Affiche du film AU BOUT DU CONTE

Laura croit encore au Prince Charmant à 24 ans. Alors, lorsque Sandro apparaît, exactement comme elle l’avait rêvé, elle pense qu’elle a trouvé le bon. Jusqu’à ce qu’elle rencontre Maxime. Et elle commence à se demander si certains princes sont plus charmants que d’autres.
Le père de Sandro, Pierre, croise à l’enterrement de son propre père Madame Irma, qui lui rappelle la date de sa mort prochaine, qu’elle a prédit quarante ans plus tôt. En homme rationnel, il voit ses certitudes terre-à-terre s’effondrer alors qu’il est incapable de s’ôter cette idée de la tête.
Marianne, la tante de Laura, tente de vivre enfin indépendante après des années d’un mariage récemment terminé. Sa fille Nina, chamboulée par les changements, se tourne vers Dieu.
Et Éléonore, Clémence, Jacqueline, Julien, Guillaume, etc. ont aussi leurs problèmes.

Note de l’Auteur

[rating:8/10]

Date de sortie : 6 mars 2013
Réalisé par
Film français
Avec Agnès Jaoui, , , , ,
Durée : 1h52min
Titre original : Au Bout du Conte
Teasers :

Quand ma mère travaillait à Besançon, dans je ne sais plus quel organisme, elle avait la chance d’avoir des places de cinéma à prix réduit. Du coup, vu qu’elle avait aussi beaucoup de temps libre, elle allait voir à peu près tout ce qui passait. Un soir en revenant elle me dit « J’ai vu le Goût des Autres, et c’est génial. » Bon, soit. Plus tard en grandissant et en m’intéressant un peu plus au cinéma, j’ai doucement glissé, de je ne sais plus quelle manière, vers la filmographie Bacri-Jaoui. Et quel bonheur !
Immédiatement tombé sous le charme de ce style délicieusement réjouissant, j’ai donc finalement vu Le Goût des Autres onze ans plus tard. Puis un « tu avais raison maman, c’est génial » sur le coup des deux heures du matin et donc dépourvu de tout contexte m’amena, cette fois-ci d’une manière qui m’est connue, à quelques années de thérapies, mais ceci est une toute autre histoire.

Bacri-Jaoui, disais-je donc, est un style à part entière. Une qualité fortement empêtré dans un immense pot de merveilleuse peinture personnelle ; un rythme, une prosodie, un souffle cinématographique profondément reconnaissable.
Ils ont cette capacité immense à faire en sorte que chacune de leurs œuvres soient différente et s’inscrivent pourtant dans une même continuité stylistique ; faire vivre ses personnages et déployer une histoire autour d’eux, plutôt que de simplement en faire de quelconques pantins au service d’une insipide histoire.

Photo (1) du film AU BOUT DU CONTE

Bacri : véritable détonateur grincheux capable de faire décoller le film.

A ce jeu là, l’immense Jean-Pierre Bacri est parfait. Véritable détonateur grincheux capable de faire décoller le film comme personne, il est toujours juste, unique et vrai. Dès les premières lignes de son texte, il arrache le sourire au spectateur. Agnès Jaoui, quant à elle, incarne ce souffle vital qui emporte et assure la continuité du film. Plaque tournante des différentes histoires, elle est une véritable chef d’orchestre qui s’ignore. Arthur Dupont et Agathe Bonitzer sont eux aussi très bien et touchants. Enfin, Benjamin Biolay est réjouissant en grand méchant loup.
Oui, je dis « en grand méchant loup » car, ici, les innombrables références aux contes de fées bercent tout le film : robes, pomme, décor, chaussures… Et Benjamin Biolay est une juste incarnation glaciale d’un loup personnifié des temps modernes.

Si le film s’appuie sur quelques références, on est tout de même loin d’un réel conte. En effet, l’ouvrage en présence est bien plus un film profondément personnel et bien inscrit dans la réalité, plutôt qu’un joli bonbon sucré caché derrière un scénario d’enrobage scintillant. Et ça fait du bien (et c’est un fan de comédies romantiques mielleuses qui vous le dit) !

Réel bonheur s’appuyant sur des acteurs impeccables, le film délivre donc une véritable histoire touchante, foncièrement drôle et loin d’être lisse. Tout fan du style Bacri-Jaoui trouvera bien entendu de quoi se mettre sous la dent, mais même pour ceux qui découvrent cet univers pour la première fois, ça n’en restera pas moins un agréable souvenir : un film à la personnalité brutalement réaliste, très bien dialogué et purement unique.

Photo (2) du film AU BOUT DU CONTE