Affiche du film Killing Bono

Le film retrace l’histoire de Neil McCormick et de son jeune frère Ivan, qui montent un groupe de rock à Dublin, « Shook Up » avec l’ambition de devenir le plus grand groupe de rock du monde. Au même moment, Paul Hewson, leur camarade de classe, chante dans son propre groupe qui vient lui aussi de se former. Neil, persuadé que le sien est bien meilleur, ne se doute pas encore que le groupe qui le concurrence va bientôt sortir de l’ombre sous le nom de U2, et que Paul Hewson deviendra une star planétaire sous celui de Bono.

Note de l’Auteur

[rating:7/10]

Date de sortie : 3 août 2011
Réalisé par Nick Hamm
Film britannique
Avec Ben Barnes, Robert Sheehan, Pete Postlethwaite, Krysten Ritter, Martin McCann
Durée : 1h57min
Titre original : Killing Bono
Bande-Annonce :

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Adaptation de l’autobiographie de Neil McCormick “I was Bono’s Doppelganger”, on marche aux côté de Neil et son frère dans leur épopée tragi-comique dans l’ombre de U2 et de son leader Bono. Ce biopic est difficilement classable : tantôt déprimant par la succession des échecs des deux frères, tantôt amusant par le jusqu’au-boutisme du personnage de l’auteur devenu journaliste depuis, interprété par Ben Barnes (le prince Caspian dans Le Monde de Narnia).

La seule chose dont on est sûr à la fin du film c’est que celui-ci porte une patte : non pas celle du réalisateur dont le travail n’est pas inoubliable, mais celle d’une époque, de lieux empreints de l’histoire du rock, d’anecdotes surréalistes, etc… On retrouve ici une ode aux anonymes du rock, à ceux qui n’ont pas percé, à ceux qui ont suivi de très loin le succès des stars de la musique. On trouve également des morceaux d’Irlande et d’Angleterre dans ce film avec des lieux et personnes excentriques mais également des paysages calmes et parfois déprimants. Le reste passe ensuite au second plan.[pullquote]Associé au jeu sympathique des acteurs, cela donne tout son sens à la qualité de l’hommage fait au rock et à ses anonymes, à la tragédie des rêves de grandeurs et à l’ironie des rendez-vous manqués.[/pullquote]

Le film a en effet quelques longueurs et raccourcir de 117 à 90 minutes ce métrage lui aurait peut-être donné un meilleur rythme mais l’ambiance et le ressenti en fin de visionnage a au final un goût de trop-peu. On aimerait suivre cette “famille” McCormick et leur groupe Shook-Up un peu plus loin dans l’aventure au son de leur musique et de celle de U2. Car si ce film est un biopic, ce n’est pas celui de Bono et de son groupe mais réellement d’un groupe dans l’ombre de celui-ci (on n’apprend pas grand chose sur U2 d’ailleurs). La scène musicale des années 80 au Royaume-Uni est retranscrite avec certaines dates marquantes mais c’est plutôt l’ambiance des galères de ces rock-stars du pauvre qui animent 90% du film.

Photo du film Killing Bono

Au service de cette époque révolue, les acteurs, peu connus pour le moment, sont efficaces dans leurs rôles et le duo McCormick fonctionne très bien. Autant Ben Barnes que Robert Sheehan (récemment popularisé par l’excellente série Misfits, qu’il vient de quitter) donnent du corps et du coeur à leurs personnages quelque soit l’angle de leur personnalité abordé. Leur potentiel comique comme leur potentiel dramatique sont exploités de manière intelligente et adaptée. On notera également la présence au casting de Pete Postlethwaite, décédé le 2 janvier 2011 des suites d’un cancer. Il s’agit du dernier film de cette “gueule” de cinéma après The Town et Inception.

Si Killing Bono a des défauts (réalisation sans ambition et durée un peu longue), l’humour british et l’ambiance “so 80’s” proposés sont très efficaces. Associé au jeu sympathique des acteurs, cela donne tout son sens à la qualité de l’hommage fait au rock et à ses anonymes, à la tragédie des rêves de grandeurs et à l’ironie des rendez-vous manqués. Un grand film certes non, une excellente expérience du rock, irlandais en l’occurrence, et de ses dommages collatéraux sans aucun doute.

Photo du film Killing Bono