’espace, les Gungans face aux droïdes à l’extérieur de la ville, et la reine Amidala au cœur du Palais) dans un montage alterné parfaitement rythmé et accompagné d’une musique fabuleuse, capable de porter les images à la perfection. Et parce que l’on aura beau revoir encore et encore cette séquence, on ne peut s’empêcher à chaque fois de croire au retour à temps d’Obi-Wan pour sauver son maître.

 

Montage Star Wars II

EPISODE II : L’ATTAQUE DES CLONES (2002)

L’épisode de Star Wars le plus difficile à défendre et à regarder. Pas forcément pour l’esthétique médiocre d’une partie des créatures et autres utilisations de fonds verts aussi visibles / risibles, mais surtout par l’impression de travail bâclé – mauvais raccords au montage, jeu d’acteur très approximatif à la limite de la gêne. Dans son ensemble, L’Attaque des clones paraît réalisé dans la hâte. Heureusement on parvient à se divertir par la présence de Jango Fett qui nous révèle enfin les origines de son fils, célèbre chasseur de prime en devenir, et de l’armée de l’Empire par la même occasion. Avec lui, on a un joli premier duel efficace face à Obi-Wan sur l’intrigante planète Kamino. Ca reste mince pour nous faire oublier les niaiseries entre Anakin et Padmé qui ne songent qu’à pique-niquer et se rouler dans un champ sur Naboo. D’ailleurs, si Anakin avait d’abord pensé à aller voir sa mère plutôt que de batifoler, le sort de celle-ci aurait certainement été différent. Et l’avenir de l’humanité en conséquence. A quoi ça tient la vie finalement…
Pendant ce temps, George Lucas se décide à nous montrer la montée de l’Empire sous fond de fascisme en réponse au terrorisme. A cet instant, on ne sait plus vraiment de quoi il nous parle. Et comme Obi-Wan continue de se débrouiller seul, on n’a d’autre choix que de retourner voir Anakin en pleine crise d’ado. Derrière l’agacement de cette tête à claque, on admet tout de même une approche psychologique du personnage plutôt intéressante. Celle d’un jeune homme qui, à force d’être présenté comme l’Elu, le sauveur du monde, a fini par trop y croire en défiant tout type d’autorité et les codes Jedi. Le jeune homme sans père à tuer – fils de Dieu ou de putain, les deux sont induits dans l’Episode I – mais qui trouvera le moyen de coucher avec sa mère par un substitut plutôt évident (Padmé). On déteste tous ce que Lucas a fait avec Dark Vador, via le personnage d’Anakin. Mais au fond, cela reste assez profond. Dommage, ce n’est pas vraiment ce qu’on demandait alors à Star Wars.

Ce qu’il faut retenir

On aurait aimé être un peu plus original et ne pas proposer encore un duel au sabre laser. Malheureusement, le dernier combat est peut-être tout ce qu’il y a vraiment à sauver. Visuellement, on peut difficilement tomber dans le kitch ambiant de l’ensemble du film. La chorégraphie est plutôt réussie avec un jeu de couleurs et de lumières (sabre rouge et bleu dans le noir) intéressant. Voir Anakin se faire couper la main reste jouissif pour tout le monde. Mais surtout, on nous y propose un affrontement entre Yoda et Dracula (ou Saroumane, c’est selon les générations) ! Personnage emblématique qu’interpréta à plusieurs reprises l’acteur Christopher Lee (1961-2015). George Lucas réalise alors la séquence la plus audacieuse du cinéma en mettant en scène un combat entre une créature de 60 centimètres et un papi de 2 mètres.

 

montage STAR WARS III

EPISODE III : LA REVANCHE DES SITH (2005)

La Revanche des Sith conclut la trilogie et nous fait oublier les malheurs de son prédécesseur. Il suffit d’une séquence d’introduction dans l’espace avec un combat de vaisseaux impressionnant pour nous (re)plonger dans Star Wars. Une scène qui nous transporte là où on n’avait encore jamais été. Pour le reste, il y a Anakin qui n’est plus ce gamin agaçant mais un adulte psychologiquement instable (voire carrément bipolaire) et inquiétant. Padmé, ancienne femme forte et active est maintenant enceinte. Tant pis, on ne la verra plus. Cantonnée au rôle de poule pondeuse qui attend son bien aimer en regardant par la fenêtre. Prend ça le féminisme !
Lucas s’en fou et en profite pour nous vendre sa série de jeux vidéo, Battlefront, en filmant les batailles successives entre l’Empire et la Fédération sur différentes planètes. Et pendant ce temps, Obi-Wan fait encore tout le travail en affrontant le Général Grievous. Anakin de son côté va à l’opéra avec Palpatine plutôt que de s’occuper de sa femme, avant d’être responsable de la mort de Mace Windu. Dans le fond, il y a dans cet épisode un sentiment étrange, une montée inquiétante des événements qui se répercute directement sur nous. De quoi rendre le film assez fascinant en dépit de quelques défauts d’ordre esthétique et de ton (accouchement ridicule de Padmé, décevante création de Dark Vador). Les personnages prennent une autre dimension, nos émotions avec. A l’antipode du Retour du Jedi qui laissait sur une note joyeuse, le discourt est sombre et inquiétant mais absolument puissant. Star Wars dévoile ainsi une autre de ses nombreuses facettes et s’enrichie toujours plus.

Ce qu’il faut retenir
La fameuse purge de l’ordre Jedi. Palpatine lance l’ordre 66 qui impose à tous les clones de les éliminer. C’est la naissance complète de l’armée impériale. C’est également un passage terrible et émouvant où les Jedi tombent les uns après les autres. Le summum de l’horreur est atteint lorsque Anakin se dirige vers l’académie Jedi pour massacrer les plus jeunes. On est loin de l’humour bateau et des niaiseries qu’on incombe à cette prélogie généralement. Mais surtout, cela vient remettre en question directement nos sentiments devant l’épisode VI. On se souvient, nous étions émus par la réunion entre Luke et son père, de nouveau humain, avant la mort de celui-ci. Désormais, on ne peut s’empêcher de voir en lui un tueur d’enfants. Étouffer des soldats passe encore, mais les enfants, c’est difficile à avaler. Et si Luke avait été mis au courant de ce « détail », on se dit que la suite aurait été bien différente.

AUTOUR DE STAR WARS