Direction le Mexique et son traditionnel « Dia de los Muerto » dans le nouveau film des studios Pixar, proposant un voyage au pays des ancêtres et de la musique réjouissant et plein de surprises !

Le jeune Miguel cultive une passion pour la musique et plus particulièrement la guitare dans le plus grand des secrets après le bannissement du quatrième art dans la famille il y a de cela des décennies. La raison : son arrière-arrière grand-mère s’est vue abandonnée avec sa petite fille par un homme qui choisit alors d’embrasser une carrière musicale et le succès au détriment de son rôle de père. Complètement désintéressé par le métier de cordonnier qui a par la suite fait les beaux jours de la famille, Miguel est en outre épris d’une admiration totale pour le grand Ernesto De La Cruz, sorte de Elvis Presley mexicain mort tragiquement sur scène dans les années 40. Jeune et plein de rêves et d’ambition, Miguel poursuit la quête du « devenir quelqu’un » au travers de cassettes vidéos retraçant la carrière cinématographique de cette ancienne star, dont il s’inspire et apprend.

Ce résumé modeste mais déjà riche des premières minutes du film n’est qu’un bref aperçu d’une histoire touffue, dont les détails n’auront de cesse de se développer au fil des minutes, dévoilant de surprenantes révélations et rebondissements qu’on avait pas vu venir.

Car ces nombreux éléments brillamment exposés lors d’un prologue d’une efficacité remarquable s’ancrent en pleine tradition mexicaine connue sous le nom de « Dia de los Muerto », soit fête des morts, dont nous avions déjà eu un aperçu au cinéma récemment lors de la scène d’ouverture de Spectre. Par un moyen que nous ne dévoilerons pas, Miguel se retrouve lors de cette soirée spéciale de l’autre côté, capable de voir les morts venus rendre visite à leurs proches. Des proches qui continuent d’entretenir des souvenirs en exposant des photos d’eux pour leur rendre hommage tout spécialement.

Cette envie, ce besoin de s’affranchir des rails familiaux pour mener à bien sa passion, Miguel, épaulé d’alliés inattendus, va les poursuivre dans cet autre monde “gothico-coloré”, l’occasion pour le spectateur d’admirer et de s’émerveiller devant une direction artistique audacieuse et chatoyante, que n’aurait pas renié un certain Tim Burton, ainsi que de nouveaux personnages « en os et en os », bien plus épais qu’il n’y paraitrait au premier coup d’œil.

Photo du film COCO

Au chapitre des regrets, on déplorera à cet instant précis où nous basculons dans la deuxième partie du récit, une légère baisse de rythme, surtout au regard d’une première partie idéalement enlevée. Techniquement irréprochable, comme toujours chez Pixar, COCO se montre néanmoins un brin avare en terme de courses-poursuites endiablées et autres morceaux de bravoure débridés auxquels le studio nous avait parfois habitué. Toutefois, la fête des morts mexicaine transposée via un film d’animation avait aussi quelque chose de légèrement casse-gueule et il faut avouer malgré tout que l’audace a payé, tant l’ensemble fonctionne à merveille.

Musique oblige, le film réussit et c’est un fait heureux, à ne pas tomber dans le piège de la chanson promotionnelle style Disney. Une scène musicale se transforme alors en un moment de mise en scène chorégraphié ou en un instant d’émotion bref mais nécessaire à l’étoffe de l’histoire, d’où naîtra parfois d’autres séquences d’une inventivité visuelle et didactique hautement réjouissantes, comme pendant le final assez génial. Mais l’enrobage général, comme souvent chez Pixar, n’empêche pas les auteurs de traiter des thèmes à la fois universels et personnels, plus matures, s’adressant à tous tel la famille bien sûr, mais aussi la mémoire, la transmission des valeurs, la généalogie ou la mort. Nous sommes aussi invités à effectuer un travail sur le souvenir, pour ne pas oublier nos proches disparus. Car il n’y a pas que du rose dans l’odyssée de Miguel et aussi, la noirceur s’invitera également. Il faut avouer qu’on ne s’attendait pas à quelque chose d’aussi habile et malin en terme d’écriture.

Ne s’adressant pas uniquement au public très jeune du Voyage d’Arlo, ce COCO marche sur les traces de Vice-Versa et renoue avec une certaine qualité qui a fait les plus grands succès du studio d’animation. C’est beau, c’est fun, c’est émouvant et cela séduira et transportera une nouvelle fois petits et grands. Plus que jamais dans un Pixar, le rire aura côtoyé l’émotion, la vie aura résonné avec la mort, mais toujours dans un même élan empli d’optimisme et d’une belle énergie, tout en soulignant l’importance de la famille. La plus belle promesse du film étant celle de retrouver nos êtres chers un jour ou l’autre, dans cette vie ou dans l’autre.

Loris Colecchia

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[CRITIQUE] COCO
Titre original : Coco
Réalisation : Lee Unkrich, Adrian Molina
Scénario : Matthew Aldrich, Adrian Molina
Acteurs principaux : Anthony Gonzalez, Benjamin Bratt, Gael Garcia Bernal, Edward James Olmos
Date de sortie : 29 Novembre 2017
Durée : 1h40min
4.0AY, CARAMBA !
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