Gilles Lellouche et Alexandre Courtès (LES INFIDÈLES)

Alexandre Courtes, l’un des sept réalisateurs du film « les Infidèles », et , l’un des personnages principaux, ont répondu aux questions des animateurs de l’émission Judaiclap au sujet de ce nouveau film. « » est composé de huit courts-métrages sur le thème de l’infidélité, avec pour héros et Gilles Lellouche.

Est-ce qu’en tant qu’acteur, le cinéma peut permettre de tout faire? En référence à quelques scènes du film, est-ce que dans le cinéma on peut réellement se lâcher, tout montrer ?
 : Oui, même le pire.
Gilles Lellouche : Oui, oui. C’est la fonction même de l’art en règle générale. Le cinéma a une dérive ces dernières années parce qu’on l’associe à un business et à un commerce, mais c’est avant tout un art, donc on peut tout faire au cinéma, comme on peut tout faire en peinture, en littérature, en courant de pensée. Il me semble que c’est le seul domaine dans lequel on reste encore un peu libre. Je trouve qu’au contraire, dans une époque où on a tendance à tout nous interdire, même légiférer sur des droits primordiaux, c’est l’art qui va nous délivrer. Le film n’est pas une réaction à une époque, mais pas loin. En France, on a rétrogradé en terme d’autorisation, on ne s’autorise plus les choses. On est parti, avec Jean sur cette envie, pas de faire une polémique, mais de faire un film libre à tout point de vue. Le format du film est libre en soi, puisque c’est un film à sketch, et à l’intérieur on a une liberté de tons, on fait de l’humour et du drame, donc c’est libre à tous les niveaux.

Est-ce que vous vous êtes fixés des limites à ne pas dépasser ?
GL : Non, non, on ne s’est pas mis de limites du tout, mais Jean et moi avons un certain sens moral, on va dire, donc les limites étaient inhérentes au projet. On n’aurait pas pu aller plus loin que ça, on était, disons, au max de notre coté « punk ».

Gilles, vous êtes, toute proportion gardée, le plus romantique des deux compères, et physiquement le plus fragile. On le constate dans les différents sketchs, pourquoi cette constante dans la distribution des personnages ?
GL : Je ne sais pas pourquoi on me donne ce rôle là, mais j’en suis ravi (rire). En fait, on est parti sur le fait que Jean et moi voulions faire un duo mais pas sur le principe ‘un fort, un faible’. On voulait faire deux types à égalité. Après on s’est dit qu’il serait intéressant qu’à l’intérieur même de ces types à la libido débordante il y en ait un type qui ne soit mué que par le désir, la chair et le cul, et l’autre, plutôt une démarche romantique, d’où la conversation qu’ils ont au bar, un comprend l’autre non. C’était pour trouver des traits de caractère différents à l’intérieur de ce duo. Mais ça aurait pu être interchangeable.

Le film est composé de différents courts-métrages, comment s’est passée l’adaptation à chaque réalisateur? C’était une manière de travailler différente ou c’était dans la continuité ?
GL : Tout ça s’est passé beaucoup plus simplement qu’on aurait pu l’imaginer. La démarche de convoquer plusieurs réalisateurs, donc plusieurs égos, aurait pu ne pas être facile. C’est parti sur une envie, une impulsion, tout le monde a suivi, donc ça s’est fait très naturellement. La partie la plus compliquée a été le montage. A partir du moment où vous faites une œuvre collective, il faut faire comprendre à tout le monde qu’ils ne peuvent pas faire un sketch de 47 minutes, il faut se plier à des règles. C’était le seul moment un peu plus compliqué, et c’est là que les égos ressurgissent.

Est-ce que le fait d’être inclus dans un projet avec différents réalisateurs a pu être compliqué, y-a-t-il eu une recherche de concurrence artistique ?
AC : Ah non pas du tout. De toute façon quand je travaille, j’essaye de me faire plaisir. Quand on vous propose un sketch avec Jean Dujardin, Gilles Lellouche et et , vous foncez. Donc je n’ai pas été très difficile, on essaye de se faire plaisir.
GL : Il n’y avait pas de concurrence, c’était plutôt une émulation, une synergie. Ça donnait une énergie extraordinaire au projet.

