Affiche du film LA CLASSE AMÉRICAINE

George Abitbol, « l’homme le plus classe du monde » meurt en prononçant les mystérieux mots « Monde de merde ». Les journalistes Dave, Peter et Steven mènent l’enquête…

Note de l’Auteur

[rating:10/10]

Date de sortie : 31 décembre 1993 (Canal +)
Réalisé par Michel Hazanavicius, Dominique Mezerette
Film Français
Avec Lionel Abelanski, Jean-Eric Bielle, Marc Cassot (voix)
Durée : 1h11min

Vous n’aviez jamais vu un casting pareil : Robert Mitchum, Charles Bronson, Henry Fonda, Robert Redford, Burt Lancaster, Clark Gable, John Wayne et j’en passe… A part peut-être Expendables, on a rarement vu un film rassembler autant de stars. Comment est-ce possible ? Il y a un truc : les acteurs ne jouent pas vraiment un rôle, c’est un film de montage fait à partir de scènes de films préexistants dont le doublage a été refait (en grande partie par les doubleurs officiels) pour leur donner un sens nouveau. Petite particularité : tous les films sont issus du catalogue Warner et c’est là qu’on trouve l’origine du projet. En 1993, pour célébrer les 70 ans de la Warner, le studio donne l’autorisation à Canal + d’utiliser les extraits de son catalogue (près de 30 000 films) afin de se faire un peu de pub. Ils n’ont pas dû être déçus du résultat ! Ils avaient néanmoins pris certaines précautions : pas touche à Clint Eastwood ou Stanley Kubrick.

Aucune bande-annonce n’étant disponible pour cette œuvre diffusée sur Canal + et jamais éditée en vidéo (bah alors, Warner ?) et les photos n’étant pas représentatives puisqu’issues d’autres films, vous aurez droit à deux extraits, qui en disent plus long sur le ton général qu’un long discours. Voici donc la première scène :

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[pullquote]Michel Hazanavicius triomphe avec The Artist après un passage par la case OSS 117. C’est ça, la vraie « classe américaine » ![/pullquote]

Peu après, Abitbol mourra, en prononçant cette mystérieuse phrase « Monde de merde ». Le film déroulera ensuite une enquête sur le pourquoi de cette phrase et la vie du héros racontée en flash-back, suivant la même structure que Citizen Kane et son « Rosebud ». D’ailleurs Orson Welles interviendra rapidement pour crier au plagiat, à sa manière, enfin à la manière classe américaine : « J’aime pas trop les voleurs et les fils de putes ».

Le film enchainera ensuite les scènes d’anthologie quasiment sans temps mort. Les dialogues sont souvent à pisser de rire et l’impression est renforcée par le décalage créé entre le « vrai » jeu des « vrais » acteurs et les mots qui sortent de leur bouche. Difficile après avoir vu ça de prendre au sérieux l’enquête de Robert Redford et Dustin Hoffmann dans Les hommes du président par exemple.

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Signe du culte énorme et même grandissant de chef d’œuvre de nonsense humour, près de 20 ans après sa création, des applis pour smartphones « La classe américaine » existent avec des extraits des meilleurs dialogues (et il y a de quoi faire !). Un fan particulièrement patient a même remastérisé l’œuvre en recréant le même montage que les auteurs à partir des DVD des films originaux sortis depuis ! (Google étant votre ami, une recherche « La classe américaine HD » devrait vous mettre sur la voie).

Maintenant, rêvons un peu : 26 février, cérémonie des Oscars. A l’annonce du lauréat de la statuette du meilleur réalisateur, un homme se lève, traite Scorsese de has-been en passant et s’empare du trophée en déclarant qu’il est « l’homme le plus classe du monde ». Michel Hazanavicius triomphe avec The Artist après un passage par la case OSS 117. Ce serait ça, la vraie « classe américaine » !