Madrid. Rosa et José-Maria, immigrés sud-américains viennent de se rencontrer lorsque ce dernier provoque la mort de son chef de chantier. Il doit alors se cacher et trouve refuge à l’insu de tous dans la grande maison bourgeoise où Rosa est employée comme domestique. Rosa malgré elle va devenir le centre de tous les fantasmes.

Note de l’Auteur

[rating:5/10]


Date de sortie : 2 juin 2010
Réalisé par Sebastián Cordero
Film espagnol, mexicain, colombien
Avec Gustavo Sanchez Parra, Martina García, Icíar Bollaín
Durée : 1h 35min
Bande-Annonce :

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Il est vrai que le nom de Guillermo Del Toro rattaché à celui d’un film aussi mystérieux que Rabia avait de quoi susciter l’intérêt des fans de la patte artistique du réalisateur. Il est également vrai que ce simple nom rajouté sur l’affiche avait de quoi susciter la crainte de spectateurs loin d’être dupes. Bien des réalisateurs à succès comme Quentin Tarantino avec le très moyen Hell Ride ont, par amitié, bien voulu rattacher leur nom à des productions bien souvent vouées à un échec prématuré. C’est dans cette atmosphère de méfiance que débuta la projection de Rabia, deuxième réalisation de Sebastián Cordero après Investigations.

Dès les premières secondes, l’atmosphère presque étouffante de Rabia porte ses fruits. On se retrouve embarqué dans la lente descente aux enfers d’un homme dont, à l’image de sa petite amie, on ne connait rien de son passé mais dont on imagine aisément les grands axes. Suite à une bagarre qui tourne mal, cet être solitaire qui s’amourache de cette jeune domestique va devoir vivre caché de tous dans la demeure où sa petite amie travaille. S’en suivra un long et douloureux questionnement sur sa condition d’Homme à travers la lutte opposant bourgeoisie et petites gens.

Malheureusement, ce qui aurait pu s’apparenter à un huit-clos au suspense étouffant se transformera rapidement en un drame prévisible et à peine intéressant. En réalité, hormis l’atmosphère et l’interprétation magistrale de cet acteur ne cessant de gravir les échelons et sauvant presque à lui seul ce film, le bien nommé Gustavo Sanchez Parra (Année Bissextile, Man On Fire, Amours Chiennes), Rabia peine terriblement à égailler notre attention. Le scénario piétine, peine à réellement décoller et les piètres interprétations des seconds rôles n’aideront en rien l’ensemble à devenir plus digeste.

Loin d’être aussi malsain que sa bande annonce laissait présager, Rabia, pourtant non dépourvu de talent, souffre de deux maux. Le premier est que Guillermo Del Toro n’a rien apporté à ce film et donc aucune de ses ingéniosités ne se retrouve dans cette réalisation. Le deuxième est bien plus inquiétant puisque Rabia a été très mal vendu à mon sens. Vendu comme un film à suspense au dénouement que l’on pouvait aisément imaginer intense, Rabia n’offre au final qu’une interrogation aussi futile que passagère du gouffre existant entre les différents classes sociales. Un film au potentiel sacrifié.

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[critique] Rabia

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