Photo du film CONJURING : SOUS L'EMPRISE DU DIABLE
Crédit : 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Ben Rothstein

CONJURING 3 – SOUS L’EMPRISE DU DIABLE, difficile passage de relais – Critique

Malgré une déception prévisible, CONJURING 3 – SOUS L’EMPRISE DU DIABLE était tout de même prometteur et rempli de bonnes intentions. Le film n’en demeure pas moins un échec en demi-teinte pour son réalisateur, Michael Chaves, efflanqué dans un costume bien trop grand pour lui.

On a voulu y croire. Il faut dire qu’on n’a pas boudé notre plaisir à la vue des fameux cartons jaunes de l’introduction – de ces petits clins d’œil à l’épouvante vintage que James Wan a su invoquer dès le premier épisode de sa saga. On a même gobé nerveusement le pop-corn par poignées entières lors du premier quart de ce troisième volet… avant de s’ennuyer ferme jusqu’à la fin. Eh oui, le réalisateur émérite sonne désormais aux abonnés absents. Or, bien malheureusement, ça se sent. Michael Chaves passe péniblement derrière le maître.

Photo du film CONJURING : SOUS L'EMPRISE DU DIABLE
Crédit : 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Ben Rothstein

Il y avait cependant quelque chose d’intéressant dans cette nouvelle enquête d’Ed et Lorraine Warren. Le célèbre couple s’affaire cette fois-ci à démontrer, preuves à l’appui, qu’un homme ne peut être tenu pour responsable de ses actes s’il se trouvait sous possession démoniaque au moment des faits. Pas nécessairement le dossier des Warren le plus simple à adapter, compte-tenu de la bataille judiciaire derrière ce fait divers… Nonobstant, un scénario des plus prometteurs. En effet, la saga Conjuring a toujours su surprendre, là où les blockbusters horrifiques avaient fini par ennuyer. On attendait donc de voir.

Or, et c’est là où le bât blesse, l’intrigue de CONJURING 3 – SOUS L’EMPRISE DU DIABLE se perd dans une confusion d’éléments surnaturels pour rattacher sans cesse le métrage au genre de l’horreur. Là où les épisodes précédents avaient brillamment su y mêler quelques éléments du film noir et un brin de thriller. Et c’était même tout l’art derrière un Conjuring. Savoir happer son spectateur avec une enquête bien ficelée jusqu’à résolution de l’énigme. Puis, diluer de subtiles doses d’épouvante jusqu’à l’implosion. Sur ce point, CONJURING 3 – SOUS L’EMPRISE DU DIABLE rate monumentalement la marche.

Photo du film CONJURING : SOUS L'EMPRISE DU DIABLE
Crédit : 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Ben Rothstein

Les éléments du procès au cœur de l’intrigue sont effectivement rushés, voire pire : expliqués par des cartons longuets. Et ce, en plein film. On préfère étrangement se concentrer sur la quête du véritable coupable des sorts de possession. Une sorcière dont le personnage n’a que peu d’intérêt, sinon que de créer un sempiternel spin-off estampillé Conjuring. Quant à l’innocent jeté en prison à sa place, il devient lointain et parfaitement oubliable. D’autant que dans le rôle du tueur possédé, Ruairi O’Connor ne brille pas très exactement par son jeu d’acteur… Dommage.

Et d’autant plus dommageable que là où les précédents opus pouvaient encore s’ancrer dans notre réalité en ne laissant que de menus reliquats des faits surnaturels après le passage des Warren, dans ce troisième volet, la sorcière et ses méfaits sont si tangibles que la suspension d’incrédulité s’est barrée prendre le café avec l’ensemble des scénaristes… Au nombre de trois tout de même sur ce film « basé sur une histoire vraie ». Mais de qui se moque-t-on ? Visiblement, pas complètement du spectateur. Du moins, pas tant que ça.

Photo du film CONJURING : SOUS L'EMPRISE DU DIABLE
Crédit : 2021 Warner Bros. Entertainment Inc. All Rights Reserved. / Ben Rothstein

En effet, CONJURING 3 – SOUS L’EMPRISE DU DIABLE témoigne tout de même d’un certain amour pour le matériau de base. On observe nos héros vieillir en relative conformité avec la réalité. Aussi, Lorraine prendre davantage ses gallons de personnage féminin fort, vis-à-vis de son collègue et mari, Ed. Lequel n’avait de cesse, dans les médias, de clamer qu’il n’était que le Pygmalion de son épouse. Ed, désormais doté d’un récent embonpoint et de problèmes cardiaques, eux aussi bien réels, traités certes avec naïveté, mais traités tout de même. On décèle alors une certaine tendresse pour le couple Warren héritée directement de James Wan. Mais distordue avec lourdeur, lorsqu’elle était délicatement esséminée auparavant.

Lourdeur. Ici réside le problème majeur de ce troisième Conjuring. La mise en scène de Michael Chaves ne parvient qu’avec grand-peine à singer celle de James Wan. D’autant plus que lorsqu’elle y parvient, dans une somptueuse introduction parfaitement haletante, l’élève s’avère encore pris par la main par le professeur. Chaves reproduit en effet trait pour trait la mise en abîme in situ des précédents Conjuring. Avec brio. Malheureusement, dès lors qu’il s’émancipe des codes de la saga instaurés par James Wan, son œuvre s’étiole et bascule du grandiose au correct. Pour devenir un film d’horreur à jumpscares passablement dans la moyenne. Allons donc… Au moins, y avait-il quelques sursauts. Et du popcorn.

Lily Nelson

Note des lecteurs24 Notes
Titre original : The Conjuring: The Devil Made Me Do It
Réalisation : Michael Chaves
Scénario : David Leslie Johnson-McGoldrick, d'après une histoire de David Leslie Johnson et James Wan
Acteurs principaux : Patrick Wilson, Vera Farmiga, Sterling Jerins, Ruairi O'Connor
Date de sortie : 9 juin 2021
Durée : 1h42min
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