On a souvent accusé les films français d’être de pâles imitations de leurs équivalents américains. TRISTESSE CLUB nous prouve le contraire par sa direction artistique, tout droit puisée dans l’univers de Wes Anderson. Cela commence par son générique rose, noir et blanc dont les mots parfaitement centrés sont écrits sous la police Futura. Ving-trente minutes plus tard s’ensuit le théâtre principal de l’action : un hôtel abandonné. Et quel est l’événement perturbateur du film à votre avis ? Une disparition mystérieuse.

Au-delà de ses nombreuses ressemblances avec THE GRAND BUDAPEST HOTEL, cette comédie dramatique se distingue par un scénario très original. Plusieurs rebondissements modifient la trajectoire de l’intrigue, complexifiant ainsi les liens entre les protagonistes. En revanche, la mise en scène s’avère être un peu décevante. La tension sexuelle entre Chloé (Ludivine Sagnier) et Bruno (Vincent Macaigne) gêne car les personnages sont trop mal à l’aise, ce qui rend cette idylle malsaine. Quant à la réaction de Léon (Laurent Lafitte) au sujet du passé de Chloé, elle n’est absolument pas crédible. Face à une grande révélation, on ne peut réagir de manière aussi sereine, c’est trop simple.

Photo du film TRISTESSE CLUB © Haut et Court

Photo du film TRISTESSE CLUB © Haut et Court

D’ailleurs, en parlant des personnages, qu’en est-il du jeu de leurs interprètes ? Ludivine Sagnier conserve son rôle de femme aux amours troubles, ne sachant pas réellement ce qu’elle veut, à l’image de son précédent rôle dans AMOUR ET TURBULENCES mais attire le mépris par son côté enfantin et indécis. Laurent Lafitte en père de famille paumé et marqué au fer rouge par les aventures de son père relève le casting tout entier. Hautain, méprisant, drôle, provoquant, parfois grossier, il est le seul à être réellement crédible. D’ailleurs, le but du réalisateur –Vincent Mariette– était d’implanter le personnage de Léon dans la veine de Bill Muray par son côté arrogant mais attachant. Vincent Macaigne quant à lui, est un bon looser marginal mais son personnage finit par ennuyer.

“TRISTESSE CLUB est l’équilibre parfait entre la joie et la mélancolie.”

Bien qu’empruntée à Wes Anderson, la photographie ne respire pas le plagiat. Offrant une vue panoramique et centrée au millimètre près, l’image est à elle seule une référence à toute la filmographie du réalisateur. A contrario, la musique, pourtant bien choisie et agréable, fait plus office de tapisserie qu’autre chose. Elle ne s’accorde pas vraiment avec les émotions des personnages et l’ambiance de chaque scène.

TRISTESSE CLUB est l’équilibre parfait entre la joie et la mélancolie, comme le prouve son titre, mêlant la tristesse à un club, censé être un lieu de plaisir. Il est  beaucoup plus profond qu’il n’y paraît. Bien que les premières scènes abordent de nombreux clichés, ne vous y méprenez pas. Le film soulève une question houleuse des relations amoureuses peu conventionnelles et leurs dommages collatéraux, sur l’entourage notamment. Quels traumatismes la famille peut-elle subir par des passions amoureuses hors-mariage ? Qu’en advient-il des relations parents-enfants ?

Véritable surprise, TRISTESSE CLUB séduit par son scénario original et son trio burlesque. Adapté à un public adulte, il se range davantage dans la catégorie des “comédies intelligentes” comme LES GARCONS ET GUILLAUME, A TABLE !  que dans celle du pur divertissement. Pour son premier long-métrage, Vincent Mariette nous a offert un film intéressant mais non abouti à certains moments. Davantage de réflexion psychologique n’aurait pas été de trop.

CASTING
Titre original : Tristesse Club
Réalisation : Vincent Mariette
Scénario : Vincent Mariette, Vincent Poymiro
Acteurs principaux : Ludivine Sagnier, Laurent Lafitte, Vincent Macaigne
Pays d’origine : France
Sortie : 04 Juin 2014
Durée : 1h30mn
Distributeur : Haut et court
Synopsis : Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les soeurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club.
BANDE-ANNONCE

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