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LES SECRETS DE DUMBLEDORE

LES ANIMAUX FANTASTIQUES – LES SECRETS DE DUMBLEDORE, magie d’une saga qui s’essouffle – Critique

Une — ou plusieurs — partie(s) de cet article parle de l’intrigue et en dévoile certains aspects. Il est donc vivement conseillé d’avoir vu le film avant de le lire. On vous a prévenu !

LES ANIMAUX FANTASTIQUES – LES SECRETS DE DUMBLEDORE est sorti en salle mercredi dernier. Les fans de Harry Potter que nous sommes n’ont pas pu s’empêcher de se rendre dans les salles obscures, mais nos âmes de sorciers ont été légèrement déçues. On vous dit pourquoi.

Lumos sur le 3e opus des ANIMAUX FANTASTIQUES, un joli film sans trop de fond qui joue un maximum avec les sentiments des fans de Harry Potter. Oui, on a passé un bon moment. Non, ce moment n’était pas indispensable. Sans nul doute, David Yates sait comment s’y prendre pour faire du bien aux yeux des Moldus, mais on se demande si l’univers du sorcier à lunettes ne s’est pas essoufflé. (On a très mal en écrivant ça). On s’explique.

Les Secrets de Dumbledore

On le savait, le film est centré sur Albus Dumbledore et sur sa rivalité avec Gellert Grindelwald. Sur la montée en puissance de ce dernier, mais aussi sur leur love story à tous les deux. Seulement voilà, rien de très concluant, le scénario est bof. En gros, Albus veut empêcher Gellert d’accéder au titre de chef du monde magique, simplement parce que Grindelwald voue une haine absolue aux Moldus et veut s’en débarrasser avec une cruauté hitlérienne. En outre, il veut buter tous les humains parce qu’il a déterminé qu’ils étaient (on ne dit pas « nous », parce que vous vous doutez bien qu’on est des sorciers) inférieurs aux sorciers et autres créatures magiques.

Albus va donc appeler son groupe d’intervention d’élite composé d’un magizoologiste, de son assistante amoureuse de lui, d’un Moldu, d’un sorcier au « sang-pur », d’une prof badass, d’un Auror, d’un Niffleur et d’un Botruc, pour arrêter Grindelwald. Voilà le tableau. Mais puisque c’est pas drôle si c’est trop facile, Albus ne peut pas combattre Gellert parce que quand ces deux-là étaient jeunes et amoureux, ils ont fait un pacte de sang qui les empêchent de s’affronter. S’ils le font, ils crèvent. Puis Grindelwald voit l’avenir, donc il peut anticiper chaque attaque. Et aussi il a ensorcelé un animal rare et hyper magique, le Qilin, qui a pour rôle de choisir la personne la plus pure pour faire d’elle le chef.

LES SECRETS DE DUMBLEDORE
Crédits : Warner Bros. Entertainment Inc. / Jaap Buitendijk

L’histoire peut être sympa, ça donne un peu envie. Sauf que, ça ne va pas. Fin de l’analyse.

Non, plus sérieusement, ça ne va pas parce qu’on est sur notre faim. On s’attend à des révélations de dingue au vu du titre. Mais c’est juste une gué-guerre entre les gentils et les méchants, et en prime qui finit bien. Comme d’hab’. Il y avait un truc à faire sur la partie « Grindelwald voit l’avenir ». Les protagonistes devaient ruser pour piéger Grindelwald et lui faire croire qu’il savait, alors qu’il ne savait pas. Les gentils eux-mêmes ne connaissaient pas le plan avant de le mettre à exécution, mais finalement, ça manquait cruellement de richesse. David Yates aurait pu faire un truc sympa en jouant avec le temps et en piégeant aussi le spectateur, mais soyons objectifs, Yates n’est pas Christopher Nolan.

