Kolya vit avec sa femme et son fils dans un lieu isolé au bord d’un lac. Il est mécanicien. Kolya est victime d’un harcèlement moral venant du maire du village, pour qu’il vende sa maison et que celui ci puisse construire à la place quelque chose qui lui rapporterait de l’argent.
Kolya fait appel à Dmitri, viel ami et avocat, pour le défendre en justice contre le politicien véreux. Dmitri  utilise d’abord l’argument légal, avant d’en venir à des menaces pour le moins troubles.

 commence d’une façon assez classique pour un film estampillé Cannes. Soit une caméra fixe observant un paysage vaste, un lac, des montagnes rocheuses, baigné dans l’obscurité, musique classique… BORING.

Mais très vite (14 minutes, passée une longue scène dans un tribunal) le cœur du film se révèle : une intrigue simple mais aux ramifications multiples, des personnages nombreux et entiers, un scénario en béton, une évolution surprenante du récit, un rythme, un mélange de genres, une photographie somptueuse.
LEVIATHAN est en fait un petit chef-d’oeuvre qui se révèle progressivement, avant de retomber dans un commun déstabilisant même s’il reste logique et très bien mis en scène.

Photo du film LEVIATHAN © Pyramide Distribution

Photo du film LEVIATHAN © Pyramide Distribution

Cette base, , l’étire et la malaxe,  Il provoque un vrai film-stimulation en modulant intelligemment le rythme de son film, en accélérant inopportunément telle piste scénaristique, en en étirant une autre… Si bien que l’on est joyeusement perdu entre plusieurs récits qui s’entremêlent mais ont pourtant autant d’importance à nos yeux. Avec une maestria certaine, il les fait converger jusqu’à une scène climax inattendue qui redéfinit l’ensemble.

L’une des idées de mise en scène les plus marquantes de LEVIATHAN est de ne jamais montrer un évènement, mais d’arriver systématiquement après qu’il soit arrivé. Une maîtrise du hors champ assez bluffante qui pousse à s’interroger sur la véracité et les futures conséquences, de ce que l’on a pas vu, donc du mal à comprendre.

« Un petit chef-d’oeuvre, mais qui ne tient pas l’ensemble de ses promesses. »

La mise en scène de Andrey Zvyagintsev se permet également d’installer dans ce décor très minéral une intrigue de thriller politico-religieuse où les paysages magnifiques servent de cache-secrets.
Puis, sans prévenir, LEVIATHAN devient aussi une comédie auscultant les rituels russes de vie familiale, conjugale, dialogues entre amis plus ou moins proches.
Une vision qui paraît globale de la russie, qui n’est pas sans rappeler le cinéma de Bong Joon Ho, dans sa manière d’abolir la limite entre cinéma réalité et humour second degré (Cela rappelle également Bong Joon Ho lorsqu’il s’agit de mélanger avec maestria plusieurs genres).

Les intrigues se rejoignent dans un climax intense. Puis aux deux tiers du film, vient l’heure de ramener un récit multi-pistes à une seule, d’invoquer un symbolisme religieux pas tout à fait judicieux, de conclure par un polar mystique finalement assez classique, un récit pourtant merveilleux dans son éclectisme.
Ce qui laisse un arrière gout d’inachevé à un film pourtant plein de promesses.

CASTING
Titre original : Leviathan
Réalisation : Andrey Zvyagintsev
Scénario : Andrey Zvyagintsev
Acteurs principaux : , , ,
Pays d’origine : Russie
Sortie : 24 Septembre 2014
Durée : 2h21mn
Distributeur : Pyramide Distribution
Synopsis : Un humble mécanicien est menacé de se faire expulser de sa maison par un maire véreux ; il demande de l’aide à son ami avocat.
BANDE-ANNONCE