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OUTER BANKS, chasse au trésor made in Netflix – Critique

Des corps saillants en quête d’un trésor sur une île paradisiaque, où s’affrontent richesse et pauvreté. C’est la nouvelle série Netflix. Passé le speech huilé à l’américaine, OUTER BANKS retient l’attention pour ses rebondissements autour de cette chasse à l’or.

Outer banks, petit coin de paradis au milieu de l’océan Atlantique appartenant à la Caroline du Nord. Une île, deux clans. Les Kooks contre les Pogues, les riches contre les pauvres. Et le Royal Merchant, un bateau britannique échoué des siècles plus tôt aux abords de l’île avec 400 millions de dollars en or pur. Une légende connue de tous les habitants, de l’argent que tous recherchent, pour le meilleur et pour le pire.

John Booker Routledge, dit John B (Chase Stokes), lui, habite et passe son temps dans le marais, du côté sud de l’île. Le mauvais côté, la zone, celui des Pogues, des cabanes de pêcheurs et des pauvres qui survivent essentiellement du service aux riches. C’est là qu’il a grandi avec son père, pêcheur disparu en mer neuf mois plus tôt et présumé mort depuis. Seul, l’adolescent de 16 ans ne se résout pas à cette idée, persuadé que son paternel est parti à la recherche du Royal Merchant, cette épave à laquelle il a consacré sa vie. Alors en attendant un signe, il fuit les services sociaux et vit de surf, pêche et soirées avec ses amis. L’idée ? Passer du bon temps avec sa bande indestructible. Un groupe caricaturé au possible, à la Netflix. Il y a le traditionnel « cerveau » de la bande, Pope (Jonathan Daviss), rêvant de bourse et de médecine. JJ (Rudy Pankow), le bad boy plutôt beau gosse sans horizon d’avenir, et Kiara (Madison Bailey), alias Kie, la défenseuse de l’environnement qui veut sauver le monde. Issue d’une famille  de Figure Eight, l’opposé du marais, elle se refuse à adhérer aux valeurs des Kooks. En soi, une clique de copains senteur noix de coco et monoï, cheveux dans le vent et bandana au poignet, pas un seul défaut à l’horizon.

Photo de la série Netflix OUTER BANKS
JJ, John B, Pope et Kiara, rejoints par Sarah, forment une bande d’amis indestructible. Ensemble, ils vont tenter de trouver l’or à partir des indices laissés par le père de John B. © Netflix

Outer Banks remplit tous les codes des séries Netflix : suspense, empathie, histoires d’amour et mystères à résoudre. Et c’est ce qui la rend addictive.

Rien de nouveau, donc, pour la série en 10 épisodes de 50 minutes créée par Shannon Burke, Josh et Jonas Pate. Rien de nouveau et pourtant, OUTER BANKS fonctionne. Irrésistiblement, l’envie de cliquer sur l’épisode suivant se fait pressante à chaque générique de fin. Pourquoi ? Parce que la plateforme use de sa traditionnelle recette : un mystère à percer. Ici, pas de meurtre à élucider ni de banque à braquer, mais de l’or à trouver. Et évidemment, c’est la belle bande qui va s’y coller dès le premier épisode, à partir du moment où John B découvre un indice laissé par son père. Une quête, comme un jeu, mais non sans risque comme ils l’apprendront à leurs dépens. La série s’apprécie alors comme une carte au trésor à dérouler, un cheminement construit comme un devoir familial, une enquête à résoudre. Le spectateur est maintenu au suspens d’une nouvelle découverte, le tout porté par une soif de justice sociale.

Parce que ces jeunes adolescents ne sont pas les seuls à chercher les 400 millions de dollars et que ce monde lisse est aussi là, certes de manière codifiée et simplifiée, pour mettre en exergue le drame d’être né dans la mauvaise famille et la puissance invincible de ceux qui ont le pouvoir, les relations, l’argent. Emmené dans cette aventure à rebondissements, le spectateur se voit pris d’empathie pour les Pogues et entend son cœur battre au rythme des leurs. Un peu à la manière des braqueurs dans la Casa de Papel, ils incarnent les « bons rebelles », ceux que l’on souhaite défendre contre la corruption des plus forts.

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Photo de la série Netflix OUTER BANKS
Difficile de ne pas prévoir dès le départ les rapprochements mielleux entre deux mondes que tout oppose. © Netflix

Reste à souligner les amourettes mielleuses et prévisibles dès le départ où les opposés finissent attirés l’un vers l’autre, miraculeusement. Quelques incohérences invraisemblables aussi. Mais outre ces moments d’égarements à la teen drama, les touches d’humour font de OUTER BANKS un petit rafraîchissement durant ce confinement. Une occasion d’explorer de nouveaux horizons, de se rêver en Indiana Jones et de se laisser aller à la liberté de croire en ses espoirs. D’aborder des sujets comme la confiance en soi également, dans certains moments de la vie d’adolescent. Passée la légèreté des premiers épisodes, surgit une autre facette de la série, moins prévisible, laissant les binge-watcheurs (personnes qui regardent de nombreux épisodes à la suite) suspendus à un énième cliffhanger (fin sur un suspense pour engendrer l’attente). Les dernières minutes de la première saison, ouvertes, peuvent s’envisager comme un clap de fin, tout en laissant présager une saison 2 en fonction du succès que rencontrera la série.

S’il est dommage de devoir dépasser les accents caricaturaux à l’américaine des premiers épisodes, OUTER BANKS accroche le spectateur grâce à son intrigue made in Netflix. Les multiples rebondissements et l’appel au réveil de l’aventurier qui sommeille en chacun de nous en font un vrai bon moment à passer.

Marylou CZAPLICKI

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Note lecteurs14 Notes
Titre original :Outer Banks
Créateur.rice.s : Shannon Burke, Josh et Jonas Pate
Acteurs : Chase Stokes, Jonathan Daviss, Madison Bailey, Rudy Pankow, Madelyn Cline
Date de sortie : 15 avril 2020
Durée des épisodes : 50 minutes environ
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Rafraîchissant