1960, un village dans le sud de la France. Une bande de garçons, âgés de 7 à 14 ans, menée par l’intrépide Lebrac, est en guerre contre les enfants du village voisin, leurs ennemis jurés. Une guerre sans merci, qui dure depuis des générations. On se bat pour l’honneur et la fidélité et, pour gagner, tous les moyens sont bons. Même, s’il le faut, combattre nu comme un ver, ou pire, accepter l’aide de Lanterne – une fille ! – la nouvelle recrue de la bande, pleine de panache et d’ingéniosité. Mais il n’est pas facile d’être une armée de petits hommes sans se faire attraper par Papa et Maman ! Quand, après la bataille, on rentre à la maison, les vêtements en lambeaux et des boutons en moins, mieux vaut se faire discret…

Note de l’Auteur

[rating:6/10]

Date de sortie : 14 septembre 2011
Réalisé par Yann Samuell
Film français
Avec Eric Elmosnino, Fred Testot, Alain Chabat, Mathilde Seigner, Vincent Bres, Salomé Lemire
Durée : 1h49min
Titre original : La Guerre des Boutons
Bande-Annonce :

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Il y a des fois des films que l’on va voir sans vraiment savoir pourquoi. Cette nouvelle version de La Guerre des Boutons, adaptée du livre de Louis Pergaud récemment tombé dans le domaine public, n’est pas la première adaptation de cette histoire : si on connait surtout la version d’Yves Robert et sa fameuse réplique “si j’avais su, j’aurai pas venu”, cette mouture de La Guerre des Boutons est en fait la 4ème relecture du roman (qui va bientôt être adaptée une 5ème fois avec La Nouvelle Guerre des Boutons). Ne connaissant pas forcément l’oeuvre d’origine ou les précédentes moutures cinématographiques (à part quelques scènes connues du film d’Yves Robert), c’est avec un oeil neuf que j’ai été confronté à ce film.

L’histoire est très simple et enfantine évidemment avec cette “guerre” que se livrent les enfants de deux villages et leurs enjeux très simplistes (mais à la fois très “purs”). On appréciera toutefois le côté rétro bien géré et par là même le parfum de nostalgie dont le film est couvert. Cette nostalgie ne concerne pas forcément l’époque où se déroule l’histoire mais plutôt l’innocence toute relative de l’enfance. D’ailleurs Yann Samuell ne s’y est pas trompé : le propos du film est somme toute relativement intemporel jusqu’aux années 50-60 et l’histoire peut très bien se dérouler à la fin du XIXe siècle comme dans le livre ou en 1957 comme dans ce film, sans que ce ne soit dérangeant. Quelques apports viennent un peu moderniser le propos en ajoutant une touche de “féminisme” en ajoutant une petite fille et une amourette à cette armée en culottes courtes et des mentions de la Guerre d’Algérie, mais rien de très présent par rapport à l’ensemble du film.

Le jeu d’acteurs des enfants est assez remarquable pour des débutants complets (qui ne sortent même pas de classe de théâtre !). Bien sûr les répliques très (trop ?) écrites avec un langage de cancre d’un autre temps ont parfois du mal à sonner “vrai” mais leur dynamisme et leur innocence “naturelle” compensent largement. De plus, ce jeu bancal rend les personnages attachants et paradoxalement les crédibilise encore plus dans leurs rôles. Vecteurs d’humour extrêmement efficace et mignon par eux-mêmes et par leurs dialogues enfantins et cabots, ils sont accompagnés d’acteurs adultes qui par contre font un peu leur minimum en se contentant simplement de leur registre comique habituel comme Fred Testot ou Alain Chabat.[pullquote]C’est presque un “guilty pleasure” à la française auquel on a affaire (vous savez, le film que vous n’avouerez jamais avoir apprécié) qui laissera de marbre ou qui attendrira à part égale les spectateurs : donc choisissez votre camp… Longeverne ou Velrans ?![/pullquote]

En fait, La Guerre des Boutons mouture 2011 n’est pas un grand film. Ce n’est pas un bon film non plus “cinématographiquement parlant” et il n’est pas original du tout. Par contre, c’est un film familial qui, regardé avec un oeil attendri ou nostalgique, fera sourire, voire rire, souvent et aura peu de longueurs. Il permettra de se replonger sans grosse lourdeur dans une imagerie de l’enfance idéalisée et apaisante où s’amuser et profiter de chaque chose sans arrière-pensée était le maitre mot. En fait, c’est presque un “guilty pleasure” à la française auquel on a affaire (vous savez, le film que vous n’avouerez jamais avoir apprécié) qui laissera de marbre ou qui attendrira à part égale les spectateurs : donc choisissez votre camp… Longeverne ou Velrans ?!