Et puis, quels secrets ? Dumbledore, s’il est fidèle à son rôle de grand sage insupportable, n’a pas de si grands secrets. Il a eu une aventure avec Gellert, OK, mais on n’en sait pas assez. Le fait que la Chine n’a eu à supprimer que deux phrases à caractères homosexuelles (pas de commentaires…), ça prouve bien que l’inclusivité de leur romance est bullshit. Il fallait y aller jusqu’au bout, faire vraiment croire à leur histoire. On ne découvre rien de nouveau, juste qu’ils ont fait un pacte. On aurait adoré un peu plus de contexte et de vrais moments d’amour/haine. Et pas juste des regards à la « je t’aime moi non plus ». Puis l’autre grand secret, c’est que Croyance, le mec ultra puissant avec sa fumée noire, est en fait le fils d’Abelforth, le frère d’Albus. Sauf que ça, c’est pas le secret d’Albus Dumbledore, c’est celui de son frère. Toujours à vouloir voler la vedette. Certains disent que le titre « Les Secrets de Dumbledore » incluent Abelforth et qu’en fait c’est les secrets de tous les Dumbledore. On comprend l’idée, mais c’est un peu tiré par les cheveux.

LES SECRETS DE DUMBLEDORE
Crédits : Warner Bros. Entertainment Inc. / Jaap Buitendijk

Le film raconte aussi la mort tragique d’Ariana, la sœur des Dumbledore. Dans une scène super émouvante (non), Albus raconte à Norbert comment elle est décédée. (Il l’a tué par accident). Sauf que finalement, on n’apprend rien parce que cette histoire, on l’a déjà entendue dans Harry Potter et les Reliques de La Mort – Partie 2.

Les secrets de David Yates (on t’a cramé, David)

Ce qui « sauve » LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES SECRETS DE DUMBLEDORE, c’est Harry Potter. Comme dans Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald, on est happés par l’univers et les rappels de la saga initiale. Il faut le dire, les scènes à Poudlard sont géniales. Elles nous rappellent notre tendre enfance dans nos maisons respectives et nous offre un petit instant la magie de la Grande Salle. Puis les mélodies de John Williams font du bien à la tête et au cœur. Dans le 2e opus, on apprécie revoir les cours de Défense contre les Forces du Mal avec les épouvantards. Dans le 3e film, on a aimé retrouver le petit déjeuner aux 1001 toasts, mais surtout, la Salle sur Demande. Cool de retrouver McGonagall et aussi de voir que dans cette franchise-là, les Serpentards ne sont pas considérés comme le diable en personne (enfin !). Norbert a mis une (fausse) baguette entre les mains de Jacob, le Moldu, et c’est très inédit d’en voir un à l’école des sorciers. C’est vraiment sympa.

LES SECRETS DE DUMBLEDORE
Crédits : Warner Bros. Entertainment Inc. / Jaap Buitendijk

Mais soyons honnête, on est clairement sur du fan service. David Yates, et par la même occasion J.K Rowling, utilisent Harry Potter pour sauver les meubles. Le scénario n’est pas terrible et est surtout prévisible, alors ils se sont raccrochés à ce qui fonctionne. L’univers, et les images. Visuellement, on est gâtés. Que ce soit les décors, les costumes, les coiffures, les ambiances et les animaux fantastiques, le travail graphique est magique. Quand on est avec les méchants, les couleurs sont froides, grises, mais quand on est avec les gentils, c’est chaleureux, plus complet. Pas de doute, le réalisateur sait y faire. Et ça fonctionne, parce qu’évidemment que le film n’est pas mauvais. Il est même plutôt bon. Le scénario est d’une simplicité agaçante, mais quand bien même efficace. On aurait en revanche pu se passer de la phrase recyclée que Dumbledore sort à Harry dans La Coupe de Feu : « choisir entre le bien et la facilité ». Trop fan service.

