SACRÉES SORCIÈRES, une relecture à fuir – Critique

Après le Pôle Express, Robert Zemeckis s’est à nouveau lancé le pari d’adapter une histoire de la littérature enfantine. Avec Sacrées Sorcières, le réalisateur américain tente une incursion manquée au sein de l’univers de Roald Dahl.

Dans les années 60, Bruno, un jeune orphelin vit chez son adorable grand-mère en Alabama. Tandis que la petite famille croise le chemin de sorcières aussi séduisantes que redoutables, la grand-mère décide de trouver refuge dans un somptueux hôtel. Malheureusement, ils débarquent au moment même où la Grande Sorcière réunit ses sbires venus du monde entier pour mettre en œuvre ses sinistres desseins…

Les adaptations cinématographiques de l’imaginaire de Roald Dahl sont nombreuses et parfois, peu séduisantes. Steven Spielberg s’y est frotté avec le BGG (2015), Danny DeVito avec Matilda (1995), Wes Anderson avec Fantastic Mr. Fox (2009) et bien sûr Tim Burton avec le désormais cultissime Charlie et la Chocolaterie (2005). Cette fois-ci, c’est au tour du réalisateur de Retour vers le Futur (1985) et Forrest Gump (1994) de prendre part à l’aventure. Une aventure parsemée d’un gout amer et décevant.

Sacrées Sorcières de Robert Zemeckis © Warner Bros France

Beaucoup attendaient cette adaptation avec impatience. En effet, 40 ans après Les Sorcières (1990) de Nicolas Roeg, Warner Bros annonce la sortie d’une nouvelle version cinéma du classique du romancier britannique. Le casting oscarisé fait saliver (Anne Hathaway, Octavia Spencer, Stanley Tucci), le nom du réalisateur Robert Zemeckis est associé à celui de Guillermo del Toro au scénario et Alfonso Cuarón à la production, tous les ingrédients d’une potentielle réussite sont réunis. Il n’en est rien. La firme américaine aurait du s’abstenir. Tandis que l’histoire originale subit des modifications tout au long du film, les incohérences se multiplient. Quant au côté culturel et artistique, les sorcières modernes de Dahl se retrouvent ici, lissées à la surface et brutalement croquées. L’univers magique perd tout son charme.

Pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de lire le roman initial , l’intrigue principale réside dans le combat du bien et du mal, les enfants contre les pouvoirs maléfiques des sorcières qui cherchent à les faire disparaitre. Sauf que ces enfants se voient soudainement métamorphosées en souris. Et une fois encore, Zemeckis ne parvient pas à décalquer cette nostalgie sur grand écran. Lui qui fût dans les années 80, le représentant même de la mise en scène des effets numériques, les CGI (effets spéciaux à base d’animation et d’images de synthèse) sont accablants. Les rongeurs sont grossièrement intégrés, presque irréels. A l’heure où Les Animaux Fantastiques (2016) font rêver visuellement les spectateurs, SACRÉES SORCIÈRES peine à convaincre. Stuart Litlle (1999), réalisé près d’un demi-siècle avant, dévoilait un animal de compagnie amplement plus fascinant et éloquent. Le casting ne semble pas pouvoir relever le niveau, Anne Hathaway incarne ici son rôle le plus fade et caricaturale (l’accent choisi est agaçant). Elle qui rayonnait dans les mondes fantasy de Burton et James Bobin en tant que sorcière blanche.

Sacrées Sorcières de Robert Zemeckis © Warner Bros France

Avec ce nouveau long-métrage, le cinéaste américain signe un nouvel échec cinématographique quelques années après La Légende de Beowulf (2007). Un naufrage qui aura souffert de la situation actuelle puisque Warner Bros a acté l’annulation de la sortie du film au cinéma aux Etats-Unis, sortant directement sur HBO Max en octobre dernier. Le créateur de Qui veut la Peau de Roger Rabbit (1988), ou plus récemment Alliés (2015), va pouvoir se relever et oublier cette parenthèse ratée. Il devrait prochainement réaliser un film de science-fiction nommé Ares qui suit le parcours d’un astronaute dont la capsule spatiale s’écrase dans un désert africain et qui se voit intimement lié à un secret qui pourrait changer définitivement notre monde. Quoiqu’il en soit, SACRÉES SORCIÈRES est un chapitre à éviter. Amoureux de Roald Dahl, allumez Netflix et redécouvrez plutôt Johnny Depp dans la peau du loufoque Willy Wonka.

Robin

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Titre original : The Witches
Réalisation : Robert Zemeckis
Casting : Anne Hathaway, Octavia Spencer, Stanley Tucci
Date de sortie (France) : 17 mars 2021
Durée : 1h 46min
Genre : Fantastique, Comédie, Famille• Nationalité: Etats-Unis
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RIDICULE

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