Un thérapeute compétent, attentionné et apaisant, dont la vie privée est un véritable désastre, pleine de doutes et de colère contenue, consulte à son tour un thérapeute…

Note de l’Auteur

[rating:9/10]

Saisons : 3
Nombre d’épisodes 106
Format 26 minutes
Création : Rodrigo Garcia
Avec : Gabriel Byrne, Amy Ryan, Debra Winger
Bande-Annonce :

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La chaine américaine HBO diffuse, en moyenne, un épisode (26 minutes) par jour. Chaque épisode correspond à une séance donc à un patient. Il faut alors nous mettre à la place du téléspectateur américain qui, pareil au psychothérapeute et au patient, est entrainé dans un temps ritualisé. La chaine construit ainsi une correspondance véritable entre temps réel et temps fictif. Voici pour la première originalité de la série.

Ensuite, nous sommes interpellés par la place du téléspectateur. Ce dernier n’est ni omniscient ni omnipotent bien que le point de vue adopté soit extérieur aux personnages. Sans plus d’éléments à notre disposition que ce que les personnages dévoilent nous prenons part activement à l’analyse. Alternativement, nous prenons le rôle du thérapeute et du patient afin de construire notre propre compréhension des personnages.

Le point de vue du téléspectateur est contraint par la mise en scène selon deux dimensions, spatiale et temporelle. Tout d’abord, nous sommes confinés dans le cabinet du thérapeute. Les personnages évoluent au sein de cet espace, du canapé au fauteuil et du fauteuil à la fenêtre, autant dire que pour les grands mouvements de caméra on repassera. Ceci impose l’intimité du dialogue. Nous ne connaissons les personnages que dans cet espace et la seule fenêtre que nous ayons sur la réalité en dehors du cabinet est celle par laquelle regarde Paul Weston lorsqu’il observe ses patients rejoindre leur voiture.

Enfin, la trouvaille de la série est de suivre, le dernier jour de la semaine, l’analyse de l’analyste. Le personnage incarné par Gabriel Byrne (Usual Suspects) se livre lui aussi à l’exercice tant sa vie part en lambeaux et que sans plus de réussite que ses patients il perd tout lien avec sa femme et ses enfants. C’est par ce procédé ingénieux que nous rentrons dans la tête du thérapeute.

Cette série réussit avec une mise en scène minimaliste et un jeu d’acteurs parfait (aidé par des dialogues ciselés) à questionner aussi bien l’analyse que l’analyste. Plutôt qu’une avalanche de certitudes, la série navigue parmi le gris et défait les idées reçues.