Le choix contesté d’avoir remplacé Johnny Depp par Mads Mikkelsen était risqué. Mais oui, oh que oui, ça marche. Mads est formidable, et comme à son habitude, il nous impressionne avec son charisme et sa froideur. Cependant, entre le Grindelwald de Depp, c’est-à-dire complètement tapé du crâne avec un arrière-goût de savant-fou, et celui de Mikkelsen plutôt mystérieux, beau gosse et sûr de lui, il y a un monde. C’est presque un faux raccord. David Yates a frappé fort en choisissant l’acteur suédois, mais il n’a pas fait de travail de coordination. Cette dernière manque aussi à l’appel pour le personnage de Nagini. Où est-elle passée ?

LES SECRETS DE DUMBLEDORE

Un petit mot sur la fin. Tout est bien qui finit bien, Grindelwald ne finit pas chef du monde magique. Et non, parce que le Qilin – le petit animal rare qui a pour rôle de choisir la personne la plus pure pour en faire le chef – de Gellert était ensorcelé. Et il s’est fait cramer. Par contre, celui que Norbert avait dans sa valise, ne s’est pas incliné devant le méchant. Oui, parce qu’en fait, il y a deux Qilin. Ce sont des jumeaux. Si pendant un instant on a cru qu’il allait choisir Jacob, ce qui aurait été très drôle, il s’incline devant Dumbledore. Plus prévisible, tu meurs. Albus n’est de loin pas la personne la plus pure de l’assemblée.

Puis enfin, Jacob et Queenie finissent par se marier. Pour le coup on est trop contents, on les adore. Mais le côté bad boy mystérieux de Dumbledore qui regarde la cérémonie de l’extérieur et qui s’en va avec son air mélancolique, on n’a pas compris. En fait, il n’y a pas de fin. David a tout misé sur le happy end, mais on oublie que Grindelwald s’est enfui et que le combat n’est pas terminé. Mais rien là-dessus. On est resté jusqu’à la fin du générique pour en savoir plus, puis on s’est rappelé que ce n’était pas un Marvel.

Les animaux fantastiques

Mention spéciale pour Pick, le Botruc de Norbert. Mais globalement, toutes les scènes qui contiennent des créatures magiques sont formidables. Dans les deux premiers films, les moments dans la valise et dans le grand jardin animalier de Dragonneau sont géniaux. Au-delà du fait que le personnage principal est trop badass quand il capture les différentes créatures, les effets spéciaux sont carrément spectaculaires. Non franchement, rien à dire. On est vraiment immergés dans le monde de la magie, et on retrouve un peu ce sentiment qu’on avait en regardant les premiers Harry Potter.

LES SECRETS DE DUMBLEDORE

La scène dans la prison secrète du ministère de la magie est particulièrement réussie. Punaise ce qu’on a ri. Running gag à fond parce que ça dure très longtemps, mais pas de soucis, on ne s’en lasse pas. La petite danse des scorpions orange et notre cher Norbert qui chaloupe pour les guider, c’est excellent.

LES SECRETS DE DUMBLEDORE
Crédits : Warner Bros. Entertainment Inc. / Jaap Buitendijk

Si on voulait définir LES ANIMAUX FANTASTIQUES : LES SECRETS DE DUMBLEDORE, on dirait que c’est bien, que c’est beau, et que c’est fade. Le monde magique de Harry Potter, et oui on va le dire, touche à sa fin. Il faut en terminer avant de dégoûter les fans. On attend quand même le 4e opus pour voir si la pente peut être remontée, mais il ne faudrait pas non plus qu’on ait à boire un filtre d’amour pour apprécier.

Cécile Fischer

Note des lecteurs8 Notes
Titre original : Fantastic Beasts: The Secrets Of Dumbledore
Réalisation : David Yates
Scénario : J. K. Rowling, ‎Steve Kloves
Acteurs principaux : Eddie Redmayne, Jude Law, Mads Mikkelsen
Date de sortie : 13 avril 2022
Durée : 2h23min
3
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