Le VICTORY FILM FESTIVAL est un événement dédié au court-métrage qui aura lieu le 25 novembre 2016 de 20h à 23h45, au Café-Bar Les Affiches dans l’Espace Saint-Michel, à Paris.

Un festival organisé par quatre cinéastes bénévoles passionnés de 7ème art, souhaitant mettre en avant tous les corps de métiers du cinéma en dissociant fond et forme lors de la sélection. Au final, 9 courts-métrages très différents mais tous fascinants serons projetés, l’occasion de rendre hommage au Cinéma dans son ensemble.

Nous vous proposons nos avis sur les films de la sélection, en espérant ainsi vous inciter à courir les découvrir en salle lors de ce VICTORY FILM FESTIVAL !

 

LE GROS ET LA PUTE
d’Antoine PALEY
15 min

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SYNOPSIS

Une station essence, un gros, une pute… Une histoire qui commence !

NOTRE AVIS – ★★★★☆

Le canevas est on ne peut plus classique ; deux personnages que tout oppose (tout est dans le titre) vont se rapprocher durant l’un de ces moments en apesanteur où tout semble possible… Pourtant, cela fonctionne !

Les spectres de Scorsese et de P.T.A. hantent la pellicule. Non pas la partie politique et agressive de leur riche filmographie, mais cette sensibilité délicate qui se dissimule dessous, et qui nous avait surpris lors de notre étude de leur œuvres. Celle qui observe des personnages marginaux chercher un exutoire à leur quotidien, dans la confiance en l’autre plutôt que l’amour, dans la magie de petites choses, dans une sensibilité unique nourrie des obsessions diverses et complexes de leurs auteurs, à propos de la nature humaine.

Au-delà de quelques motifs purement visuels (mouvements de caméra, éclairages, etc), c’est ce genre de sensibilité que nous avons retrouvé dans LE GROS ET LA PUTE, de celles sachant allouer à tel ou tel aspect juste ce qu’il faut de présence à l’écran, pour accompagner l’histoire et former un tout cohérent. Ici, dialogues, photo et direction d’acteurs (formidables Julia Leblanc-Lacoste et Vincent Chaumont) permettent aux personnages, malgré leur immense caractérisation, de percer l’écran et de trouver une profondeur simple et jamais appuyée.

LE GROS ET LA PUTE est au final, une petite merveille de court métrage qui pourrait vous toucher au cœur, si tant est que vous vous laissiez emmener dans ce délicat voyage entre innocence et fantasme.

LE BON SENS PAYSAN
de Manon BADERMANN
7 min

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SYNOPSIS

Documentaire – LE BON SENS PAYSAN s’immisce 7 min durant dans la vie d’une fermière-fromagère, et de son mari.

NOTRE AVIS - ★★★☆☆

Comme Quelques mots doux, LE BON SENS PAYSAN poursuit dans la thématique de l’instant de vie, avec cette fois le cachet documentaire à l’appui.

LE BON SENS PAYSAN impressionne en premier lieu par son esthétique : quel magnifique N&B !
Une esthétique qui n’est pourtant au service, que d’un très court instant purement documentaire : sept courtes minutes décrivant tant bien que mal le quotidien et la personnalité, d’une fermière-fromagère. Pourtant, pas forcément besoin de plus que cela pour faire ressortir, déjà dans ces sept minutes, toute l’humanité de ces gens, leur vécu devenu routine, la difficulté du métier au quotidien ou sur le long terme… Ainsi qu’en filigrane, une certaine condition sociale.

Si le manque d’enjeux cinématographiques inhérent au documentaire aurait pu être pénalisant pour les sept minutes du BON SENS PAYSAN, c’était sans compter sur la fascination que le milieu agriculteur exerce sur le cinéma depuis quelques années. L’exode urbain devenu phénomène de mode, plus particulièrement depuis le début du siècle, est devenu matière télévisuelle (les reportages de France TV), puis petit à petit, matière populaire (des téléfilms campagnards à l’amour est dans le pré), puis matière cinématographique grâce à des auteurs comme Raymond Depardon, ou encore par de puissants films de genre comme les récents Toril (polar), ou Coup de chaud (portrait psychologique). Cette fascination, par effet de rémanence, finit par donner une profonde consistance à l’inconsistant, et donne à voir LE BON SENS PAYSAN comme une prometteuse et déjà magnifique bande-annonce pour un futur long-métrage. Peut-être d’ailleurs que celui-ci, tel certaines photographies de Sebastião Salgado, saura nous faire ressentir par l’image et sa mise en scène (ou son absence de mise en scène), toute l’histoire d’un monde.

QUELQUES MOTS DOUX
d’Alexandre BAUDET-LABIANO
11min09

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SYNOPSIS

Un homme, une femme, leur enfant, quelques scènes de vie de famille… Entre engueulades et moments apaisés, une relation qui se dirige lentement – mais surement, vers la fin.

NOTRE AVIS - ★★★★☆

QUELQUES MOTS DOUX rappelle de loin le récent l’économie du couple de Joachim Lafosse, qui lui aussi observait froidement un couple s’entre-déchirer. Il s’agissait alors de capter la routine, de mettre l’emphase sur un point de rupture naissant du trivial, puis de faire confiance aux acteurs pour faire ressortir toute la violence de la déliquescence d’une relation, à travers les personnalités en conflits de leurs personnages. Idem ici; le court métrage de Alexandre Baudet-Labiano fascine quant à lui par sa science du dialogue, du rythme et de la mise en scène, trois qualités de réalisation accompagnant à la perfection Myriam Bourguignon et Olivier Desautel, et permettant en à peine 10 minutes d’installer quelque chose de fort. Une tension, un malaise, un compte rendu d’une relation en pleine déliquescence qui brouille d’autant plus les pistes qu’elle n’accordera le bon rôle à aucun des deux protagonistes.

Mauvaise foi, orgueil, ingérence, égoïsme… Le comportement de ces deux parents renvoie à quelque chose de forcément difficile à accepter, surtout si l’on est justement déjà passé par ces situations précises. QUELQUES MOTS DOUX, touche donc juste, tout en laissant un gout amer.

Critiques à venir

LES AUTRES FILMS

– QUELQUES MOTS DOUX d’Alexandre BAUDET-LABIANO (11 m09)
– LE BON SENS PAYSAN de MANON BADERMANN – (7 min)
– LE GROS ET LA PUTE de Antoine PALEY (15 min)
– L’EPOUVANTE de Romain et Thibault LAFARGUE  (13 min26)
– IRSE POR ALLA de Gabriel BELANGER OYARZUN (12min18)
– MARS 3752 de Nicolas BIANCO-LEVRIN (01min36)
– MON PERE EST UN OISEAU de LUCIE PAGES (03min57)
– MONSIEUR HERNST de Vincent CAPPELLO (14min34)
– LE TRUC DU LENDEMAIN de DENISE POWERS (09min05)

Georgeslechameau