D’où est venue l’inspiration, c’est du vécu, ça concerne des amis ?
GL : Oui c’est ma vie à 100% (rire). Non, pas du tout, c’est de la fiction pure et dure. On avait envie, avec Jean, de faire une comédie pour adulte. Le thème des infidèles nous semblait assez adéquat et Jean voulait faire un film à sketchs depuis très longtemps, donc on est parti sur ce schéma. On a commencé à travailler sur ce principe de manière informelle pour voir ce que ça allait donner, on a appelé deux auteurs et on a commencé à parler des anecdotes. On avait une trentaine d’idées de sketchs, on en a développé une vingtaine, puis une dizaine a vraiment retenu notre attention. Il en reste huit à l’arrivée.

Gilles Lellouche (LES INFIDÈLES)

Avez-vous réussi à convaincre facilement les autres acteurs, certains auraient pu avoir des réticences à tourner dans ce genre de film ?
GL : On n’a eu aucun problème, au contraire. En fait, on a tous envie de ça, on a tous envie de s’amuser, de se caricaturer, de se ridiculiser. On a envie de rire avec des choses d’adulte. On a envie de parler de tout, on est libre. Il y a avait un entrain, une envie de tout le monde. On sent chez tous les acteurs un bonheur de faire ça. En France, on a une tradition de nous coller des rôles qui sont proches de ce que l’on est plus ou moins, alors qu’il n’y a rien de plus agréable que de partir très loin.

Gilles, quel est votre sketch préféré ?
GL : Je pense que c’est « Lolita ». Ça part d’un réflexion que j’ai eu avec des copains et j’ai trouvé ça terrible, donc ce sketch m’est venu naturellement. Ou en fait non, mon sketch préféré et « La question ». Mais j’adore « Les infidèles anonymes », on l’a cherché, il a été dur à trouver, on a vraiment bossé la-dessus, c’était le plus dur à écrire.

Comment s’est passé le tournage des scènes « intimes », notamment la dernière ?
GL : (rire) Il n’y avait pas gêne. On a fait à pile ou face qui faisait quoi, et j’ai gagné (rire). Enfin, c’est relatif, mais en tout cas je n’ai pas perdu. On a beaucoup ri. C’est tellement outrancier, on a plus été hilare que gêné. On avait des coquilles, des protections très élégantes.

Les Américains vous ont-ils bien accueilli ?
GL : Oui, ça s’est très bien passé. C’est très compliqué d’avoir les autorisations mais une fois que vous les avez, vous êtes les rois du monde. Dans le sketch à Las Vegas, on a une scène où on danse sur une voiture, on avait une voiture travelling, posée sur une sorte de camion, ça prenait deux voies. Les policiers nous escortait, nous faisait griller les feux pour qu’on continue à tourner, sur la voie principale de Las Vegas, c’était incroyable. Quand vous avez l’autorisation de tourner, vous faites ce que vous voulez, ce qui n’est pas le cas en France.

Le film n’est pas interdit, ni déconseillé aux moins de 12 ans, vous pensez vraiment qu’il s’adresse à tout public ?
GL : Non, je pense que ça ne s’adresse pas du tout au grand public, je suis assez étonné qu’on n’ait pas eu d’interdiction. On n’aurait pas été contre une interdiction, ça m’aurait évité de dire en promo, « N’y allez pas avec vos enfants ». Et quand je le dis, je le pense vraiment. Il y a un avertissement, et en voyant la bonne annonce, si on a des yeux et un minimum de cerveau, on n’y va pas avec des maternelles.

La polémique au sujet des affiches censurées est visible sur ce lien, ainsi que l’intégralité de l’émission radio sur le film !

Vous pouvez retrouver la critique du film à cette adresse.